Militance pro-tamazight et NTIC : mutations des profils de militant(e)s et des problématiques en Algérie.

10 juillet 2019

Militance pro-tamazight et NTIC : mutations des profils de militant(e)s et des problématiques en Algérie.

HAMADACHE Tahar[1]

Laboratoire LAILEMM – Université de Bejaia

thamadachedz@yahoo.fr

[Cet article fait partie des Actes du colloque international L’amazighité à lère du numérique, organisé par l’Université d’Eté, 14e session, du1 au 5 juillet 2018, à Agadir. Les actes de ce colloque sont publiés le mois de juillet 2019. Il est repris ici avec l’aimable autorisation, exclusive pour Soummam.unblog.fr, du président de l’Université d’Eté d’Agadir, Dr Lahoucine Bouyaakoubi Anir. ]

Introduction

Devant l’apparition des NTIC dont les possibilités et les effets restent à étudier, l’évolution des cadres d’organisation de la société civile et, en parallèle, celle progressive des institutions vis-à-vis de la cause amazighe, tendent à éclipser les anciennes formes de mobilisation, à forcer à un recyclage sur le tard des figures connues et à transfigurer l’histoire et les termes de la revendication amazighe.

Parmi les conséquences, innombrables et souvent insaisissables de cette situation, l’Internet permet de se faire une idée des nouvelles fonctions, rôles et champs d’intervention par lesquels les anciens militants s’adaptent au nouveau contexte. Ces « autoroutes virtuelles » permettent aussi, dans une certaine mesure, de constater l’apparition de nouveaux acteurs et actrices moins imprégnés des logiques et des tensions antérieures. Et, pour cause, l’apparition de nouvelles sociabilités sujettes à des brassages inédits, de transmission d’expériences souvent tronquées et lestées de témoignages sous-traités donnent lieu à des logiques plurielles. Celles-ci, associées davantage à des horizons personnels qu’à des perspectives mûrement et collectivement débattues et réfléchies, tendant ainsi, du fait de la possibilité de leur médiatisation (surtout) par Internet, à la prolifération d’opinions individuelles faites lignes de conduite. Une telle situation ne manque pas de générer d’innombrables problématiques dont les plus poignantes sont peut-être celle de la collectivisation des opinions porteuses ainsi que celle de la continuité inter-générationnelle qui seules permettent de parler de cause commune, de bilans et d’étapes de lutte, et de réalisations portées par de larges ensembles, historicisables.

En s’appuyant sur un ensemble, forcément peu représentatif, de sites Internet d’organisations, d’entreprises acquises à l’amazighité et de profils de nouveaux activistes plus ou moins célèbres, nous nous proposons de mettre à jour quelques profils types de militants évoluant et/ou usant d’Internet, ainsi que quelques lignes problématiques liées à l’évolution de la question amazighe.

Généralités

Lorsque la brochure «L’Algérie libre vivra : nationalisme, révolutionnisme, démocratie : une boussole – une arme » (Idir El-Watani[2], 1949) a paru clandestinement au sein du PPA-MTLD, en 1949, ses auteurs furent davantage connus du fait des attaques subies de la part des instances dirigeantes du parti.De la brochure elle-même, Hadjerès écrit que « l’édition originale semi-clandestine il y a cinquante ans fut la cible aussi bien des colonialistes que de certains cercles nationalistes, dans le but de la faire disparaître sans laisser de trace » (2001) et peu d’exemplaires ont en échappé. Il a fallu attendre la fin de la décennie 2000 pour qu’un universitaire en fasse circuler quelque copies numérisées, dont une a été publié sur le blog d’un syndicat de l’éducation, le SATEF[3], après accord, via Internet, de Dr Hadjerès, l’un des auteurs encore vivants.Celui-ci a mis en ligne ce document, en reproduisant son archive à l’identique, dès que son site[4] est mis en marche. Et c’est dans les années 2010 que de rares écrits del’anarcho-syndicaliste maghrébinSAÏL Mohamed, décédé en 1953, concernant entre autres la culture et l’identité, ont commencé à refaire surface, en usant de larges solidarités internautiques.

Si les écrits (recueils de contes kabyles traduits et commentés en français, nouvelles en français, roman en tamazight de Kabylie), ronéotypés dans les années 1960 ou manuscrits, de BelaidNath-Ali ont été mieux sauvegardés, c’est à la faveur des nouvelles maisons d’édition privées s’occupant du livre amazigh lancées à Tizi-Ouzou et à Béjaïa que son œuvre ainsi que son parcourscommencent à être mieux connues, par des colloques et des publications sur le web. L’œuvre de Taos Amrouche qui, dès 1936, s’est consacrée à la défense et à la promotion du patrimoine oral amazigh au niveau mondial, est pour ainsi dire mieux connue.Maisc’est encore depuis Internet que nous connaissons un peu mieux son parcours d’intellectuelle engagée.

D’autres initiatives de groupes, et d’autres auteurs, qui ont marqué leur temps, semblent encore échapper au partage numérique. C’est par exemple le cas des travaux de Haroun Mohamed dont quelques polycopiés de vulgarisation du système linguistique amazigh et quelques poèmes commencent à circuler, encore timidement, en ce premier semestre 2018 autour de l’hommage qui lui a été rendu dans la ville d’Akbou. C’est le cas aussi des revues ronéotypées à l’époque de la clandestinité telles qu’ITIJ, éditée par le groupe du même Haroun au cours des années 1970, ou de TAFSUT, éditée par les universitaires du MCB[5] dans les années 1980.

A ces époques, coloniale et panarabiste, la diffusion aussi bien que l’abonnement est une affaire à la fois très sérieuse et très risquée. On choisit de travailler dans l’ombre tel que Belaid Ath-Ali, dans l’anonymat total tels que les auteurs de ITIJ ou (souvent) de TAFSUT, ou de s’exposer en acceptant la marginalisation tel que Saïl et Amrouche, l’exclusion et la fuite tel que les auteurs de IDIR EL WATANI, la pression permanente tel que Mammeri, l’exil tels que les animateurs de l’Académie berbère de Paris dont Amrouche, etc. Les mésaventures des abonnés ne sont connus que rarement, et souvent incidemment : parmi les prisonniers des manifestations du MCB de 1981, de deux détenus issus de mon village, l’un était militant du MCB et l’autre avait seulement sur lui une ceinture écrite en tifinagh : c’était un abonné à la littérature du MCB ou, comme on dirait aujourd’hui, « read-only-netter ».

Dans les années 80, on peut néanmoins parler de « tournant populaire » : il n’était plus nécessaire d’écouter clandestinement, l’oreille collée au transistor, les émissions de Radio-Tanger ou le grésillement du tourne-disque par lesquels on découvrait, enfant initié par un père civil mais ancien artificier discret de l’Armée de libération nationale, les chansons contestataires de Slimane Azem, Ait-Meslayene, Taleb Rabah, etc. En prenant de l’ampleur, la revendication amazighe a gagné en sécurisation mais aussi en niveaux d’intervention qui se sont vus multiplier : production intellectuelle (documents d’Yakouren, revue Tafsut), mobilisation populaire (galas, meetings, manifestations), collectifs estudiantins et de travailleurs, société civile (ONG de droits de l’homme), tribunes artistiques et médiatiques, etc. Avec la libération de Mohamed Haroun,en 1987, et l’ouverture pluraliste ayant suivi les événements d’octobre 1988, cette dynamique est allée s’étoffant et se spécialisant.

Des partis politiques agréés demandent la reconnaissance en tant que langue officielle (FFS[6], PT[7], PST[8]) ou au moins nationale (RCD[9]) de tamazight ; le MCB, fort du rapport de synthèse de son séminaire de juillet 1989, s’est déclaré transpartisan, assis sur une base associative culturelle, et s’est ouvert à une forme de spécialisation en se donnant une structure à trois commissions : perspectives, formation et information, animation. La chanson, le théâtre, les conférences, les cours ou même de petites recherches en tamazight, des expositions se sont multipliés à travers établissements scolaires, villes et villages. Le fait amazigh a gagné de grandes et superbes unes de journaux et de précieux moments-radios. Le cinéma même a fait son chemin grâce à la mémorable histoire du film « Tawrirt ittwattun[10] » d’Abderrahmane Bouguermouh. En termes de nouvelles techniques de communication, dans les années 1990, seul le Fax faisait son apparition, par le biais des motions de soutien envoyées des organisations de la diaspora au MCB, à l’occasion de grands événements tels que ceux qui ont parsemé le boycottage de l’école en 1994.

Au lendemain de la marche historique du 25 janvier 1990, jour du dépôt des revendications amazighes au parlement par le MCB matriciel, celui-ci se déclinera en se référant à ses « Commissions nationales » car un premier « clonage » apparait. Le MCB-Coordination nationale, qui n’était pas une scission du MCB mais une structure parallèle initiée par le RCD, apparait ; ses avatars se sont multipliés vers la fin du boycottage scolaire de 94-95 : MCB-Rassemblement national, MCB-Unifié. Des suites de la même opération de boycottage scolaire, le MCB-Commissions nationales se fissure avant de s’estomper. A ces retombées du boycottage, les élections législatives et locales de 1997 et la mort violente de Matoub Lounès le 25 juin 1998 sont venues s’ajouter pour finir par la dispersion des militants. Des structures éphémères naissaient, telles le CASS[11] en juillet 1997 ou le Forum des Rebelles[12] en juin 1998 dans la Soummam, puis disparaissaient. Le MCB ne fonctionnait plus, malgré des tentatives opérées par des figures de la Coordination, tels que Ould-Ali Lhadi ou Dr Lounaouci, transfuge des Commissions nationales, et du Rassemblement qui s’est publiquement dissous en 2001 après la création du MAK par Ferhat M’henni, son président. Le sigle MCB n’est plus, dès lors, qu’icone symbolique sauvegardant les luttes antérieures. Dans ces moments de démobilisation générale, la pression des tenants de l’arabisation et de la dépolitisation s’est fait sentir fortement : on interdisait de parler kabyle dans les réunions d’établissements scolaires mais aussi aux députés dans l’hémicycle de l’APN. Ce, pendant que les premiers cybercafés apparaissaient dans les villes de la Soummam.

Les militants de tamazight qui dédaignaient fréquenter ces « cybers » se voyaient traiter de « imazighen n leqhawi » (les Amazighs des cafés maures) par des jeunes, de plus en plus nombreux à désirer des perspectives de lutte qu’on ne savait pas dégager : on devait peut-être comprendre qu’on était appelés à avoir une présence dans ce monde virtuel qu’ils découvraient, où ils cherchaient des explications aux questions qui les préoccupaient. En effet, aujourd’hui encore, il est à priori plus facile de se documenter en ligne sur la crise anti-berbériste du PPA-MTLD que sur les années 1990 du MCB. La reconfiguration politique consécutive à la reprise, sous la présidence de Zeroual, du processus électoral et la neutralisation du MCB s’est probablement connectée à cette révolution silencieuse de la communication à laquelle les jeunes s’invitaient massivement tout en échappant à la vigilance des militants. Ce sont là des causes manifestes d’une grande difficulté de communication entre militants et manifestants dans les premières semaines des événements traumatiques de 2001.

Débuts d’internet

L’écart sournois qui s’est creusé entre jeunes, souvent écoliers dès le boycottage scolaire, et militants du MCB, repoussés en tant que « dinosaures », et le dédain de ces derniers pour les cybercafés ont eu d’autres conséquences. En effet, on observait chez les manifestants une interaction fluide surprenante avec les professionnels du journalisme dont les militants du MCB se méfiaient ordinairement. Mais, ne prenant pas encore au sérieux le web, on ne pouvait savoir quel effet Internet avait sur eux dans les premiers mois de ces événements sanglants.

La facilité déconcertante à lancer des réparties aux forces de l’ordre dont les provocations langagières n’étaient pourtant pas amènes ni coutumières, l’effort constant, spontané et le plus souvent collectif à produire des images fortes, leur très grande disponibilité face aux photographes de presse interloquait les anciens, leur intimait des « révisions déchirantes » (FFS, 1999) qu’on ne savait pas vraiment effectuer. Par exemple, le Comité de suivi et de solidarité d’Akbou, l’une des premières structures nées de la nécessaire solidarité avec les manifestants, actif entre la mi-mai et la fin août 2001, a organisé plusieurs séances publiques d’expression et de témoignages en faveur des manifestants, notamment des blessés, et des parents de victimes, tout en s’interdisant toute prise de parole publique hors de ses réunions (Hamadache, 2017).

Le tournant communicatif virtuel des années 2000 a été inégalement pris par les franges scolaires et juvéniles d’une part, et par les militants amazighs, plus âgés et devenus moins visibles sur le terrain des luttes. Cela se vérifie par la présence tardive, partielle, inégale et plutôt éphémère sur le web des coordinations de wilaya du Mouvement dit « citoyen » ou plus trivialement « Aarchs », autrement dit de la Coordination Inerwilaya des Aarchs, Dairas et Communes (CIWADC). En effet, si la CADC (voir 01 infra)[13] garde encore son site mis assez tôt en ligne, le blog de la CICB[14] est apparu longtemps après et il n’en demeure plus qu’une trace sans substance (02). Ce, alors que les autres coordinations de wilayas, à l’instar de celle de la puissante CCCWB[15] ne se sont à notre connaissance jamais occupées d’investir le web en tant que telles. Pourtant étoffé d’une revue de presse minimale, prenant ainsi en charge les besoins en communication de la CIWADC, devenue « Mouvement citoyen des Aarchs » au début des négociations avec le gouvernement, en 2005, le site de la CADC (01), qui se limitait au départ à la mise en ligne des déclarations et des procès-verbaux de réunion de la CADC, n’exploite que très peu les possibilités d’Internet : images, audiovisuel, clavardage, débats, analyses en sont absents. L’un des résultats de cette carence est que, fustigé par des politiques qui ne s’y trouvaient pas de tribune à leur mesure, et resté à la merci des discours médiatiques, qui ne leur étaient pas acquis, les stéréotypes les plus fantaisistes se sont multipliés au sujet de ces structures d’urgence, bientôt repris et publiés par des chercheurs (Lacoste-Dujardin, 2001, 2002[16] ; Amrouche, 2009, etc.) sans que ces derniers ne soient l’objet de mises au points, souvent nécessaires. Pourtant figure historique de ce mouvement et des négociations qui ont eu lieu après 2005, Belaid Abrika(2011), universitaire et doctorant jusqu’en 2014, semble lui-même s’accommoder en tant que chercheur de ces idées reçues, sans doute à contre-cœur, pour les besoins d’une publication.

Si le montage et la gestion de sites demandaient des moyens et de la disponibilité dont ces structures et les militants volontaires étaient privés, le besoin de moyens d’information alternatifs devenait poignant vers la fin de l’année 2001. Le gouvernement Benflis, vraisemblablement pressé de se dépêtrer de ces évènements, engagea des pourparlers et, à défaut d’interlocuteurs parmi les coordinations, qui doutaient fortement de sa sincérité, recruta un ensemble de personnages, en guise de « Aarchs » parallèles. Les discussions au sein des « assemblées » de coordination étant devenues ardues du fait de la montée en puissance des militants acquis pour le MAK[17], l’intervention individuelle était devenue incontournable, via Internet, des militants non obligés au devoir de réserve et à l’éthique du consensus, alors en vogue. La découverte des possibilités offertes par le réseau des réseaux, mais aussi celles déjà manquées était douloureuse : si par quelques dizaines de spams on a réussi à tourner les « Aarchs » parallèles en désormais « Aarchs-Taïwan », il s’agissait d’apprendre très vite le maximum des habitudes internautiques ancrées dans l’ignorance des militants, de cerner les tendances établies parmi l’émigration, etc.

On découvrait les traces de nos devanciers parmi les manifestants du Printemps noir sur les sites développés par des associations d’émigrés tels que le site Kabyle.com[18] (03), développé entre autres par l’infographe Stéphane Arami, et celui de l’association Tamazgha (04).  Comme beaucoup d’autres, l’un est proche de la tendance MAK mais assez ouverts aux nouvelles des « Aarchs » et de la Kabylie, et l’autre plus proche du CERAK[19](05) et plutôt refermé sur ses propres thèses et initiatives diasporiques. L’autonomie n’étant pas à l’ordre du jour pour des militants issus des Commissions nationales du MCB, la recherche d’autres voix continuait et aboutissait à la découverte du concept de groupes thématiques développé par Yahoo. Parmi ceux-ci, Amazigh-net, probablement le plus vieux yahoogroupe consacré à tamazight, lancé vers septembre 1993 par des informaticiens kabyles d’Amérique du Nord, dont Djamal Bouzida et Arezki Nait Abdallah qui, selon Boualem Aourane, un autre informaticien, « a écrit les premières lettres de Thamazight sur ordinateur : il a appelé son logiciel Awal amazigh ». Idéologiquement, ce groupe affichait en général lui aussi des tendances autonomistes très marquées, et assez virulent à l’égard de discours nuancés. Une sorte de gentrification, assez familière dans nos villes, se déclinait à présent en mode virtuel : une sorte d’éthique formatante, mêlant savoir-faire technique et mondanités courtoises, s’imposait dans ces espaces insaisissables et anonymisants.

 Marginalisés par les tenants de l’arabisation puis, un moment, par les manifestants du Printemps noir, fustigés par les politiciens qui avaient perdu prise sur la rue, on se rendait compte qu’il fallait jouer des coudes sur Internet sous peine de finir totalement déconnectés sous l’effet des internautes autonomistes dont la pragmatique, aisée, opérait de loin. C’est qu’il était insuffisant d’entrer dans le moule de groupes plus accueillants tels que Cssa-Algérie (06) administré par le socialiste suisse Patrick Holenweg et par lequel nous apprenions que certaines des initiatives prises par le CSSA et relayées par les députés du FFS étaient déjà publiées, ou Algeria-net (07) par lequel il nous semble avoir appris l’existence d’une tendance informe islamo-berbériste parmi les émigrés. Cela ne réduit pas de l’intérêt de tenter de cerner sur Internet cette dernière tendance : son discours semble rejoindre de nouvelles configurations identitaires, à l’articulation du religieux et du linguistique, promues par des partis politiques et par les institutions d’état, éventuellement rassurant dans des régions amazighophones autres que la Kabylie. En pénétrant plus tard dans les espaces villageois de la Soummam, ce discours s’avérera être un allié objectif de celui tenu par les autonomistes, tout en recentrant le débat sur des questions théologiques en s’opposant aux confessions nouvellement apparues. Cependant, il ne s’agissait pour nous ni de défendre les partis contre les « Aarchs », ni les islamistes contre les autonomistes, mais d’échapper, en tant militants d’associations s’inscrivant encore dans la doxa du MCB, à la tenaille aux mâchoires multiples des discours autonomistes et religieux, et de faire prendre dans la Toile notre point de vue sur ce qui se déroulait sur le terrain concret et sur ses significations et implications.

Le rejet des élections législatives de juin 2002 annoncées par le FFS était pour nous le moment de donner voix à d’autres voies plus pacifiques, dont de sérieuses négociations entre « Aarchs » et gouvernement. C’est ainsi que le yahoogroupe Projets_Algerie[20] (08) était initié le 22 mai 2002. Nous étions enfin décidés à nous engager, envers et contre tout et tous s’il le fallait, dans la grande bataille du Net. Ce yahoogroupe n’avait sans doute pas l’envergure de la revue bolchévique ISKRA[21], il n’avait pour autant pas tardé à nous valoir le sobriquet de « militant d’Internet » de la part de militants politiques qui avaient pourtant pris goût au journalisme traditionnel et qui finiront néanmoins par lancer des blogs[22] à succès. C’est dire que l’Internet a longtemps agi en tant que facteur de discrimination sociopolitique, discrète, entre clientèle de cafés maures et celle de cybercafés, entre militants de la diaspora et militants locaux et, parmi ceux-ci, entre militants connectés et non-connectés.

Printemps éditorial

Pendant que le discours islamo-berbériste adopte le concept d’ « amazighité » en se taisant sur tamazight, et pendant que les discours autonomistes génèrent des hiatus entre tamazight et dialecte kabyle, tamazight se voit lentement mais dangereusement dissociée des luttes démocratiques et sociales. Elle est de ce fait menacée d’être soustraite à toute réflexion prospective, élaborée, intellectuelle, autrement dit à la réflexion politique de la langue, de son développement et de son usage, et, ainsi,  progressivement confinée dans le triptyque identitariste officiel « arabité-islamité-amazighité ».

En effet, c’est dans le contexte de brouillamini politique consécutif au Printemps noir et des débuts de la recherche de réponses identitaires et linguistiques dans le miroir virtuel que tamazight gagne en droit de sites officiels tandis qu’elle semble inquiète de son droit de citation idéelle et de cité réelle. Dès lors qu’elle figure dans le journal officiel (09) en tant que langue nationale, d’autres institutions tels que le HCA[23] (10), le CNPLET[24] (11) lui consacrent des sites et des sites d’institutions déjà existantes telles que la chaine II de la radio nationale (12) et, plus récemment, l’APS[25] (13) laissent apparaitre tamazight dans certaines de leurs pages. L’apparition même de ces sites virtuels d’organismes bénéficiant de la puissance publique introduit de nouvelles tendances dont la performance ou la contre-performance à tous égards sont susceptibles d’avoir des répercussions de divers ordres : apparition des URL de ces sites dans les échanges d’internautes militants, sécurisation des attitudes et représentations vis-à-vis de tamazight, encouragement des initiatives internautiques par l’affichage de perspectives larges, actives et généreuses…

Le fait est que, si la volonté politique de promouvoir la présence de tamazight sur Internet est réelle, force est de constater qu’elle s’exhibe de manière encore peu ergonomique, voire chaotique. Pour s’en convaincre, il suffit de noter que, tandis que l’HCA et le CNPLET usent des caractères latins, ceux de la chaine II et de l’APS de toutes les langues et, pour la transcription approximative de tamazight, les trois alphabets ; les autres usent des caractères arabes califaux pour la transcription a-syntaxique des textes en tamazight. Le site de l’APN[26] (14) prévoit bien, quant à celui-là, un onglet « Amazigh » mais qui aboutit à la version française du site tandis que celui du Conseil de la Nation (15) demeure souverainement monolingue, arabophone. Cela ne traduit pas seulement l’indécision de l’état qui se trahit ainsi dès les caractères alphabétiques de transcription de cette langue, constitutionnellement officielle depuis décembre 2016, cette indécision peut aussi entrainer celle des internautes ou, en tout cas, leur insatisfaction. Car il est indubitable que les institutions et sites officiels centraux dédiés à tamazight ne répondent pas à tous les besoins en la matière et leurs démembrements régionaux (radios locales, directions de wilayas, etc.) ne s’y sont pas encore mis.

D’autres questionnements viennent à l’esprit à ce propos. Les militants sont-ils tenus de faire la promotion des initiatives réfléchies sans eux dans ces institutions d’états ? Doivent-ils se montrer activement et objectivement critiques à leur égard ? Quid des initiatives privées : maisons d’édition, chaines TV telles que BRTV et Gouraya TV, éditeurs de chansons, etc. qui sont pris par les contraintes de la concurrence, de la rentabilité, mais aussi d’incitations non écrites à la promotion de certains types de produits plutôt que d’autres monnayant des facilités fiscales, des contrats, voire de subventions ? Les associations à ancrage MCB qui pouvaient féconder ces amorces de débat sont, avant d’intégrer la toile dans leurs activités, connu une forte régression à partir du Printemps noir et plus encore à cause de nouvelles dispositions réglementaires apparues à partir de 2003.

Les événements de 2001 allant s’estompant, un mot d’ordre de « Printemps culturel » est apparu, repris par des militants du MCB, mais aussi du RCD ainsi que des sortants des départements de tamazight. Ce « Printemps culturel » s’est décliné de plusieurs façons : des maisons d’édition favorables au livre tamazigh sont apparues à la suite de Tira, de Brahim Tazaghart (16), lui-même l’un des premiers à publier en 2005, progressivement rejoint par d’autres auteurs ; des journaux d’expression amazigh, assez vite cessés, sont lancés, tel que Tighremt, et d’autres ont réservé des pages hebdomadaires à l’information en tamazight, tel que La Dépêche de Kabylie. Plus caractéristiques sans doute de ce « Printemps culturel » sont la série des Cafés littéraires nés dans la vallée de la Soummam, le plus connu d’entre eux étant le CLB (17), créé le premier vers la fin 2008. Un trait particulier commun à toutes ces entreprises, auteurs et organisations est leur présence sur la plate-forme de Facebook qui leur sert plus souvent de panneau virtuel d’affichage, d’album-photos ou de relais.

Ce « Printemps culturel » bigarré, pour intéressant qu’il soit, n’a globalement pas la prétention de résoudre encore moins d’éclairer les questions et les événements qui lui sont antérieurs, ni de former des lignes d’horizons définissables, tant concrètement que sur le web. Il semble plutôt développer une forme de culture kitsch, une gentrification culturelle, lettrée, qui s’ajoute à celle virtuelle, décrite plus haut, des internautes autonomistes, voire la rejoint. Cette carence s’est faite à tel point sentir que, aux sollicitations pressantes d’étudiants de l’Université de Béjaïa, dont l’écrivaine défunte Dihya Lwiz (18), il a fallu créer un espace pour parler du Printemps noir (19) sur Facebook à partir de 2014, et qu’une assez naïve tentative d’exhumer le MCB ces derniers mois (20). L’insatisfaction pour ce qui se fait au sujet de tamazight surInternet se voit, par exemple, à l’intitulé du groupe « La Plume Amazigh (Berbère) :  » Ecrire pour ne pas mourir » » (21) qu’Amina Agsous, alors étudiante en langues étrangères, lançait en 2009. Elle y fait vivre le patrimoine oral amazigh appris de sa famille et fait intervenir parents, artistes, militants et amis sur des éléments culturels. Mais il est constatable que l’actualisation de ces pages finit par substituer l’affiche, l’image et le partage de vidéos aux idées et aux débats.

Dans ce foisonnement multiforme, multicolore mais aussi plurilingue (autre caractéristique propice aux métissages culturels), peu d’internautes réussissent à sortir du lot, y compris lorsqu’ils animent des activités sur le terrain. Les contributions en archives, entre autres sur le MCB, postées sur Facebook par d’anciens leaders et militants sont espacées, disparates, et peu accessibles au grand public. Ces militants sont à tel point fondus dans la foule internaute que, les Cafés littéraires aidant, des partisans du « changement radical» tels qu’Amira Bouraoui, Rachid Nekkaz ou Addi Lahouari semblent désormais plus reconnus dans la ville de Béjaïa que Djamal Zennati, Sadek Akrour ou Madjid Amokrane[27]. Autant dire que, la dépolitisation et le déplacement des ancrages des luttes amazighes aidant, Internet facilite la substitution des élites locales par d’autres, lointaines mais de moins en moins virtuelles.

Quelques noms parviennent tout de même à émerger. Du CLB, jaillira en 2015 le groupe multilingue d’événements littéraires et artistiques « Muses exilées » (22) autour de Imane Ouali, de la poétesse Siham Beniche, toutes deux en post-graduation, et de feue l’écrivaine Dihya Lwiz : leur page sur Facebook est une revue littéraire adapté au support (annonces d’événements, présentation des auteurs, comptes rendus, etc.) encore que tamazight et l’arabe populaire, prises en charge dans leurs représentations sur scène, sont encore non utilisées dans leurs écrits sur Internet. Et, parmi les écrivains, deux auteurs principalement sortent du lot, tous les deux très actifs sur le terrain et sur Internet, trilingues mais publiant essentiellement en tamazight et en arabe. L’un, Brahim Tazaghart, l’un des créateurs « considérés, entre autres, comme modèles à suivre par les jeunes écrivains, et, pour certains, il semble même qu’ils font école » (Salhi, 2016) est un ancien militant du MCB-Commissions nationales et l’un des soutiens du mot d’ordre de « Printemps culturel » dont l’autre, Dihya Lwiz, prématurément disparue, fut l’un des fruits. A suivre ces écrivains ou d’autres individualités marquantes, Internet permet dans une certaine mesure de réunir instantanément, sur leurs comptes Facebook ou éparpillés sur d’autres sites, un rush d’informations qui se prête peu à une construction objective du sens eu égard au parcours ou à l’œuvre considéré.

L’activité des internautes s’étant découvert des interlocuteurs, plus ou moins, sympathiques, autres que les locaux et les Occidentaux, en Afrique du nord et au Moyen-Orient, précisément depuis le fameux match Egypte-Algérie, les interactions internautiques en langue arabe prennent plus d’importance chez les usagers kabyles. La confiance est d’autant plus grande que cet événement, sportif à l’origine, désinhibait les internautes amazighophones quant à l’usage de l’arabe. En tant qu’Algériens qui « l’emportaient sur internet » (Gonzalez-Quijano, 2009), ils réalisaient que ce média est à la fois une tribune sportive, un champ d’honneur patriotique et une zone de guerre identitaire et linguistique. Les internautes kabyles, à l’avant-garde de cette bataille virtuelle, ont en prime et pour la première fois compris que, en ce qui est de la guerre des langues et des identités, l’amazighité est défendue, au moins partiellement, par l’ensemble des Algériennes et des Algériens, ainsi que par tous les Africains du nord.  Tant de fougue récompensée par une si forte solidarité « oblige à s’interroger sur la puissance du référent panarabe » (Id.), au point de faire douter des Egyptiens eux-mêmes de l’idéologie panarabiste »+ (Temlali, 2010). Pourtant, le bénéfice de cette victoire idéologique spontanée ne semble pas profiter au dialogue interdialectal ou aux langues populaires, mais plutôt au dialogue des langues tamazight kabyle – arabe standard. Les voyages de Brahim Tazaghart puis de Dihya Lwiz en Orient illustrent bien ce fait. En effet, incontestablement les premiers à affirmer la présence d’une littérature amazighe dans les capitales du Moyen-Orient, en juin 2010, lors d’un colloque sur les langues à Baghdad pour l’un, et en mai 2014, lors d’une participation au Salon international du livre de Dubai, pour l’autre, ces auteurs semblent préfigurer un dialogue linguistique et littéraire arabo-berbère apaisé, pour peu que ce dialogue puisse être tenu en les deux langues, simultanément. Il y a lieu de reconnaitre que, pour l’heure, Internet révèle par défaut que les critiques littéraires arabophones ne se penchent pas massivement sur les œuvres publiées en tamazight, faisant craindre qu’ils ne passent de la représentation d’une langue arabe sacrée à celle d’une langue amazighe intouchable.

Usagers d’Internet et tamazight : software et hardware

Outre l’information et l’interaction, beaucoup de militants à faible instruction fréquentent l’internet, en puisent ou y contribuent par les genres visuels ou audiovisuels, notamment à travers l’image et la chanson. D’autres, davantage instruits, s’intéressent aussi ou s’appliquent à la numérisation dilettante du patrimoine : poèmes, proverbes, contes, lexique ethnographique et botanique, etc.(21). Des militants plus avertis mais plus rares, tel que l’écrivain amazighophone Amar Mezdad (23) dans sa cyber-revue Ayamun (24), mettent à la disposition du large public et des chercheurs des ouvrages entrés dans le domaine public. Moins visibles sont les articles d’universitaires traitant de disciplines intéressant tamazight, trop dispersés et parfois simplement inaccessibles, échappant ainsi très souvent au public des militants non universitaires et, allant, aux espaces de débat public encore susceptibles de les citer ou de s’en inspirer. Par ailleurs, des spécialistes de domaines techniques mettent en ligne d’intéressants travaux (logiciels, lexiques spécialisés, etc.), parfois disponibles sur des sites importants tels que celui du HCA, mais restent le plus souvent diffus, peu généralisés par les pairs des auteurs et peu connus des spécialistes de tamazight et du grand public. C’est en l’occurrence le cas d’applications développés sous le label Amsed par Tarik Makhmoukh (25).

Si certains des internautes approchés pour les besoins de cet article reconnaissent avoir de multiples besoins de formation (en communication, en politique, en transcription même, etc.), d’autres types de difficultés surgissent quand on aborde le contenu culturel amazigh disponible en ligne. Au cours de nos recherches dans le cadre notre thèse en sociodidactique des contes, et en cherchant à confronter des versions de contes amazighs écrits en français avec des versions orales ou écrites en tamazight, d’importantes questions se sont posées à nous sans qu’il ne soit possible de les prendre en charge. En effet, les auteurs de recueils téléchargeables sur Internet ont dû se satisfaire de conteurs précis, de contages particuliers nécessairement dépendants de contextes précis et de dialectes donnés. Souvent, ces contes sont indisponibles en tamazight et, lorsqu’ils le sont, il n’est plus possible d’y retrouver la phonétique étant donné l’inadéquation des caractères utilisés. Des versions orales de contes amazighs ne sont pas toujours aussi fiables que souhaité. Par exemple, Hamsi Boubekeur transfigure le conte « vava Inouva » au point de ne plus y reconnaitre le conte « Le Chêne de l’ogre »[28] dont il relaie le nom de personnage « Inouva » alors que, en réalité, la fillette dit en s’adressant à son grand-père « vava-inu, v’va » (mon papa, p’pa), le « v’va » étant une contraction de « vava ». Il nous semble qu’une multiplication de numérisations de contes qui s’appuient sur des versions authentiquement traditionnelles et dans autant de dialectes que possibles, consensuellement transcrites afin d’en retrouver la prononciation orale favoriserait à ce sujet la découverte interdialectale de notre patrimoine commun tout en réduisant d’éventuelles déceptions liées à la qualité des versions déjà en ligne ou, plus encore, au sentiment de peu d’originalité lorsqu’on découvre que les contes ont des variantes proches à travers le globe.

Conclusion :

Loin de seulement constituer un enjeu en lui-même, le monde virtuel interpelle le militant et le chercheur de tamazight également, car il fourmille de possibilités mais aussi d’innombrables problématiques qui, désormais, sont le plus souvent inextricablement liées aux questionnements qui les intéressent dans la vie concrète. En s’imposant en tant que facteur et en tant qu’instrument de transformation des normes, valeurs et représentations, des pratiques langagières, culturelles et sociales, il influe de manière impondérable et de multiples façons sur la préservation, la recherche, les méthodes de lutte et les perspectives mêmes en rapport avec ces dernières. S’il constitue un média, interactif et gigantesque, qui parait être susceptible de servir la cause de la modération des différences d’optique entre tendances sociopolitiques, idéologiques et stratégiques, cette acception pourrait n’être qu’une vue de l’esprit au vu de ses capacités à agir sur les psychologies des internautes dans le sens d’attitudes gentrificatrices, aliénatrices, autocentriques et pulsionnelles dont le cas de la Baleine Bleue constitue plus qu’un drame, une allégorie. Le militant de tamazight sur Internet est appelé à favoriser l’émergence d’élites intellectuelles, technologiques et culturelles réellement connectées mais non moins ancrées dans la réalité, évoluant avec art et subtilité dans ce « trans-monde » qui n’est pas promis à la stabilité. Des points de repères constants pourraient servir de principes et constituer la base d’une éthique militante ayant accès aux foules vivantes autant qu’à celles virtuelles. Parmi ces repères, la construction constante d’une interdialectalité agissante, tendant vers la standardisation de la langue, ouverte à la prise en compte des terroirs patrimoniaux respectifs et des problématiques locales particulières ainsi que de leur évolution.

Adresses URL des sites cités :

01. CADC : http ://www.aarach.com/

02. CICB : www.multimania.com/cicbgayet

03. Kabyle.com : www.kabyle.com

04. Tamazgha : www.tamazgha.fr

05. CERAK : http ://www.cerak.net/accueil.htm

06. CSSI-Algerie : https ://fr.groups.yahoo.com/neo/groups/CSSI-Algerie 2 sept. 1998

07. Algeria-Net : https://groups.yahoo.com/neo/groups/algeria-net

08. Projets_Algerie : https ://fr.groups.yahoo.com/neo/groups/projets_algerie

09. Journal officiel de la RADP : https ://www.joradp.dz

10. HCA site officiel : http ://hca-dz.org/

11. CNPLET site officiel : http ://www.cnplet.dz/ ; sur Facebook https ://web.facebook.com/Cnplet-tamazight-135682677143313/

12. Radio nationale chaine II : http ://www.radioalgerie.dz/chaine2/

13. l’APS : http://www.aps.dz/

14. l’APN : http ://www.apn.dz/fr/#

15. Conseil de la Nation : http ://www.majliselouma.dz/index.php/ar/

16. BrahimTazaghart :https://web.facebook.com/brahim.tazaghart

17. Café littéraire de Béjaia : https ://web.facebook.com/pg/Cafe.Litteraire.Bejaia

18.Dihya Lwizhttps ://web.facebook.com/dihya.lwiz

19. Parlons du Printemps noir ! https ://web.facebook.com/groups/Printempsnoir2001/

20. Agraw Tafust n 80 – collectif 20 avril 2018 : https ://web.facebook.com/groups/185092622292149/

21. La Plume Amazigh (Berbère) : «  Ecrire pour ne pas mourir » : https ://web.facebook.com/groups/laplumeamazigh

22. Muses exilées : https ://web.facebook.com/MusesExilees/et, pour les photos seules : https ://www.instagram.com/musesexilees/

23. Amar Mezdadhttps://web.facebook.com/amar.mezdad.5

24. ayamun  Cyber-Revue de littérature berbère  : http ://www.ayamun.com/

25. Tafsut2.0 :https://web.facebook.com/Tafsut-20-950700538304283/

26. Hamsi Boubekeur : https://media-animation.be/HAMSI-Boubeker-928.html; le conte « Aîcha l’Ogre et Baba Inouva » :https://www.youtube.com/watch?v=n3PpC1aDecM

Bibliographie :

ABRIKA Belaid, (2011). « Rôle et formes de représentativité d’une société civile légitime : cas du mouvement citoyen de Kabylie de 2001 ». 27èmes Journées du Développement ATM 2011. La construction des sociétés civiles et le développement : entre innovation, subsidiarité et action politique. Atelier E5 : Émergence et représentativité de la société civile, Président : Thierry MADIES (Université de Fribourg). Fribourg (CH), 8-10 juin 2011. Disponible sur le site de l’Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou à l’URL : http://www.ummto.dz/IMG/pdf/communication_juin_2011_ROLE_ET_FORMES_DE_REPRESENTATIVITE_D_UNE_SOCIETE_CIVILE_LEGITIME_CAS_DU_MOUVEMENT_CITOYEN_DE_KABYLIE_DE_2001.pdf

Amrouche Nassim, (2009). « Les arouch : la tribu dans de la ville ». Colloque Espaces et Sociétés (ESO), Travaux et documents, 2009, Rennes II, http://eso.cnrs.fr/TELECHARGEMENTS/colloques/rennes_11_08/Amrouche_Nassim.pdf

FFS, (1999). Discours de Hocine Aït-Ahmed : salle Harcha, Alger, 4 février 1999. Disponible sur : https://www.algeria-watch.org/farticle/presid/presid2.htm

Gonzalez-QuijanoYves, (2009). « Politisation du ballon » et « ballification de la politique ». Mis en ligne le 22 novembre 2009. URL : https://cpa.hypotheses.org/1441

Hadjerès Sadek (2001). La contribution toujours actuelle de « Idir El-Watani » (1949) au débat national. Communication au Colloque sur “le mouvement national et la revendication amazigh ». Alger. 24-25 décembre 2001. Mise en ligne le 27 septembre 2009. URL : http://www.socialgerie.net/spip.php?article63

Hamadache Tahar (2017). Idées pour un livre sur le Printemps noir. Essai (inachevé). Mis en ligne le 20 avril 2017. Url : https://web.facebook.com/groups/Printempsnoir2001/607801106084589/

Idir El-Watani, (1949). L’Algérie libre vivra : nationalisme, révolutionnisme, démocratie : une boussole – une arme.  Edition « Le Combat Algérien ». Disponible en ligne : http://www.socialgerie.net/spip.php?article74

Lacoste-Dujardin Camille, (2001). « Géographie culturelle et géopolitique en Kabylie La révolte de la jeunesse kabyle pour une Algérie démocratique », Hérodote, 2001/4 (N°103), Géopolitique de la méditerranée, p. 57-91. DOI : 10.3917/her.103.0057. URL :https://www.cairn.info/revue-herodote-2001-4-page-57.htm

Lacoste-Dujardin Camille, (2002). « Grande Kabylie : du danger des traditions montagnardes », Hérodote, 2002/4 (N°107), Géopolitique des montagnes, p. 119-146. DOI : 10.3917/her.107.0119. URL : https://www.cairn.info/revue-herodote-2002-4-page-119.htm.

Salhi Mohand Akli, Aspects du renouveau littéraire en langue amazighe : le cas kabyle en Algérie. In :Ricarda Buenbeck, Maroua El Naggare, Ute Fendler, Mechthild Gilzmer (Hg.). Transformations : Changements et renouveaux dans la littérature et le cinéma au Maghreb depuis 1990. Munich, AVMedition, 2016. Pp.57-68. Disponible sur books.google.com

Temlali Yassine (2010). Egypte-Algérie : le football, révélateur des identités refoulées. Mis en ligne le 19 septembre 2010. URL : http://www.ahewar.org/eng/show.art.asp?aid=1088

Notes :


[1] L’auteur a été lui-même militant du MCB-Commissions nationales puis membre du CASS, et initiateur du CSSA.

[2]Idir El-Watani est un pseudonyme collectif dont le prénom Idir est en tamazight et le nom en arabe. Il signifie « Vivant Le Patriote » et résonne comme le cri « Vive la Patrie ». Ses principaux rédacteurs étaient SadekHadjerès, Mabrouk Belhocine et Yahia Henine, alors tous militants au sein du PPA-MTLD.

[3] Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation, dont le blog était à cette URL : http://satefdz.unblog.fr

[5] Mouvement Culturel Berbère.

[6] Front des Forces Socialistes.

[7] Parti des Travailleurs.

[8] Parti Socialiste des Travailleurs.

[9] Rassemblement pour la Culture et la Démocratie.

[10]Tiré de La Colline oubliée, Roman de Mouloud Mammeri.

[11] Comité Amazigh de la Soummam et du Sahel, né à Akbou autour de Achour Messaoudi, ancien compagnon de Haroun dans les années 1970, figure connue des Commissions nationales du MCB, et de SaidSalhi, actuellement vice-président de l’une des ailes de la LADDH.

[12] Initié par, entre autres, Fatah Chaher, AbderrazakBoussekine dit Bizek et SadekAkrour, tous militants connus des Commissions nationales et du PST, au lendemain de l’assassinat du barde MatoubLounès.

[13]La Coordination des Aarchs, Dairas et Communes de Tizi-Ouzou.

[14] Coordination Inter-Communale de Béjaïa.

[15] Coordination des Comités de Citoyens de la wilaya de Bouira.

[16] Cet article avait été repris dans « Les dossiers sociologiques » du site, Djazaïr 2003, Mars, N°2. URL : http://www.algerie2003.org

[17] Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie, né quelques jours avant la marche des « Aarchs » à Alger, le 14 juin 2001, et rapidement dénoncé par le MCB-Rassemblement national que Ferhat Mhenni avait présidé jusque-là. Voir : http://mcbrn.chez.com/bilan.htm/

[18]Né en 1997 en tant qu’entreprise médiatique puis porté depuis 2002 par une association, AKFI, basée à Lyon, France. Elle est déjà objet de plusieurs recherches scientifiques.

[19]Cercle d’étude et de réflexion sur l’autonomie de la Kabylie, dont l’origine remonte à un appel lancé fin avril 2001, autour de Salem Chaker, Abderrahmane Bouguermouh, Ferkal Mabrouk et d’autres.

[20] Avec la collaboration notable de Salma Boukir, ancienne syndicaliste du SATEF.

[21] Décrite dans la brochure Que Faire ? de Lénine. Voir à ce sujet : http://marxiste.fr/lenine/que.pdf

[22] Nous songeons ici au blog http://www.ffs1963.unblog.fr, lancé en mai 2007.

[23] Haut-Commissariat à l’Amazighité, né des accords signés le 22 avril 1994 entre la Coordination nationale du MCB et le gouvernement, et marquant la fin du boycottage scolaire.

[24] Centre National Pédagogique et Linguistique pour l’Enseignement de Tamazight, sous tutelle du ministère de l’Education Nationale.

[25]Algerie Presse Service, agence créée le 1er Décembre 1961 à Tunis. Son site est lancé le 18 février 1998. Sa version amazighe l’a été le 04 mai 2015.

[26] Assemblée Populaire Nationale, chambre basse du Parlement algérien dont le Conseil de la nation, communément appelé Sénat, institué par la Constitution de 1996, en constitue la chambre haute.

[27]Zennati, l’un des 24 détenus de Tafsut-Imazighen en avril 1980, et Akrour, détenu des événements de mai 1981, sont des figures majeures du MCB-Commissions nationales ; Madjid Amokrane, dit Madjid Amazigh, fut, en 1995, président du MCB-Coordination nationale, en remplacement de Ferhat M’henni, alors en difficulté avec Said Sadi, président du RCD dont il était vice-président.

[28] Taos Amrouche, « Le Chêne de l’ogre », dans Le Grain magique. Paris : La découverte, 1996. Pp.111-113. Disponible sur: http://nadorculture.unblog.fr/2011/06/21/02le-chene-de-logre-2e-partie-et-fin/

00. UEAgadir 2018

Fiscalité bancaire en Algérie à juillet 2012 الجباية و البنوك في الجزائر الى غاية جويلية

9 avril 2019

Ceci est une étude effectuée en 2012 sur le système fiscal algérien, notamment en ce qui a trait aux grandes entreprises, particulièrement en ce qui est des banques commerciales.

Une partie de cette étude est inclue dans le mémoire polynome déposé à l’Université de la formation continue en vue de l’obtention du diplôme d’études universitaires appliquées, mais elle demeure pour l’essentiel inédite.

Occupé à poursuivre mon cursus universitaire en linguistique et didactique de la langue française, je n’ai pas pu la publier, ni la mettre jour, encore moins la traduire. Je la mets à la disposition du grand public aujourd’hui en pensant qu’elle pourrait servir nos concitoyens.

Bonne lecture :)

Téléchargement :

مدخل إلى الجباية 3 révision

 

Bibliographie

المراجع

باللغة العربية

د. بوعون يحياوي نصيرة، الضرائب الوطنية و الدولية الجزائر 2010

د. فارس السبتي، المنازعات الضريبية في التشريع القضاء الجزائي الجزائري دار هومة

د.محمد صالح الجناوي, د السيدة عبد الفتاح عبد السلام « المؤسسات المالية البورصة و البنوك التجارية الاسكندرية

د.ناصر مراد , فعالية النظام الضريبي بين النظرية و التطبيق  ديوان المطبوعات الجامعية, الجزائر 2011

رشيد صالح عبد الفاتح، البنوك الشاملة و تطويرها دور الجهاز المصرفي, دار النهضة العربية الطبعة 1 الاسكندرية200

رفعت الحجوب، المالية العامة.الجزء الثاني.دار النهضة العربية القاهرة

رمضان زياد، « ادارة الاعمال المصرفية », دار صفاء للنشر و التوزيع, عمان 1997

زياد سليم رمضان,، محفوظ احمد جودة،   »ادارة البنوك », دار المسيرة, دار الصفاء الطبعة 2, عمان, 1966

سماح بوزيد، التهرب الضريبي.مدكرة التخرج. معهد العلوم الإقتصادية. جوان 2000

السيد عبد الموالي-استاد جامعي كلية الحقوق جامعة القاهرة. المالية العامة

صبحي ادريس قريضة، « النقود و البنوك » ,دار النهضة العربية ,بيروت,1984

فائق تسقير؛ عاطف الاخرس؛ عبد الرحمان السال، « محاسبة البنوك », دار المسيرة الطبعة الاولى, عمان 2000

فلاح الحسني؛ عبد الرحمان الدوري، « ادارة البنوك و المصرف » دار وائل للنشر ,عماد 200

محمد اسماعبل هاشم، « مذكرات في النقود و البنوك », بيروت 1996

محمد بلحوزي، الإصلاح الجبائي و إنعكساته المالية و الإقتصادية في الجزائر 89- 92 . رسالة ماجيستير. معهد العلوم الإقتصادية

محمد سعد فرهود، مبادىء المالية العامة.الجزء الأول.منشورات جامعة حلب

محمد عبد العزيز عجمة؛ مدحت محمد، « النقود و البنوك و العلاقات الاقتصادية الدولية », دار النهضة العربية, بيروت

منير محمد الجهين؛ ممدوح محمد الجهيمي، « البنوك الالكترونية », دار الفكر الجامعي, الاسكندرية 2005

 

بالفرنسية:

A.BOUDERBAL « La fiscalité à portée de tous »   Edition :  Maison des livres, Alger 1987

Guide Fiscal des produits financiers. DGI.2011. أنظر الموقع الإفتراضي  للمديرية العامة للضرائب

Hadj Nacer A/ Rahmane. «  la Martingale algérienne : réflexion sur une crise ». Edition Barzakh. Alger.2011

Luc Bernet –Rolland. Principes de technique bancaire. Edition DUNOD.21  Edition.2001.

Mohamed Abbas Maherzi. Fiscalité des produits financiers. Société Inter Bancaire de Formation

  قاموس مستعمل :

قاموس الأسواق المالية », جوزيف أنطوان؛ ماري كلير كابيو هوار، الأوراق الزرقاء، طبعة 2010″

د.محمد صالح الجناوي, د السيدة عبد الفتاح عبد السلام « المؤسسات المالية البورصة و البنوك التجارية الاسكندرية, 2005

 

 

المراجع القانونية :

 

-  الأمر الرئاسي رقم 76- 103 المؤرخ في 9 ديسمبر 1976  قانون الطابع؛

-  الأمر الرئاسي رقم 76-105 المؤرخ في 9 ديسمبر 1976، المعدّل و المتمّم. قانون التسجيل؛

-  قانون الإجراءات الجبائية

- القانون الضرائب المباشرة؛

- قانون الرسم على رقم الأعمال؛

-القانون المدني

قانون الإجراءات المدنية و الإدارية

القانون التجاري

قانون العقوبات

الأمر 01-03 المتعلـّق بتطوير الاستثمار، الجريدة الرسمية رقم 47، واردة في 22 غشت 2001، الصفحات من 4 إلى 9

الأمر 01-03 المعدّل بالأمر 06-08 المؤرخ في 15 يوليو 2006 ( ) و المتعلق بتطوير الاستثمارات

الأمر 01-04 المتعلـّق بتنظيم المؤسّسات العمومية الاقتصادية و تسييرها و خوصصتها

الأمر 03-11 المؤرخ في 26 غشت 2003  المتعلق بالنقد و القرض المعدّل و المتمّم

القانون 90-10 المتعلق بالنقد و القرض

الأمر الرئاسي 01-03 المعدّل بالأمر 06-08 و الذي ينصّ على ضمان تحويل الرأسمال المستثمر في الجزائر و الفوائد التي تنتج عنه

الأمر الرئاسي رقم 96-06 المؤرخ في 10 جانفي 1996 المتعلّق بضمان القرض للتصدير

القانون 03-04 المؤرخ في 17 فيفري 2003 الذي تُعدّل الأمر التشريعي 93-10 المؤرخ في 23 مايو 1993 و المتعلـّق ببورصة القيم المنقولة

القانون 07-11 المؤرخ في 25 نوفمبر   2007 الذي يتضمّن النظام المحاسبي المالي

القانون 2000 – 1 المعدّل للقانون 81-07 المتعلّق بالتمهين، ج ر 03، عام 2000 ص4

القانون 90-30 المؤرخ في أول ديسمبر سنة 1990 و المتضمن قانون الأملاك الوطنية

القانون رقم 86-12 المؤرخ في 19 غشت 1986 المتعلقة بنظام البنوك و القرض

القانون رقم 88-01 المؤرخ في 12 يناير 1988 موضوع توجيه المؤسّسات العمومية الاقتصادية

الأمر التنفيذي رقم 05-13 المؤرخ في 09 يناير 2005، و المطبّق فيما يخص صرف المياه القذرة و إصلاح قنواتها

قرار وزير المالية المؤرخ في 01 أكتوبر 2009

المرسوم التنفيذي 09-262، المؤرخ في 24 غشت 2009 التكوين المتواصل للمستخدمين و التمهين

نظام مجلس النقد و القرض رقم 09-05 المؤرخ في 18 أكتوبر 2009

 

Table des matières :

+

الجزء الأول : الجباية و البنوك و العلاقة بينهما 1

الفصل الأول : مدخل إلى الجباية. 2

المبحث الأول : لمحة عامة عن الجباية. 2

المبحث الثاني : تطور الجباية في الجزائر. 2

الفصل الثاني : مدخل إلى النظام البنكي. 5

المبحث الأول : لمحة تاريخية عن النظام البنكي الوطني. 5

المبحث الثاني : تصنيف البنوك النشطة في الجزائر: 5

1.                                   من حيث الرأسمال الاجتماعي: 6

2.                                           من حيث الحجم و الاستقلال المعنوي: 6

الفصل الثالث : الإطار القانوني العام لنشاط البنوك التجارية. 7

المبحث الأول : فيما يخصّ التأسيس و التنظيم 7

خلاصة: 9

المبحث الثاني : فيما يتعلق بجباية أعمال البنوك. 9

ملاحظة: 10

المبحث الثالث : فيما يخصّ الأعمال التي تقوم بها البنوك. 10

الفصل الرابع : علاقة البنوك بالنظام الجبائي. 12

المبحث الأول : مراكز البنوك التجارية و الإدارة الجبائية في النظام المالي الوطني. 12

المبحث الثاني : تعدّدية هيئات الرقابة على البنوك التجارية و حساباتها 12

المبحث الثالث : ارتباط القوانين الجبائية فيما بينها 13

المبحث الرابع : نظام كبريات المؤسّسات.. 14

الجزء الثاني : جباية البنوك التجارية. 16

الفصل الأول : الضريبة على أرباح الشركات.. 17

ما لايدخل في وعاء الضريبة. 17

ما يمكن خصمه من وعاء الضريبة: 17

ما يمكن تخفيضه. 18

حساب الضريبة على أرباح الشركات: 19

التصريح السنوي: 20

الفصل الثاني : الرسم على النشاط المهني. 21

مقدّمة. 21

كيفية التصريح و الدفع. 22

الإكتتاب و الدفع الشهري.. 22

الفصل الثالث : لضريبة على المرتـّبات و الأجور و المنح و الريوع العمرية. 24

- المبلغ الصافي بعد خصم هذه الإشتراكات؛ 25

الفصل الرابع : الرسم على التكوين المهني المتواصل و الرسم على التمهين. 26

الفصل الخامس : الرسم العقاري على الأملاك المبنية. 28

الفصل السادس : رسوم مختلفة. 30

الفصل السابع : مساهمات يلزمها قانون النقد و القرض… 31

الفصل الثامن : الرسم على القيمة المضافة. 32

الجزء الثالث : المعالجة و الامتيازات الجبائية لأنشطة بنكية. 35

الفصل الأول : مداخيل ريوع الأموال المنقولة. 36

الفصل الثاني : منتجات التوظيف ذات الدّخل المتغيّر للأموال. 39

المطلب الثاني : كيفية حسابها: 40

الفصل الثالث : فائض القيمة عند التنازل عن قيم منقولة. 41

المطلب الثاني : وعاء الضريبة: 41

الفصل الرابع : عمليات تحويل الأموال إلى الخارج و التوطين البنكي و التصريح. 43

الفصل الخامس : مختلف الضمانات و الإعفاءات و المزايا 44

فهرس المذكّرة 46

Site archéologique de Mlakou : Bilan de la 10e session des fouilles et perspectives.

2 août 2018

Le site archéologique de Mlakou, de l’antique Petra, sis au village Akhenak, Cne de Seddouk, a accueilli la 10e session de travaux de fouille par une équipe de chercheurs chapeautée par Dr Boukhenouf, secondé par Dr Iaichouchen ainsi qu’un groupe de doctorants, et composée d’étudiants fouilleurs issus de l’institut d’archéologie de l’université d’Alger et de différents autres départements d’archéologie des quatre coins du pays. Cette session, débutée le 10 juillet dernier se clôturera ces jours-ci sur un bilan très encourageant. En effet, non seulement ce chantier-école archéologique confirme de nouveau son double caractère pédagogique et scientifique, la session de ce mois de juillet s’est rehaussée de résultats de terrain appréciables et concluants, mais aussi d’un riche programme d’ouverture sur la société civile et les institutions locales.

Au cours des sessions précédentes, les parties successives mises à jour ont permis à l’équipe scientifique de parvenir à des lectures déjà très intéressantes au sujet de ce site. Celle en cours laisse déjà enregistrer un secteur de fouilles composé de deux raffineries, à présent entièrement dégagé, permettant la distinction des différentes phases de l’occupation du site. Les premières lectures pertinentes des résultats montrent que le site aurait été fondé par l’un des fils Nubel, autrement dit Sammac, praeses (équivalent de Caïd) fidèle à l’empire romain comme en témoigne l’inscription de Mlakou ; après sa destruction par l’armée romaine, suite à l’insurrection du fils aîné de la famille Nubel, en l’occurrence Firmus, le site aurait probablement été occupé par les neveux de Gildon, autre fils Nubel et comte d’Afrique entre 385 et 397. L’hypothèse du retour des neveux de Gildon sur site s’obtient en croisant les résultats des travaux de fouilles et la lecture publiée dans le bulletin archéologique du Centre national de recherche en Archéologie d’Alger, faite par Abderrahmane Khelifa et jean-Pierre Laporte de l’inscription de Guendouza, découverte à Akbou en 2013. D’ores et déjà, d’autres secteurs de fouilles sont entamés et dont les résultats seront connus au cours des prochaines sessions. Ceci dit, certaines questions restent en suspens telles que l’adduction de l’eau ayant servir au fonctionnement de ces raffineries ainsi que les conclusions finales concernant les produits de ces dernières.

Par ailleurs, ce site a jusqu’ici été l’objet de plusieurs articles et communications scientifiques dont la plus récente est celle publié sous le titre « Aperçu sur la vie rurale antique à travers le site archéologique de Mlakou, antique Petra», publié dans la revue du laboratoire de recherche Vie, genres de vie et peuplements du sol de l’université de Sous, en Tunisie.

Le même site marque déjà aussi la vie économique et sociale de la région de la Soummam, entre autres par la déviation, dès 2014, du tracé initial de la pénétrante autoroutière (voir El Watan du 19 aout 2014, url : https://www.elwatan.com/edition/culture/lepopee-de-firmus-revient-a-la-surface-19-08-2014) ainsi que l’instauration du festival de Mlakou. Centré sur les activités du chantier école, ce festival qui a tenu cette année sa deuxième édition les 26, 27 et 28 juillet, coïncide avec une partie des activités de vulgarisation et de mise en valeur du site par l’équipe scientifique. Ces activités consistent pour leur part en la distribution de différents dépliants et d’un bulletin périodique nommé « Courrier archéologique de Mlakou » sur la fouille et sur l’inscription de Petra, ainsi que le moulage de cette dernière qui a servi de monument au niveau du village Akhenak.

Depuis l’année dernière, des portes ouvertes sur le chantier se sont tenues pendant l’organisation du festival de Mlakou par les associations locales. Cette année, ces portes ouvertes ont été rehaussées par la tenue d’une conférence académique animée par Dr Kebaili Kahina, maitre de conférences en histoire antique à l’ENS d’Alger invitée par l’équipe en charge des fouilles, portant sur la révolte de Firmus.

Et avant ce festival, l’équipe scientifique a organisé une journée de simulation de fouilles et de poterie antique au bénéfice des écoliers, venus de différentes communes de la Wilaya. Cette journée d’activités de sensibilisation éducative, destinée aux écoliers, a été conçue eu égard à l’intérêt suscité parmi ce public par la présence de la révolte de Firmus dans le manuel d’histoire de 4e année primaire. Le succès de cette activité en direction de la population scolaire laisse penser que son organisation future au cours du mois du patrimoine (du 18 avril au 18 mai) de chaque année pourrait s’instaurer en tradition sociopédagogique et se diffuser à l’échelle nationale.

Pour leur part, les étudiants-fouilleurs, issus de différentes universités et régions d’Algérie, ont bénéficié d’une excursion offerte par la commune de Chellata vers le musée d’Ifri et d’autres lieux historiques et archéologiques.

Tahar Hamadache.

Article Mlakou 1 Article Mlakou 2 Article Mlakou 3 Article Mlakou 4 Article Mlakou 5

Suite à pétition ouverte « Graver DIHYA LWIZ dans la mémoire… ». Communiqué.

14 août 2017

Auteurs de la pétition ouverte «   Graver DIHYA LWIZ dans la mémoire toponymique et sociale » (1).

 

Communiqué du 14 août 2018

Dihya Lwiz était écrivaine et nouvelliste, à la fois arabophone et berbérophone. Elle fut aussi francophone dans sa recherche doctorale inachevée par ses contributions intellectuelles (témoignage écrit sur Mouloud Mammeri, conférence publique disponible sur YouTube, etc.). Dihya Lwiz se réclamait de son vivant d’Ifri-Ouzellaguen et ce choix comme tant d’autres, à commencer par le nom d’auteur qu’elle avait adopté font partie de ses traits identitaires symboliques d’écrivaine, tenus aussi bien que possible distincts de la vie de la personne -qui était- vivante. Nous veillons quant à nous à les respecter aussi honnêtement que possible.

L’initiative que nous avons lancée consécutivement à son décès a sciemment été maintenue relativement discrète : nous avons jugé important d’éviter des interférences éventuelles susceptibles de contraindre sa signification. Nous avions suivi avec intérêt en les encourageant les  cérémonies d’hommages que d’autres parties se préparaient à lui rendre au lendemain de son décès, le 30 juin dernier, ou au terme des 40 jours après l’enterrement de Louiza Aouzelleg, chère personne défunte qui incarnait la personnalité publique Dihya Lwiz.

La démarche sous-tendant ces honorables hommages et celle sous-tendant notre initiative étant en principe complémentaires même si elles sont pensées dans des perspectives différentes, les participants aux programmes d’hommage peuvent sinon rejoindre notre initiative, en tout cas soutenir les buts concrets qu’elle porte initialement :

-  appel à baptiser un lieu culturel dans l’une des quatre communes dans lesquelles son parcours de vie s’était déroulé (Akbou, Chellata, Ouzellaguen, Béjaïa) et,
- graver son nom dans la toponymie du village Ighil Oumsed en donnant son nom à un endroit choisi, espace entourant le lieu dit « Yemma Tighilt ».

Pour notre part, nous continuons d’élaborer le projet programmatique pluridimensionnel et essentiellement d’ordre socioculturel, éditorial, intellectuel, académique et scientifique. Les conditions d’émergence de nouvelles élites sociales et intellectuelles en constituent la ligne d’horizon attendue. Les parties déjà impliquées continuent chacune de son côté de mener les concertations pour les aspects du projet global qui les concernent.

par ailleurs, des indices se sont multipliés depuis la disparition de Dihya Lwiz qui font craindre la non commercialisation de son dernier roman, Ger Igenni d tmurt (Entre ciel et terre). Son seul roman en tamazight connu à ce jour avait pourtant reçu le prix national Mohamed Dib du roman amazigh dès octobre 2016, était doté d’un ISBN et sa publication pour les semaines suivantes avait été annoncée par l’auteure elle-même ainsi que de multiples médias (BRTV, la Dépêche de Kabylie, etc.) dès fin mars dernier. Ceci suscite curiosité, préoccupation et vigilance.

Akbou, le 14août 2018.

(1) Le texte de la pétition ici indiquée, rendue publique le 13 juillet 2017 est consultable à cette adresse : soummam.unblog.fr/2017/08/14/petition-ouverte-graver-dihya-lwiz-dans-la-memoire-toponymique-et-sociale/

 

Traduction en langue arabe :

2017محرروا العريضة المفتوحة  » نقش ديهيا لويز في الذاكرة المكانية و الاجتماعية بيان صدر بتاريخ 13/جويلية/

ديهيا لويز كانت كاتبة و قصصية باللغتين العربية والبربرية على حد سواء. و كانت أيضا فرنكوفونية في بحث دكتوراها الذي لم تنهه ومن خلال إسهاماتها الفكرية (شهادة حول مولود معمري، مؤتمر متاح على شبكة الإنترنت، وما إلى ذلك). كانت تؤكد في حياتها انتمائها لافري-أوزلاقن وهذا الاختيار مثل كثيرين آخرين، بدء باسم المؤلفة الذي اعتمدته يشكلون جزءا من ملامح هويتها الرمزية ككاتبة، الذي حاولت فصله قدر الإمكان عن حياة الشخص -والتي كانت- على قيد الحياة. بالنسبة لنا نحرص على احترامها بكل صدق ممكن.

المبادرة التي أطلقناها لاحقا إثر وفاتها ظلت بإرادتنا محتشمة نسبيا: رأينا انه من المهم لتفادي أي تشويش يمكنه إعاقة أي معنى لمبادرتنا. كما تتبعنا باهتمام مع تشجيعهم حفلات التكريم التي تتحضر لتنظيمها بعض الأطراف اليوم الوالي لوفاتها أو عند الأربعينية بعد دفن ديهيا أزلاق، الشخصية العامة و العزيزة المتوفاة التي تحملها ديهيا لويز. المبادراتان من حيث المبدأ متكاملاتان حتى لو فكرت من أجل أهداف مختلفة ، والمشاركين في برنامج التكريم يمكنهم عند اختتام الحصيلة الانضمام لمبادرتنا، في كل الأحوال دعم الأهداف الملموسة التي تحملها من البداية :

- نداء لتعميد مكان ثقافي في واحدة من الأربع بلديات حيث عاشت حياتها (أقبو شلاطة، أوزلاقن، بجاية)

- نقش اسمها في أسماء أماكن قرية إيغيل اوسمد بإعطاء اسمها لموقع مختار، الفضاء المحيط بالمكان المسمى  » يما تيغليت« .

من جانبنا، نواصل تطوير المشروع البرنامجي متعدد الأبعاد و خصوصا ذو طابع فكري وعلمي . تواصل الأطراف المعنية بالفعل من جانبهم إجراء مشاورات لجوانب المشروع الشامل المتعلقة بهم.

علاوة على ذلك، تضاعفت مؤشرات منذ اختفاء ديهيا لويزنخشى من خلالها عدم تسويق روايتها الأخيرة, Ger Igenni d tmurt (بين السماء والأرض)، رغم تسلمها الجائزة الوطنية محمد ديب للرواية الأمازيغية منذ أكتوبر 2016 ، مرفوقة ب ISBN ونشرها في الأسابيع المقبلة أعلنت من قبل المؤلفة نفسها، وكذلك وسائل الإعلام المتعددة (BRTV، البرقية القبائلية، وما إلى ذلك). هذا يثير الفضول، والقلق واليقظة

Communiqué du 14 août 2018 / Auteurs de la pétition ouverte  » Graver DIHYA LWIZ dans la mémoire

14 août 2017

Auteurs de la pétition ouverte «   Graver DIHYA LWIZ dans la mémoire toponymique et sociale » (1).

 

Communiqué du 14 août 2018

Dihya Lwiz était écrivaine et nouvelliste, à la fois arabophone et berbérophone. Elle fut aussi francophone dans sa recherche doctorale inachevée par ses contributions intellectuelles (témoignage écrit sur Mouloud Mammeri, conférence publique disponible sur YouTube, etc.). Dihya Lwiz se réclamait de son vivant d’Ifri-Ouzellaguen et ce choix comme tant d’autres, à commencer par le nom d’auteur qu’elle avait adopté font partie de ses traits identitaires symboliques d’écrivaine, tenus aussi bien que possible distincts de la vie de la personne -qui était- vivante. Nous veillons quant à nous à les respecter aussi honnêtement que possible.

L’initiative que nous avons lancée consécutivement à son décès a sciemment été maintenue relativement discrète : nous avons jugé important d’éviter des interférences éventuelles susceptibles de contraindre sa signification. Nous avions suivi avec intérêt en les encourageant les  cérémonies d’hommages que d’autres parties se préparaient à lui rendre au lendemain de son décès, le 30 juin dernier, ou au terme des 40 jours après l’enterrement de Louiza Aouzelleg, chère personne défunte qui incarnait la personnalité publique Dihya Lwiz.

La démarche sous-tendant ces honorables hommages et celle sous-tendant notre initiative étant en principe complémentaires même si elles sont pensées dans des perspectives différentes, les participants aux programmes d’hommage peuvent sinon rejoindre notre initiative, en tout cas soutenir les buts concrets qu’elle porte initialement :

-  appel à baptiser un lieu culturel dans l’une des quatre communes dans lesquelles son parcours de vie s’était déroulé (Akbou, Chellata, Ouzellaguen, Béjaïa) et,
- graver son nom dans la toponymie du village Ighil Oumsed en donnant son nom à un endroit choisi, espace entourant le lieu dit « Yemma Tighilt ».

Pour notre part, nous continuons d’élaborer le projet programmatique pluridimensionnel et essentiellement d’ordre socioculturel, éditorial, intellectuel, académique et scientifique. Les conditions d’émergence de nouvelles élites sociales et intellectuelles en constituent la ligne d’horizon attendue. Les parties déjà impliquées continuent chacune de son côté de mener les concertations pour les aspects du projet global qui les concernent.

par ailleurs, des indices se sont multipliés depuis la disparition de Dihya Lwiz qui font craindre la non commercialisation de son dernier roman, Ger Igenni d tmurt (Entre ciel et terre). Son seul roman en tamazight connu à ce jour avait pourtant reçu le prix national Mohamed Dib du roman amazigh dès octobre 2016, était doté d’un ISBN et sa publication pour les semaines suivantes avait été annoncée par l’auteure elle-même ainsi que de multiples médias (BRTV, la Dépêche de Kabylie, etc.) dès fin mars dernier. Ceci suscite curiosité, préoccupation et vigilance.

Akbou, le 14août 2018.

(1) Le texte de la pétition ici indiquée, rendue publique le 13 juillet 2017 est consultable à cette adresse : soummam.unblog.fr/2017/08/14/petition-ouverte-graver-dihya-lwiz-dans-la-memoire-toponymique-et-sociale/

 

Traduction en langue arabe :

2017محرروا العريضة المفتوحة  » نقش ديهيا لويز في الذاكرة المكانية و الاجتماعية بيان صدر بتاريخ 13/جويلية/

ديهيا لويز كانت كاتبة و قصصية باللغتين العربية والبربرية على حد سواء. و كانت أيضا فرنكوفونية في بحث دكتوراها الذي لم تنهه ومن خلال إسهاماتها الفكرية (شهادة حول مولود معمري، مؤتمر متاح على شبكة الإنترنت، وما إلى ذلك). كانت تؤكد في حياتها انتمائها لافري-أوزلاقن وهذا الاختيار مثل كثيرين آخرين، بدء باسم المؤلفة الذي اعتمدته يشكلون جزءا من ملامح هويتها الرمزية ككاتبة، الذي حاولت فصله قدر الإمكان عن حياة الشخص -والتي كانت- على قيد الحياة. بالنسبة لنا نحرص على احترامها بكل صدق ممكن.

المبادرة التي أطلقناها لاحقا إثر وفاتها ظلت بإرادتنا محتشمة نسبيا: رأينا انه من المهم لتفادي أي تشويش يمكنه إعاقة أي معنى لمبادرتنا. كما تتبعنا باهتمام مع تشجيعهم حفلات التكريم التي تتحضر لتنظيمها بعض الأطراف اليوم الوالي لوفاتها أو عند الأربعينية بعد دفن ديهيا أزلاق، الشخصية العامة و العزيزة المتوفاة التي تحملها ديهيا لويز. المبادراتان من حيث المبدأ متكاملاتان حتى لو فكرت من أجل أهداف مختلفة ، والمشاركين في برنامج التكريم يمكنهم عند اختتام الحصيلة الانضمام لمبادرتنا، في كل الأحوال دعم الأهداف الملموسة التي تحملها من البداية :

- نداء لتعميد مكان ثقافي في واحدة من الأربع بلديات حيث عاشت حياتها (أقبو شلاطة، أوزلاقن، بجاية)

- نقش اسمها في أسماء أماكن قرية إيغيل اوسمد بإعطاء اسمها لموقع مختار، الفضاء المحيط بالمكان المسمى  » يما تيغليت« .

من جانبنا، نواصل تطوير المشروع البرنامجي متعدد الأبعاد و خصوصا ذو طابع فكري وعلمي . تواصل الأطراف المعنية بالفعل من جانبهم إجراء مشاورات لجوانب المشروع الشامل المتعلقة بهم.

علاوة على ذلك، تضاعفت مؤشرات منذ اختفاء ديهيا لويزنخشى من خلالها عدم تسويق روايتها الأخيرة, Ger Igenni d tmurt (بين السماء والأرض)، رغم تسلمها الجائزة الوطنية محمد ديب للرواية الأمازيغية منذ أكتوبر 2016 ، مرفوقة ب ISBN ونشرها في الأسابيع المقبلة أعلنت من قبل المؤلفة نفسها، وكذلك وسائل الإعلام المتعددة (BRTV، البرقية القبائلية، وما إلى ذلك). هذا يثير الفضول، والقلق واليقظة

Pétition ouverte – Graver DIHYA LWIZ dans la mémoire toponymique et sociale

14 août 2017

Pétition ouverte

 Graver DIHYA LWIZ dans la mémoire toponymique et sociale

 

La présente pétition s’inscrit dans une initiative plus large qu’elle introduit. Elle se présente en deux volets : dans son premier volet, elle est portée par les gens résidant ou issus du village Ighil Oumsed, pour assomption manuscrite ; dans son second volet, elle est ouverte à nos concitoyennes et concitoyens ayant fréquenté, connu, entendu parler de la défunte ou désireux d’encourager notre initiative.

 

Cette pétition a pour teneur de rendre un hommage éternel à une primeur d’intelligence et d’imaginaire, apparue soudainement et disparue silencieusement, ayant juste eu le temps de personnifier et de rendre visible et exemplaires des possibilités inouïes, des interrogations et des questionnements de complexité variable assaillant de toutes parts la personne et le corps social, et des épreuves de caractères et d’ampleurs inégaux et multiples. La portée en est de tendre à des accomplissements intellectuels mieux vécus, toujours davantage ancrés dans la société et toujours plus souples à porter par celles et ceux qui s’y engagent. Elle a dans l’immédiat deux buts concrets :

 

1. Porter à l’attention de la société civile, des instances élues et des pouvoirs publics notre souhait de voir le prochain édifice à caractère culturel (au sens le plus large) dans l’une des communes suivantes : Chellata, Akbou, Ighzer-Amokrane ou Béjaïa, très particulièrement au niveau de notre village, Ighil-Oumsed, porter le nom de l’écrivaine et journaliste DIHYA LWIZ.

2. Dédier de libre arbitre, souverainement et collectivement, l’espace contenant l’édifice « YemmaTighilt » -situé à Ighil Oumsed, Cne de Chellata, Daira d’Akbou- qui regarde l’étendue de la vallée de la Soummam, esplanade et rocher compris, à l’écrivaine et journaliste DIHYA LWIZ afin que ce nom continue d’habiter les évolutions du monde qu’il interrogeait. Cet espace, ouvert à tout le monde mais principalement familial et particulièrement féminin, appelle des aménagements et commodités, naturelles mais esthétiques, propres à valoriser ses fonctions de lieu de repos, de méditation, de contemplation, de convivialité et de travail.

 

Les prolongements programmatiques de cette initiative seront connus en temps opportun.

Ighil Oumsed, le 16 juillet 2017

Pour les premiers signataires,

Les écrivain-e-s, auteur-e-s et artistes d’Ighil Oumsed

Mlakou -antique Petra. Portes ouvertes du 2.8.2017. Reportage photo

6 août 2017

 

Ce reportage photographique reproduit des moments importants de la journée d’information sur le site de Mlakou, l’antique Petra, commune de Seddouk. Cette journée a été organisée le 02 août 2017 par la direction de la culture de la Wilaya de Béjaïa, en collaboration avec l’équipe de fouilles (dirigée sur le terrain par Pr Boukhenouf et Dr Iaichouchen) pour ce qui est de l’aspect scientifique, et avec les associations sociale et culturelles des citoyen(ne)s du village Akhenak, mitoyen du site.

 

1_ Le monument érigé, portant une réplique de l’inscription de Petra, mise au point par les étudiants de l’institut d’archéologie et leurs encadreurs, dans son contexte avant inauguration. La délégation comprenant MM. Le directeur de la culture et le chef de la daïra de Seddouk, en compagnie de Pr Boukhenouf, chef de projet de fouilles sur le site de Mlakou sont sur les lieux.

1_ Le monument érigé, portant une réplique de l’inscription de Petra, mise au point par les étudiants de l’institut d’archéologie et leurs encadreurs, dans son contexte avant inauguration. La délégation comprenant MM. Le directeur de la culture et le chef de la daïra de Seddouk, en compagnie de Pr Boukhenouf, chef de projet de fouilles sur le site de Mlakou sont sur les lieux.

 

2_ Les panneaux d’exposition de documents écrits sur le site. A l’arrière-plan, l’un des ateliers animés par un groupe d’étudiants.

2_ Les panneaux d’exposition de documents écrits sur le site. A l’arrière-plan, l’un des ateliers animés par un groupe d’étudiants.

 

3_ Une vue du site de Mlakou et des ateliers mis en place pour l’accueil des visiteurs.

3_ Une vue du site de Mlakou et des ateliers mis en place pour l’accueil des visiteurs.

 

4_ Le comité d'accueil, chargé du registre d'or, enregistre le mot du PAPC de Seddouk.

4_ Le comité d’accueil, chargé du registre d’or, enregistre le mot du PAPC de Seddouk.

 

5_ La délégation est prête pour l’inauguration du monument portant l’inscription de Petra.

5_ La délégation est prête pour l’inauguration du monument portant l’inscription de Petra.

 

6_ Le chef de la Daïra de Seddouk procède à l’inauguration du monument portant la réplique de l’inscription de Mlakou, en présence du directeur de la culture de la wilaya de Béjaïa, du chef de projet de fouilles et des principaux responsables des associations locales.

6_ Le chef de la Daïra de Seddouk procède à l’inauguration du monument portant la réplique de l’inscription de Mlakou, en présence du directeur de la culture de la wilaya de Béjaïa, du chef de projet de fouilles et des principaux responsables des associations locales.

 

7_ La délégation fait le trajet à pied, d’Akhenak-centre à Mlakou, derrière la parade à la mode antique. Le tapissage de ce chemin carrossable, le seul qui mène au site de Mlakou, est l’un des souhaits exprimés par les interlocuteurs locaux en présence de la délégation.

7_ La délégation fait le trajet à pied, d’Akhenak-centre à Mlakou, derrière la parade à la mode antique. Le tapissage de ce chemin carrossable, le seul qui mène au site de Mlakou, est l’un des souhaits exprimés par les interlocuteurs locaux en présence de la délégation.

 

8_ La délégation s’engage parmi les vestiges du site antique mis à jour.

8_ La délégation s’engage parmi les vestiges du site antique mis à jour.

 

9_ La délégation à proximité des ateliers stratigraphie et carrelages du site.

9_ La délégation à proximité des ateliers stratigraphie et carrelages du site.

 

10_ La délégation est en discussion avec des représentants de la société civile sur les hauteurs du site. Le souhait est partagé de voir le site protégé, classé, intégré dans une vision de développement global qui puisse profiter à toute l’Algérie non seulement par la poursuite des travaux scientifiques, mais aussi par sa relation à l’autoroute par une bretelle entrant et sortant, ainsi que par l’établissement d’un musée à ciel ouvert sur place, à proximité de zones d’activités industrielles et agricoles.

10_ La délégation est en discussion avec des représentants de la société civile sur les hauteurs du site. Le souhait est partagé de voir le site protégé, classé, intégré dans une vision de développement global qui puisse profiter à toute l’Algérie non seulement par la poursuite des travaux scientifiques, mais aussi par sa relation à l’autoroute par une bretelle entrant et sortant, ainsi que par l’établissement d’un musée à ciel ouvert sur place, à proximité de zones d’activités industrielles et agricoles.

 

11_ La délégation recevant en haut du secteur dégagé du site les explications de Pr Boukhenouf, chef du projet de fouilles. Aux alentours, vue sur l’affluence des visiteurs. (photo1)

11_ La délégation recevant en haut du secteur dégagé du site les explications de Pr Boukhenouf, chef du projet de fouilles. Aux alentours, vue sur l’affluence des visiteurs. (photo1)

 

12_ La délégation recevant en haut du secteur dégagé du site les explications de Pr Boukhenouf, chef du projet de fouilles. Aux alentours, vue sur l’affluence des visiteurs. (photo2)

12_ La délégation recevant en haut du secteur dégagé du site les explications de Pr Boukhenouf, chef du projet de fouilles. Aux alentours, vue sur l’affluence des visiteurs. (photo2)

 

13_ Le directeur de la culture en compagnie des représentants d’associations locales.

13_ Le directeur de la culture en compagnie des représentants d’associations locales.

 

14_ La délégation près de l’atelier céramique.

14_ La délégation près de l’atelier céramique.

 

15_ La délégation recevant les explications de Pr Boukhenouf sur l’inscription de Petra.

15_ La délégation recevant les explications de Pr Boukhenouf sur l’inscription de Petra.

 

16_ Le déjeuner, offert par la population locale, en l’honneur de la délégation, de l’équipe scientifique et des visiteurs.

16_ Le déjeuner, offert par la population locale, en l’honneur de la délégation, de l’équipe scientifique et des visiteurs.

 

17_ Le festival de Mlakou, slogan sous lequel la population locale a placé l’ensemble des activités en relation avec l’évènement. L’espoir que ce festival connaisse d’autres éditions, annuelles, est exprimé.

17_ Le festival de Mlakou, slogan sous lequel la population locale a placé l’ensemble des activités en relation avec l’évènement. L’espoir que ce festival connaisse d’autres éditions, annuelles, est exprimé.

 

La journée a eu un impact tel que des concitoyen(ne)s qui n’ont pu s’y rendre pendant de l’événement, ont tenu à s’y rendre, même tardivement, voire le lendemain. Ici, le Pr Djamil Aissani, du laboratoire LAMOS et de l’association GEHIMAB (Université de Béjaïa), au lendemain de la journée d’information, en compagnie de Dr Aichouchen, membre de l’équipe scientifique des fouilles et enseignant à l’institut d’Archéologie d’Alger, qui a renoncé à un moment de repos pour accueillir M. Aissani sur le site, en l’absence de Pr Boukhenouf, en déplacement fonctionnel.

La journée a eu un impact tel que des concitoyen(ne)s qui n’ont pu s’y rendre pendant de l’événement, ont tenu à s’y rendre, même tardivement, voire le lendemain. Ici, le Pr Djamil Aissani, du laboratoire LAMOS et de l’association GEHIMAB (Université de Béjaïa), au lendemain de la journée d’information, en compagnie de Dr Aichouchen, membre de l’équipe scientifique des fouilles et enseignant à l’institut d’Archéologie d’Alger, qui a renoncé à un moment de repos pour accueillir M. Aissani sur le site, en l’absence de Pr Boukhenouf, en déplacement fonctionnel.

 

Fouilles archéologiques du site de PETRA – Mlakou (Béjaïa). Ambiance de travail, état des lieux et journée d’information publique

1 août 2017

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Profitant de la 4e session de fouilles sur le site antique de Petra, actuellement Mlakou, sis au village Akhenak, commune de Seddouk, la direction de la culture de Béjaïa organise, en collaboration avec l’équipe scientifique présente, une journée d’information sur le lieu-même des fouilles, ce mercredi 02 août 2017.

Démarrées en urgence, le mois de mai 2014, après l’obtention de l’arrêt du tracé de la pénétrante autoroutière dès décembre 2013, les sessions de fouille successives sont allées de découvertes en découvertes qui attestent d’une importance scientifique et pédagogique exceptionnelle, suscitant déjà l’intérêt de la communauté scientifique nord-africaine et méditerranéenne. Il a fallu opérer une légère déviation du tracé initial de l’autoroute à cet endroit, et les résultats obtenus jusqu’ici confirment largement la sagesse de cette décision. Un accès au site par l’autoroute peut désormais se concevoir comme une décision bonne à prendre.

Après une centration sur le périmétrage et le mobilier dans des sessions antérieures, la présente s’est attelée à mettre en évidence un pan de l’immobilier du site qui promet d’être fécond en découvertes, mais aussi exigeant en termes d’efforts et de moyens tant matériels et logistiques, qu’humains et scientifiques. Le site constitue dès à présent un véritable chantier-école archéologique.

Accompagnant la dynamique universitaire à l’œuvre sur le site de Mlakou, mais aussi en préparation de la journée d’information et des campagnes de fouilles à venir, la société civile, les entreprises, les institutions administratives et élues locales ont chacune apporté sa contribution à l’effort pédagogique, ce qui allège le poids supporté par l’encadrement par ces temps de disette qui touche aussi l’activité de recherche scientifique.

C’est ainsi que les étudiants du village Akhenak, affiliés aux associations Talwit et Tafsut ou non tels que cette bibliothéconome d’Alger ou ce didacticien de Béjaïa, sont venus prêter main forte aux étudiants archéologues présents par différentes actions de volontariat. La présence de deux collégiennes férues de vestiges anciens constitue un signe, ténu mais encourageant, des premiers effets des nouvelles approches pédagogiques développées par l’école algérienne. Les deux associations ici citées et d’autres se préparent par ailleurs à d’autres activités rehaussant l’ambiance prévue pour la journée d’information du 02 août prochain. Après l’entreprise publique SOMACOB implantée à Akhenak qui a toujours été réceptive dans les limites de ses possibilités aux requêtes de l’équipe archéologique, les unités industrielles privées locales commencent à s’intéresser elles aussi au projet : des boissons gazeuses et de l’eau potable sont offerts gracieusement par Ifri tandis que l’entreprise Soummam a offert de la chaux, indispensable à la consolidation des structures fragiles dégagées. La Daïra a quant à elle amplement facilité le séjour des archéologues de l’université d’Alger, mais aussi des étudiants envoyés pour formation par différents départements d’archéologie du pays (Tlemcen, Chlef, Sétif, Constantine). La pluralité des départements d’archéologie impliqués pour cette session confère à cette occasion au site de Mlakou un caractère national même si leur prise en charge logistique a dû être supportée par l’encadrement du projet.

Les Assemblées populaires communales (APC) ont pour leur part contribué selon les moyens dont elles disposent : celle de Seddouk a, entre autres, logé l’équipe archéologique conduite par le Pr Boukhenouf à l’école primaire d’Akhenak, toute proche du site, ce qui a permis un suivi scientifique et pédagogique rigoureux. Celle d’Akbou a prêté son camion-nacelle aux archéologues en vue de prendre des photos « aériennes » des parties dégagées du site, prélude aux phases de fouilles ultérieures. Fidèle soutien de l’équipe archéologique, l’APC d’Amalou a cette fois-ci assuré le transport des étudiants lors d’une visite de différents sites, monuments et musées de Toudja, El-Kseur et Béjaïa. De même, c’est par un bus de l’APC de Chellata, partie par ailleurs invitante, que les étudiants et leurs encadreurs ont effectué une visite culturelle haute en couleurs, alternant des escales au village Ivouzidhen, l’un des 14 villages bombardés au lendemain du Congrès de la Soummam, aux musée et monuments d’Ifri, haut lieu historique, Messossa, endroit à forte potentialité archéologique selon les archéologues constatant quelques pierres visibles en surface, dans la commune d’Ouzellaguen, mais aussi à Ighil Oumsed où de vieux membres de l’association Amsed ont présenté à leurs visiteurs des aspects du site archéologique de Bouathmane ainsi qu’une place qui prendra le nom de l’auteure Dihya Lwiz, l’une des tout premiers journalistes à avoir défendu le site de Mlakou, récemment décédée, puis à Alma, lieu à teneur archéologique certaine et enfin à Ayris, lieu d’un casernement colonial à partir duquel le colonel Abderrahmane Mira a été blessé avant de tomber les armes à la main au champ d’honneur, dans la commune de Chellata.

Revigorés par leurs découvertes scientifiques et culturelles, comptant sur la bonne coordination de toutes les parties concernées, l’équipe archéologique de Mlakou, étudiants et encadrement, s’attend à un total succès de la journée d’information de ce mercredi. D’ores et déjà, une place a été aménagée par la population d’Akhenak pour accueillir un monument portant une réplique de l’inscription de Petra (exposée au musée des antiquités d’Alger) apprêtée par l’équipe archéologique.

Le village d’Akhenak se préparant à offrir un couscous pour l’événement, l’ensemble des organisations attendent un public nombreux venir à la rencontre de ce site qui se tire, aux biceps et aux doigts de fées des archéologues, de 17 siècles d’ensevelissement. Le programme détaillé sera diffusé par les instances concernées.

Tahar HAMADACHE.

Mlakou, le 30 juillet 2017.

 

 

Ecole algérienne. L’internat, un monde obscur ? Et l’adjoint d’éducation, un sorcier ?

11 mars 2017

Ce texte est un essai traitant de manière concise d’une fonction menacée d’extinction dans l’éducation nationale et d’un corps professionnel chargé de l’assurer, celui des adjoints d’éducation et assimilés, communément appelés “surveillants” ou “pions”. Il tend à extérioriser la marginalisation et le containement qui les frappent l’une et l’autre, la fonction et le corps, dans les zones mal-éclairées du quotidien l’éducation, de la réfelxion des responsables hiérarchiques et de la réglementation depuis les années 1980 à ce jour. Il y sera question de l’absence de textes les régissant ou de leur inadéquation, de leur absence dans les textes en vigueur ainsi que de certaines conséquences qui en ont découlé ou en découlent.

 

Absence de textes

 

Le texte de la “décision 995” (1) est peut-être introuvable : toutes nos recherches à son sujet, y compris sur le site du journal officiel, se sont avérées infructueuses. Elle est pourtant toujours d’actualité : on la cite encore dans les supports de formation des directeurs d’établissements d’enseignemet secondaire établis en 2005 par le centre national de formation du personnel de l’éducation. J’ai découvert son intitulé complet dans cet inventaire des textes publié sur le site officiel du ministère de l’éducation : http://www.education.gov.dz/wp-content/textes-legislatifs/1983.htm (consulté début mars 2017). Il s’agit de l’arrêté fixant les conditions d’admission à l’internat dans les étblissements d’enseignement secondaire, datant du 15 septembre 1983.

Mais l’absence de cette décision s’explique aussi plus rationnellement par la circulaire n°63-2001 relative aux archives du ministère de l’éducation pour la période allant de 1962 à 1999   (BOE n°446, avril 2001) ainsi que par la circulaire 152-01 du 13 novembre 2001 relative aux archives de la période du secrétariat d’état à l’enseignement secondaire allant de 1980 à 1984 (BOE n°454, janvier 2002) qui n’étaient pas publiées dans les bulletins officiels du ministère de l’éducation nationale (qui pour sa part publiait très rarement dans le journal officiel de la république : ayant paru en 1983, cette décision portant le numéro 995 fait probablement partie de la documentation qui a échappé aux services d’archives du ministère de l’éducation, qui semblent n’avoir été mis en place qu’en 1999 (voir BOE n° 446).

C’est d’ailleurs cette circulaire qui m’a enfin aidé à comprendre la raison pour laquelle je n’ai jamais pu disposer d’un texte réglementant ma fonction d’adjoint d’éducation pendant toutes les premières années de mon exercice en tant qu’adjoint d’éducation. En effet, je n’ai pu découvrir l’existence effective du texte en vigueur entre 1986, année de mon recrutement, et 1992, année de la circulaire 832 fixant les attributions de l’adjoint d’éducation, qu’en en déouvrant la référence exacte (arrêté n°1009 du 15 septembre 1983) présente sur cette feuille html indiquée ci-dessus, lui aussi introuvable jusqu’ici.

 

Inadéquation des pratiques et des textes “d’inspiration”.

 

On ne parle nulle part explicitement de la participation de l’adjoint d’éducation chargé de l’internat aux conseils, y compris lorsque cela concerne l’internat. On parle de la participation de toute personne jugée d’un apport positif à un ordre du jour donné : cela aligne la position de l’adjoint d’éducation sur la position de consultation externe.

On parle de tâches que le conseiller d’éducation et autres responsables assignent à l’adjoint d’éducation, mais jamais de consulter ce dernier sur la préparation de l’ouverture de l’internat ni sur la moindre décision à prendre concernant l’internat ou les pensionnaires.

On parle de rotation des adjoints d’éducation en service d’internat. Le suivi est ainsi confié au cnseiller chargé de l’internat et non à l’adjoint d’éducation chargé de l’internat dont l’avis n’est nulle part pris en compte.

On parle de prérogatives de chaque responsable (directeur, censeur, conseiller d’éducation, gestionnaire) pour ce qui est de l’internat, mais on ne parle nulle de constat de la réunion des conditions pour le lancement de l’année scolaire en internat.

 

Déstabilisation et dévalorisation du corps des adjoints d’éducation

 

La démoralisation et l’humiliation des adjoints d’éducation semble être l’une des hobbies des responsables. Tout le monde sait que durant les dernières années du ministre Benbouzid, le bruit a couru que la fonction d’adjoint d’éducation était placée sur la voie d’extinction : la première mouture du statut particulier des travailleurs de l’éducation paru en 2008 le dit. Il semblait ainsi très clairement aux responsables que cette fonction était complètement superflue dans l’éducation et dans la gestion des établissements scolaires. Avec la révision de la grille nationale des salaires, les adjoints d’éducation étaient ramenés d’une catégoriee 11 à celle 07 sur l’échelle des salaires, accompagnée de la défalcation de cette catégorie du personnel pédagogique (2). Autrement dit, cela les ramène à deux catégories plus bas que celle, la 09, qui leur a été accordée par le décret 68-307 du 30 mai 1968 (JORADP n° 44 du 31 mai 1968) portant statut particulier des adjoints d’éducation des établissements d’enseignement que l’on peut visiter avec intérêt pour mesurer le sommet duquel ce corps professionnel a été poussé dans l’abime de l’invisibilité. Personne ne s’occupe de mesurer les retombées, toutes néfastes, de la dévalorisation de cette fonction tant sur les carrières du personnel, sur la stabilité de l’encadrement administratif  que le fonctionnement des établissements. Pour ce qui est de l’internat, il semble que l’on privilégie depuis que l’encadrement des internes soit confié à des pensionnaires, dits “maitres-élèves”. On fait ces dernières années plus sûrement recours à des personnes employées dans le cadre de l’ANEM, ce qui ne semble pas constituer une bizarrerie pour les responsables.

La gestion par la rumeur peut aussi avoir sa part dans l’atmosphère de travail. Les journaux disaient que le ministère avait l’intention de faire appel à une sorte de police des établissements scolaires, parait-il comme cela se pratiquerait aux USA. Dans un internat que je connais bien, la rumeur persiste depuis des années sur sur sa fermeture prochaine, parfois jointe à la rumeur de sa nécessaire fermeture si le nombre d’internes n’atteignait pas la cinquantaine : on n’en mesure ni les conséquences psychologiques, ni les retombées disciplinaires, ni l’empiètement sur le travail de l’encadrement de l’internat.

La non prise en charge réglementaire de l’organisation de l’internat et des spécificités de cette fonction et l’ignorance qui semble absolue de la pédagogie à développer en internat fait que le discours des responsables à l’endroit des pensionnaires est souvent en éffarant décalage vis-à-vis des objectifs de l’école publlique, des besoins socio-constructifs des pensionnaires et de l’environnement scolaire particulier qui correspond à l’espace-temps de l’internat. Lors des rares journées dites de formation organisées ces dernières décennies, la teneur, inconsistante, des programmes reflète la légereté avec laquelle on perçoit le travail de l’adjoint d’éducation généralement et celui chargé de l’internat particulièrement. Le contenu des instructions officielles successives portant tâches des adjoints d’éducation (puis des adjoints d’éducation principaux et des superviseurs de l’éducation) semble confirmer par leur démesure ce caractère d’ignorance généralisée de ce qui devrait être compris comme entrant dans le cadre pédagogique de cette fonction.

Empiètement sur l’intégrité morale et les libertés individuelles de l’adjoint d’éducation. Parce que les responsables semblent à une représentation déprécciative de l’adjoint d’éducation et de ses capacités intellectuelles, et parce que les spécifictés du travail en régime d’internat semblent leur être méconnues, il peut leur arriver d’empiéter sur les libertés citoyennes de l’adjoint d’éducation y compris en dehors de ses heures de travail. Ayant personnellement suivi mes études supérieures le long des cycles de licence et de master sans avoir besoin de la moindre autorisation, j’ai vu ma demande d’autorisation (bizarrement exigée par l’université) de poursuivre mon parcours universitaire en cursus doctoral tout bonnement ignorée et restée sans réponse. Accepter cette demande aurait été une simple formalité sans incidence sur le travail à l’internat puisque celui-ci signifie la liberté de disposer de moi-même en surface journée. Cela m’aurait permis de satisfaire au caprice bureaucraique des gens de l’enseignement supérieur. Et cela m’aurait davantgage motivé dans mon travail et honoré de la confince de mes responsables hiérarchiques. L’avoir refusé signifie au contraire que l’on s’est accaparé d’une partie de mon intégrité morale et que l’on a rogné sur mes libertés individuelles et citoyennes y compris en dehors de mes heures de travail.

Mais avec les fonctionnaires subalternes chargés de l’éducation, notamment en régime d’internat, l’histoire de l’ignorance et de la semi-réglementation continuera vraisemblablement d’entretenir des générations de fonctionnaires dévoué(e)s dans l’incompréhension, le doute, l’incertitude et dans les marges brumeuses de la société de l’éducation dans notre pays. À l’internat, on dirait ainsi que l’on ne s’offusque pas du fait qu’un ancien adjoint d’éducaion, d’abord promu adjoint d’éducation principal puis superviseur d’éducation continue d’occuper le même poste, dans les mêmes conditions, avec les mêmes prérogatives, des années successives durant. Nous disions que les dispositions réglementaires concernant ce corps de fonctionnaire est démesuré ; ce qu’on en fait dans la réalité est au contraire très souvent outrageusement réductionniste mais, dans un cas comme dans l’autre, cela demeure sans commune mesure avec la réalité du travail effectué, les conditions requises pour le faire, les résultats que l’on peut en attendre au vu des possibilités ouvertes par l’encadrement pédagogique en pension complète (3). C’est quand-même dommage car ce métier brimé et sous-estimé demeure par ailleurs usant mais aussi discrètement passionnant.

 Digressions par quelques notes :

(1) Aucun texte ne semble l’avoir amendé depuis sa parution en 1983. L’explication de cette “disparition” s’explique en partie du fait que la réflexion sur l’internat n’est jamais réellement pris soigneusement en charge : elle demeure largement dans les zones de l’impensé des responsables à tous les niveaux. On semble croire qu’il suffit de quelques traditions et de quelques conditions de vie pour qu’un internat fonctionne. L’expérience des adjoints d’éducation ayant travaillé en régime d’internat semble n’avoir jamais été sérieusement mise à profit. J’ai personnellement eu à vivre cette impression de travailler dans un “no-man’s-mind” éducatif. Même dans des situations terribles où un pensionnaire meurt au sein d’un internat, il a suffi que l’adjoint d’éducation chargé de l’internat soit absent au moment des faits pour que personne ne songe à recueillir son témoignage : ni responsables de l’éducation, ni enquêteurs du ministère de l’intérieur, ni magistrats du ministère de la justice. C’est peut-être l’une des formes les plus graves d’atteinte au moral d’un professionnel : lui faire sentir qu’il est incapable de penser et de dire son métier et que de toutes manières cela n’intéresse personne, qu’il est pour ainsi dire damné, intouchable, comme l’étaient les membres des sociétés anciennes travaillant de nuit ou la forge, entourés de mystères , voire suspects de pratiques incommunicables, de sorcellerie.

(2) Il a fallu la naissance salutaire d’un syndicat propre aux adjoints d’éducation et plusieurs années de lutte pour que les adjoints d’éducation en fonction soient reclassés à la catégorie 8 accompagné de la création du grade d’adjoint d’éducatioon principal, puis à la 10 avec la création du grade de superviseur de l’éducation. La majorité d’entre, déjà en retraite ou près de l’être, eux ne verront jamais ce déclassement collectif à ce jour non justifié réparé et eux réhabilités à la 11, car il leur faudrait travailler 07 ans de plus pour être “promu” superviseur principal de l’éducation.

(3) le carnet réservé aux lycées dans le bulletin officiel de l’éducation sépcial “enquête exhaustive” de décembre 2012 prévoit deux lignes pour ce qui est de l’internat. L’enquête cherche à savoir si l’établissement dispose d’un internat, si celui-ci est ouvert ou fermé, quelle sa capacité et celle du réfectoire ainsi que le nombre éventuel des bénéficiaires. Comme l’internat demeure en bonne partie à l’ombre des représentations que l’on a de l’école, on peut remarquer que l’enquête n’a pas prévu de questions relatives à la disponibilité d’une lingerie, d’un “foyer”, d’une salle de prière, de salles d’études adéquates ni des compartiments intérieurs propres à l’édifice autorisant l’internat : nombre de dortoirs (pour permettre la répartition selon l’âge et les niveaux scolaires) ou de chambres, toilettes, WC, chausserie, téléphone, internet, ces deux derniers services devant désormais équiper la salle (piaule) servant à accuellir de nuit l’adjoint d’éducation travaillant en internat. La circulaire-cadre n°880 du 9 mai relative à la rentrée scolaire 2016/2017 n’aborde nulle part l’internat en tant que tel. Les circulaires parues ces dernières années portant propositions de réèglement intérieur des établissements d’enseignement secondaire sont intéressants et l’auraient été davantage s’ils étaient plus clairement articulés aux propositions similaires concernant les projets d’établissements, voire avec une perspective actionnelle (des enseignements), mais eux-mêmes demeurent très peu suggestifs quant au contenu éventuel d’un réglement concernant le service d’internat dans les établissements.

Ces quelques observations qui peuvent très bien être beaucoup plus développées sont d’un superviseur de l’éducation que les textes régissant sa fonction semblent autoriser. Mais un travailleur a aussi besoin de se former une mémoire bio-professionnelle car elle ne peut pas ne pas faire partie de son vécu, de sa vie, de sa biographie.

Tahar Hamadache,

Le 11 mars 2017.

Lbeṛǧ n Bṭiṭṛa (Petra) yuɣal-ed, sleqlam n D. Lwiz

13 janvier 2015

Amezry n iban-ed ! Rnu, s tmaziɣt a mḥaynek ! I txeddem Dihya Lwiz !

 L'auteure sur le site de Petra
« Amezruy lberj n Petra iɣef i d-yella waṭas n unadi ama seg tama n yimusnawen izzayriyen neɣ ibeṛṛaniyen akken ad d- skeflen ayen i d-yeḍran deg lbeṛj-ayi. Aneggaru-ya yettunbder-d aṭas deg yidlisen n umezruy, acu kan ur ẓṛin ara anda i d-yezga. Imnadiyen ufan yakan kra n tɣawsiwin i yettuɣalen yer Iqeṛn wis 4 seld tlalit n Σisa, deg umkan iwumi semman Mlaku, deg Sedduq -Bgayet. Taɣawsa tamezwarut î y ufan deg useggas n 1900, d tablaḍt tettwaru s tlaṭinit, akken i d-ibeyyen umusnaw S. Gsell Tablaṭ-a tres ass-a deg usalay ayelnaw n Lezzayer tamanaɣt. » (Chapeau de l’article de Dihya Lwiz, La Cité du lundi 12 janγier 2015, édition spéciale Yennayer, entièrement en tamazight, p.12)
D. Lwiz, "Lbeṛǧ n Petra yuɣal-ed !"

D. Lwiz, « Lbeṛǧ n Petra yuɣal-ed ! »

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