Archive pour avril 2008

Les Printemps berbères. Le temps des bilans. Par Salma Boukir

Vendredi 25 avril 2008

Les Printemps berbères. Le temps des bilans. Par Salma Boukir

Paris le 20 avril 2008

Je ne regrette pas d’avoir répondu à l’invitation de l’association « La maison de l’Algérie » pour la commémoration de l’anniversaire du Printemps berbère.

Il faut dire que les associations à Paris et ailleurs à cette occasion ne manquent pas d’idées. Entre galas, rassemblements et projection de films l’émigration a l’embarras du choix.
A vrai dire c’est l’intitulé même de cette rencontre qui m’a décidé : ” Revendications et cheminement du mouvement berbère : Regards critiques près de 30 ans après le printemps berbère en Algérie ».
[...] la rencontre peut débuter. Présentation  des deux conférenciers par Ali Guenoun. Ahcène TALEB, ancien du groupe Tafsut et militant FFS, et Abbès HAMADENE, lycéen à Tizi et militant d’extrême gauche.

Pour accéder au texte intégral, veuillez vous rendre à ce lien : http://satefdz. unblog.fr/ 2008/04/25/ les-printemps- berberes- le-temps- des-bilans- par-salma- boukir/

La diffusion de ce texte est libre, avec ou sans la citation de la source. Cordialement,

Tahar Hamadache.

Les élèves d’Akbou empêchés de célébrer le 20 avril. Déclaration de l’Association « TIDMI » des enseignants de tamazight de la wilaya de Béjaïa

Dimanche 20 avril 2008

 

Association des enseignants de tamazight de la wilaya de Béjaïa « TIDMI »

DECLARATION

Nous, association TIDMI de la wilaya de Béjaïa, avons appris avec regret l’annulation des activités culturelles pour la commémoration du 28ème anniversaire de « tafsut imazighen » au niveau des CEM d’Akbou et la libération des élèves à compter du samedi 19.04.2008 à partir de midi par certains chefs d’établissements zélés.
Des directeurs se sont concertés, soi-disant, sous le cadre d’une coordination des chefs d’établissements. Tant mieux pour ‘éducation nationale, surtout lorsqu’il s’agit de la fermeture des établissements et e renvoi des élèves…
Depuis son introduction dans le système éducatif, Tamazight ne cesse de défraîchir le terrain et gagner sa place au niveau de l’institution éducative ; la dernière en date fût son introduction au BEM en juin 2007.
Les pionniers de cette matière langue et culture se considèrent toujours militants, prêts à se sacrifier pour l’épanouissement et le développement de tamazight.
L’association, par le biais des enseignants, avait préparé pour ce 28ème anniversaire de tafsut imazighen un programme riche au niveau de tous les établissements où cet enseignement existe.
Un engouement et une volonté de fer se sont vus naître chez nos élèves, lors des préparations de la mémoration cette date symbole de lutte pacifique pour notre identité, en sacrifiant leurs demi-journées des lundis et jeudis en collaboration de leurs enseignants de tamazight.
Hélas ! Ce rêve s’est brisé par une décision d’une coordination des chefs d’établissements d’Akbou ; faisant de ce 28ème anniversaire une journée de grève décidée unilatéralement par les directeurs des CEM d’Akbou.
La Direction de l’éducation de notre wilaya, selon nos informations, n’avait donné aucune instruction dans ce sens.
Et au moment où l’état algérien favorise l’épanouissement de tamazight dans toutes ses dimensions, des directeurs travaillent pour casser cette dynamique.
Nous déclinons toute responsabilité des résultats qui découleront de cette décision irresponsable.

Akbou, le 19 avril 2008.
Le président

H. HADJOU

Tighri n wegraw i yedles d tugdut. RCD : appel à la marche le 20 avril 2008

Samedi 19 avril 2008

tirinrcdibrir2008.jpg Tighri n wegraw i yedles d tugdut. S tmazi&t.

rcdappelavril2008.jpg Pour qui ne sait lire tamazight qu’en français, téléchargez ici emoticone

 

l’APC a demandé à ce que les héritiers Benali Cherif suspendent les ventes de terrains aux particuliers

Samedi 19 avril 2008

Une question, s’il vous plait : A QUI ?

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http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=92163
Edition du 19 avril 2008 > Kabylie info 

Akbou : L’APC dénonce le blocage de l’administration  Les 11 élus de l’APC d’Akbou ont tenu une assemblée générale extraordinaire publique le 6 avril à la salle des délibérations de la municipalité pour dénoncer le blocage dont pâtit l’APC et pour étudier la demande de démission du P/APC.Celui-ci a motivé sa demande de démission par les difficultés inextricables qui lui compliquent la tâche. « Je ne peux continuer à travailler dans un environnement aussi hostile. Je cite à titre d’exemple le problème de recasement des habitants de la cité GMS qui a trop duré en raison de la mauvaise volonté des pouvoirs publics. De même le calvaire qu’endurent les résidents des cités d’habitations précaires, telles les cités Stade, Le piton, Bouimchache qui ne me laissent pas indifférent. Aussi, dans le souci d’éviter le scénario qui consiste à engager un bras de fer avec les pouvoirs publics préjudiciable à la population, j’ai décidé par acquit de conscience de me retirer de la gestion des affaires de la collectivité », confie à l’auditoire, sans euphémisme, le P/APC, Bensebaâ Abderahmane. Intervenant à son tour, l’élu du RND, Hamidouche Rachid, a laissé entendre que les difficultés et les problèmes sont l’apanage de tout élu responsable. Les élus du FLN, FFS et RCD ont abondé dans le même sens. Ils ont tous convenu qu’ils ne doivent en aucun cas se laisser gagner par le découragement. Les griefs retenus contre l’administration ont trait à la non-approbation du budget primitif déposé depuis le 23 février dernier et au statu-quo généré par les litiges avec des résidents vouées à l’éradication, telles les cités du Stade et la cité Alcovel, le marasme économique et social de la commune et la problématique du foncier. A noter qu’en ce qui concerne ce dernier point, l’APC a demandé à ce que les héritiers Benali Cherif suspendent les ventes de terrains aux particuliers. Aussi, les pouvoirs publics sont-ils interpellés pour faire primer l’intérêt général. Après ce déballage, sur l’insistance des élus et des citoyens, le P/APC, élu sur la liste des indépendants, est revenu sur sa décision de démission. Cependant, les élus se sont déclarés à la quasi-unanimité prêts à s’en remettre à la population en cas de nécessité absolue. Cette sortie spontanée a été accueillie favorablement par la population, avide de connaître ce qui entrave le développement local.

Takerabet Mokrane

Le Printemps berbère, 28ème année après. Quelques ilots de débat. « Sser, ma drus » !

Jeudi 17 avril 2008

 SOUMMAM.UNBLOG appelle tout le monde à faire connaître toutes les conférences publiques, tables rondes et prises de parole programmées ou qui ont lieu, aussi bien dans les villes que dans les villages les plus reculés, à l’initiative de partis politiques, d’associations culturelles locales, nationales ou estudiantines, dans les lycées et collèges. De la discussion, si elle est suffisamment diffusée, peut jaillir la lumière.

http://www.lecourrier-dalgerie.com/papiers/kabylie.html#5 édition du 17 Avril 2008 n°1248

[A Tazmalt,] un meeting populaire [est prévu par le FFS] le 17 avril au sein de la maison de jeunes sur le thème du 20 avril. La rencontre populaire sera animée selon nos sources par Moussa Tamadartaza, secrétaire national chargé de la formation politique qui sera secondé par le maire de la ville Amara Bouzid et Khaled Tazaghart une figure de proue parmi les militants les plus engagés sur le terrain politique au niveau local et qui est aussi membre du conseil national du FFS. [Selon EL Khabar de ce jeudi, toute une série de meetings sont prévus par la direction nationale du FFS en vue de rouvrir le débat public au sujet de multiples dossiers de teneur politique, notamment les libertés publiques et syndicales, la révision de la constitution, la situation sécuritaire, les décisions prises par le gouvernement en matière d’emploi, en coïncidence avec la double commémoration du printemps 1980 et des événements de 2001. Ces meetings sont prévus, en plus de Tazmalt, à Ouzellaguen, à Tadmait et à Beni Ourtilane].

 

http://www.lejourdalgerie.com/Editions/170408/Rubriques/Region.htm#1

le Dr Sadi sera  présent à Béjaïa demain pour animer un meeting à la maison de la culture, dans la matinée. Le parti de Saïd Sadi a appelé dans le même sillage la population, ses militants et ses sympathisants pour participer à la  marche populaire qui sera organisée dimanche 20 avril. Dans son appel, le RCD a estimé que «l’Algérie démocratique doit à avril 1980 la réhabilitation de son identité, le pluralisme politique et syndical et la promotion des droits de l’homme». «Ces conquêtes», observe-t-il, «sont des acquis et des messages, et il revient au citoyen,  de les protéger». Le RCD estime aussi que «les difficultés conjoncturelles ne doivent pas nous décourager, elles exigent de chacun de nous plus de vigilance, de dévouement et de détermination».

Par Tarek B.S. 

 

http://www.latribune-online.com Jeudi 17 Avril 2008

Sous le patronage du président de l’APW, [...] deux journées thématiques que les initiateurs de ces festivités ont programmées pour les 21 et 22 avril prochains à l’auditorium de l’université de Tizi Ouzou. Sous le thème «l’amazighité aujourd’hui, bilan et perspectives», ces deux journées thématiques auront la forme d’une série de tables rondes auxquelles participeront des militants de l’amazighité et des spécialistes de tamazight, culture et linguistique. C’est ainsi que, lors de la première journée, il sera question de «tamazight dans les médias et l’environnement» et «tamazight dans les institutions, quelle reconnaissance juridique ?», alors que ceux qui y assisteront, lors de la seconde journée, auront droit à deux autres thèmes, à savoir «l’enseignement de tamazight, quel bilan ?» et «le rôle du MCB dans le combat pour les libertés démocratiques en Algérie».
[...] c’est l’association des enseignants de tamazight de la wilaya de Tizi Ouzou qui lui [feu Rachid ALLICHE] rendra hommage les 19 et 20 avril prochains, par le biais d’une table ronde qui sera animée par des enseignants de tamazight, des universitaires, des animateurs de la Chaîne II de la radio nationale, des écrivains ainsi que la sœur de l’écrivain disparu.
La maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou abritera également, et dans le cadre de la commémoration du 28ème anniversaire du Printemps berbère, une table ronde et des témoignages sur les événements d’avril 1980 avec la participation de M. et Mme Ahmed Zaïd, Saïd Boukhari et Mourad Belouachrani (du groupe Debza).

 

http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=92130

le président du parti [Sadi SADI, RCD] à tenir aujourd’hui à 14h une conférence-débat à l’institut hotelier (ITHT) de Tizi Ouzou, intitulée « Avril 80, genèse, expression, perception et évolution ».
Cet après-midi, Abdenour Ali Yahia, président d’honneur de la LADDAH [En compagnie de Me BOUCHACHI], animera une conférence sur la question des droits de l’homme dans le monde et son articulation sur l’Algérie.

28e anniversaire du 20 avril. Agraw et Ideflawen à Montréal. Compte-rendu lumineux de Djamila ADDAR

Lundi 14 avril 2008

Ali Ideflawen et Boujema Agraw

De la classe, du talent et de l’engagement

Waw!

Il y a des ces moments artistiques qu’on n’oublie pas de si tôt. En effet, cette soirée  du 12 avril 2008, à la salle Le château de Montréal, a été rehaussée par deux grands artistes de la chanson kabyle qui sont venus spécialement d’Algérie pour commémorer le 28ème anniversaire du printemps berbère. Ils  ont été à la hauteur de l’évènement et des attentes d’un public connaisseur et combien même discipliné. Le spectacle a commencé par une minute de silence à la mémoire de toutes les victimes du printemps de 80 et du printemps noir  de Kabylie notamment. La nouvelle troupe Numydia, encadrée par la charmante et dynamique Mekioussa Kebab a marqué ce 28ème anniversaire du printemps berbère par des chorégraphies sobres et solennelles inspirées des chanteurs du feu Matoub Lounès. Dans ses deux chansons ‘’ Yahzen Oued Aissi » et ‘’Waka m d issawlen », Matoub signe et  persiste que Tamazight doit être au cœur de l’éducation de nos enfants pour assurer la relève digne de tous les sacrifices consentis par des femmes et des hommes amazighs pour que leur identité demeure la colonne vertébrale de leur existence en tant que peuple fier et souverain. Les filles de Numydia, Lynda, Lydia,Sonia Behtani, Ludmila Kebab, Mersel Fella, Mélissa Feddak, âgées de 15 à 17 ans, ont incarné magistralement la douleur de la mémoire collective d’un peuple malmenée par les oppressions des pouvoirs politico-militaires et aussi par les trahisons multiples des Kabyles de service. C’était très beau de voir leurs parents, Kebab, Behtani Djelloul, Mersel et Feddak les accompagner, les filmer et les soutenir dans cette noble entreprise qui est de représenter les couleurs profonde de la Kabylie.

Dans le même ordre d’idée, un vibrant hommage a été rendu au grand écrivain, animateur de radio et pédagogue feu Rachid Alliche qui nous a quittés récemment. Toute la salle s’est mise debout pour applaudir la contribution d’un génie. L’artiste et animateur Mdjahed Hamid, lors de mon échange avec lui sur le défunt,  a si bien résumé le portrait d’un homme pas comme les autres : « Rachid est un grand Ami que j’ai toujours respecté pour son sérieux. En ce qui concerne sa contribution à la chaîne II, il a beaucoup fait pour nos enfants dans le domaine de l’apprentissage de la langue Kabyle d’une manière pédagogique et traditionnelle. Aussi, il reste le précurseur des cours magistraux de la langue Amazighe qu’il a donnés à la Radio. Je le considère comme une Elite, un intellectuel ».

Après l’excellente prestation de la troupe de danse Numydia, c’est au tour du jeune Fouad Yalaoui de faire vibrer la salle par quelques chansons style Takfarinas. Les organisateurs du KSP, Mouloud Kacher, Mourad Itim et Said Lahcène, ont tenu à donner la chance aux talents berbères de Montréal de se faire connaître. Cette artiste a su saisir cette opportunité pour se faire connaître et apprécier par le public en l’espace d’une vingtaine de minutes. Un pari réussi.  Enfin arrive le moment tant attendu par le public : l’entrée en scène des artistes qui ont marqué le paysage artistique algérien.

 

Le premier c’est Boudjema Agraw. Il entre sur scène et annonce l’essentiel du message véhiculé par ses chansons : « Vous allez écouter des chansons politico-sociales », dira-t-il au public avec beaucoup de modestie. Modeste, il l’est cet artiste engagé dans la cause d’un peuple rongé par toutes sortes de corruptions. Il a dénoncé la pauvreté et les écarts entre les classes sociales qui ne cessent de s’amplifier. En reprenant la musique du domaine public de la chanson El Assima de Meskoud, il a écrit et chanté un texte sur l’opulence des habitants de Hydra, ce quartier chic d’Alger qui symbolise un monde parallèle d’une Algérie matérialiste et indifférente aux drames des autres couches sociales qui la composent. Il a également rendu hommage aux habitants d’El Harrach qui sont très affectés par la crise économique. Les  bourgeois de Hydra ont tout, les autres presque rien. Aussi, Boudjema n’a pas omis de rappeler à son auditoire l’importance de scander l’identité amazighe partout et tout le temps. Pour souligner cela, il a chanté la chanson de Matoub dans laquelle il dénonçait le gendarme qui l’avait criblé de balle en 1988 en Kabylie. À l’issue d’un contenu engagé et très à gauche, Boudjema a souligné que : «  Avant d’être amazighs, nous sommes d’abord des êtres humains avec nos peines, nos rêves et cette envie de faire la fête ». Il a donc chanté une chanson rythmée pour faire oublier au public, le temps d’un spectacle, les soucis du quotidien.

Le deuxième, c’est Ali Idefalwen. Il a été présenté brièvement par son parolier Lhacène Ziani. Avec sa guitare à la main, Ali entre sur scène avec un sourire et une assurance qui en dit long sur le parcours professionnel de l’artiste. Une bonne partie de son répertoire a fait le bonheur du public connaisseur et nostalgique. Les thèmes comme la langue amazighe, les injustices politico-sociales, la vie et l’amour sont passés au crible. La femme a été à l’honneur grâce à la brillante et légendaire chanson écrite par Lhacène Ziani et magistralement interprétée par Ali ‘’Tilemzit », la Femme. Deux hommes ont su dresser un tableau presque réel du voyage de vie de la femme kabyle. De sa tendre enfance à son âge avancé, la femme kabyle doit faire passer les valeurs ancestrales avant ses rêves de femme. Elle porte le fardeau de l’honneur, de l’éducation et même celui des soucis économiques pour maintenir le foyer debout et par ricochet le destin de tout un peuple. Elle est en fait comme dirait feu Slimane Azem, le pilier de la maison berbère. Toute une responsabilité qui l’attend avant même sa naissance. En effet, dès qu’elle vient au monde, on la prépare à cette tâche ardue sans se soucier de ce qu’elle veut elle ou de ses droits fondamentaux d’être humain et surtout de femme. Ali a aussi rendu hommage au chanteur Ferhat en interprétant Berouaguia, cette fameuse prison algérienne qui a pris les belles années de la jeunesse militante berbère. Vers la fin, la voix de Ideflawen a bercé l’assistance avec la chanson chaabi de Hssissen ‘’Ya tir El qafs ». Ce genre musical d’Alger était un très beau voyage dans l’âme des artistes comme El  Anka, Ammar Ezzahi et tant d’autres qui ont chanté en arabe populaire algérois et en berbère le cri d’un peuple qui aspire à un monde meilleur.  

La conclusion de la soirée a été émouvante. Tous les artistes Ali, Boudjemaa, Fouad Yalaoui et les musiciens Samir et Farid Harfi, Kamel, Said Lahcène, Mourad Itim, ont chanté ensemble la chanson de Matoub ‘’ Eslaav-itt ay avehri) ». Espérons que ces deux artistes hors pair reviennent encore à Montréal pour le grand bonheur de leurs fans et de la culture berbère profonde. L’animatrice Mekioussa Kebab n’a pas manqué de remercier toutes les personnes  qui ont contribué au succès de l’évènement. Elle a également  annoncé la commémoration du printemps par le CAM qui aura lieu le 19 avril à Montréal.  En attendant, le KSP a déjà programmé un autre artiste Mohamed Allaoua pour le 10 mai prochain à la même salle.

Djamila Addar
13 avril 2008.

RN26. Accidents de la route. Thanoudha endeuillée et en colère

Vendredi 4 avril 2008

imgp47581.jpgimgp47591.jpgimgp47611.jpgimgp47621.jpgTouchés à vif par la disparition tragique du jeune Kerdjadj Farid, les habitants du village Thanoudha ont occupé la route nationale 26, dans la soirée d’hier, jusque vers vingt heures.

Le défunt, âgé de treize ans, allait rejoindre ses copains sur un terrain de jeu, de fortune, situé sur la rive de l’Oued Mazouz, quand il fut fauché par un véhicule roulant à vive allure. Outre la fréquence des accidents de la route sur ce tronçon réputé dangereux, situé après la zone industrielle d’Akbou en allant vers Béjaia, le petit village de Tanuda a enregistré, hier après midi, la huitième victime depuis l’ouverture de la déviation de l’ancien tracé de la RN26 à cet endroit.

Le village Tanuda est ainsi enserré entre l’ancienne RN26, toujours fonctionnelle qui le frôle à l’ouest et le sépare du cimetière commun avec le village de Lazib dit « Benaly-Cherif », le nouveau passage de la RN26 à l’est, et l’Oued Mazouz qui le sépare du village voisin, Lazib dit « Benaly-Cherif ». Avec l’immense enceinte de l’entrepot, construite par un entrepreneur consécutivement aux ventes à tour de main à lesquelles se livrent les héritiers Benaly-Cherif depuis ce qui est appelé « restitution » par la wilaya de Béjaia, sur les terres de l’ancien domaine agricole autogéré « Akoul Ali », le village de Tanuda semble à la fois cloîtré et  perdu. Car les écoliers de ce village sont, notamment en période de crue, bien obligés d’emprunter l’un des tracés (l’ancien ou le nouveau) de la Route nationale pour rejoindre l’école primaire construite au nord-est du village Lazib voisin : il n’y a pas de pont entre les deux. Avant quelques années et au bout d’une action de protestation sur les dangers que représente la RN26 pour les écoliers de ces deux villages quant ils devaient se rendre à l’école primaire « Ibelaiden Fatima » sise dans le troisième village voisin, Tala n Teslent dit Lazib-Taslent, un tunnel a été aménagé comme passage piéton sous la RN26 ; sauf que ce passage se situe au niveau de Lazib dit Benaly-Cherif et que les enfants de Tanuda étudient dans la nouvelle école de Lazib.

Tanuda est un village issu d’un centre de regroupement colonial, mis en place par l’armée française en 1957 : il regroupait à l’origine des familles de plusieurs villages des communes actuelles d’Ouzellaguen et de Chellata. A l’indépendance, ils y sont maintenus, leurs villages étant anéantis par les bombardements de l’armée française et d’autres ouvriers agricoles, venus du Hodna, s’y sont installés, formant une communauté d’ouvriers agricoles. De l’indépendance à aujourd’hui, les familles se sont élargies et l’espace devenait exsangue, pendant que la raison d’être de ce village, et ceux alentour, semble être perdue, surtout depuis le fameux arrêté dit de restitution, décidé par la wilaya de Béjaïa en faveur des descendants de l’ancien Caïd Benaly-Cherif qui font vite de vendre ce don de l’administration au mètre carré, bientôt transformés en murs de béton.

C’est dans ce contexte que l’action de protestation d’hier, jeudi 03 avril 2008, est venue. Ils ont exigé avant tout la mise en place de sleep-policemen, autrement dit de dos d’âne, pour inviter les automobilistes à observer les règles de conduite en zones habitées, notamment sur le tronçon qui relie les villages Tanuda, Lazib et Tala n Teslent. L’occupation de la route a été levée aussitôt que le chef de Daira est venu sur les lieux et a solennellement promis d’agir pour juguler la catastrophe routière pour laquelle cet endroit est réputé. Les habitants ont remarqué l’absence d’autres responsables, à les entendre plus attendus quoique vainement.

Tahar Hamadache.