Archive pour mai 2008

Naegelen Gouverneur d’Algérie dans La Soummam (Lazib, Akbou) en mars 1950

Dimanche 25 mai 2008

VISITE DU GOUVERNEUR NAEGELEN AUX SOURCES D’EAU CHAUDE D’HAMMAN MESKOUTINE

Les Actualités Françaises
AF – 09/03/1950 – 00h01m49s

http://www.ina. fr/archivespourt ous/index. php?vue=notice&id_notice=AFE020148 25 Use : QuickTime Player

(Petite longueur)
- Vues générales des sources chaudes d’HAMMAN MESKOUTINE dans le constantinois (plusieurs plans)
- Monsieur NAEGELEN accompagné de personnalités s’intéresse aux sources
- Arrivée du gouverneur général à PHILIPPEVILLE qui défile devant les troupes
- PP des troupes portant le drapeau. Le cortège défile
- PG de la mairie de PHILIPPEVILLE avec foule et personnalités pendant la remise de la Croix de guerre par le gouverneur général NAEGELEN
- Foule. Défilé des troupes devant les personnalités
- Très GPP du gouverneur général NAEGELEN saluant
- Suite du défilé militaire

(Grande longueur)
- Vues générales des sources chaudes d’HAMMAN MESKOUTINE (plusieurs plans)
- Le gouverneur et sa suite devant les sources chaudes et passages à travers les sources chaudes. Arrivée du cortège officiel à PHILIPPEVILLE devant les troupes
- GPP d’un soldat rendant les honneurs
- Vue générale de la cérémonie de la remise de la Croix le Guerre. 2 petits garçons tenant le cousin avec la croix de guerre et PP
- Foule travelling
- Défilé militaire à travers les rues de la ville et devant la mairie de PHILIPPEVILLE et devant personnalités
- Très GPP de monsieur NAEGELEN saluant
- Défilé des anciens combattants
- GPP d’un notable arabe portant des lunettes noires et une forte moustache
- Suite du défile des anciens combattants
- Vue générale de DJIDJELLI
- Arrivée de monsieur NAEGELEN et présentation de chefs arabes au gouverneur
- Vue générale de la Mairie
- Remise de la croix de guerre à la ville par le gouverneur général NAEGELEN. Le cousin avec armoiries de DJIDJELLI avec croix de guerre et très GPP du coussin
- Arrivée du cortège officiel à L’Azib men ALI CHERIF avec vue panoramique et salve de fusils. Le gouverneur descend de sa voiture et est accueilli par les autorités, salut aux troupes.
- Le gouverneur général NAEGELEN serre la main de Bachaga BEN ALI CHERIF en grande tenue et d’autres personnalités.
- Monsieur NAEGELEN décore le Bachaga BEN ALI CHERIF, accolade et GPP du Bachaga BEN ALI CHERIF saluant.

LA SEMAINE EN AFRIQUE DU NORD

Les actualités françaises

Le commentaire parlé y dit (transcription rapide) : « En voyage d’inspection dans la Constantinois , M. le ministre Naegelen Gouverneur général d’Algérie […]

Le voyage du Gouverneur général devait prendre fin dans la vallée de la Soummam où le recevait le bachagha Si Mohammed Benalycherif. Après avoir été présenté aux autorités, M. Naegelen remettait au Bachagha l’insigne de grande croix de la légion d’honneur, récompense méritée pour une vie toute entière passée au service de la France et de l’Algérie » (Extrait).

© 2007 Institut national de l’Audiovisuel  www.ina.fr

Shamy Chemini, co-fondateur du groupe Les Abranis, présente

Lundi 19 mai 2008

afficheshamy1.jpgAprès la sortie du « Dictionnaire des noms et prénoms berbères », 6 livres de « Contes Kabyles » bilingues : tamazight et français, édités chez Sybous et L’Odyssée de Tizi-Ouzou en France et en Algérie,

Shamy, artiste, écrivain, membre co-fondateur du groupe Les Abranis, revient avec une série de conférences consacrée à la transmission «de l’oralité à l’écriture» accompagnées de la présentation – projection de son film « Messages kabyles » (co-réalisé avec Nadia Dalal), conférences et présentations qui seront suivies d’une vente dédicace de ses œuvres. 

Il sera à Bouira, salle Irrich le 22 mai, à 14h30 ; à Tizi Ouzou, maison de la Culture Mouloud Mammeri le 29 mai, à la même heure. Béjaïa l’accueillera à la Maison de la culture Taos-Amrouche Le 05 juin prochain.

En Pièce Jointe téléchargeable, l’affiche officielle des prochaines prestations de SHAMY en Algérie.

Son site     :  www.lesabranis.net
son e-mail  : shamy@laposte.net 

la criminalité coloniale :des djebels constantinois et oranais au massif du hoggar quelles voies d’actions contre l’impunité ? Par Zahia eM. Gonon

Mercredi 7 mai 2008

   la criminalité coloniale :
des djebels constantinois et oranais au massif du hoggar
quelles voies d’actions contre l’impunité ?

Par : zahia eM. Gonon

Tous les colloques et études relatifs à la date emblématique du 8-mai-1945 pourraient être ainsi sous-titrés.

Quand on balaie le panoramique de la succession des faits ayant abouti aux Accords du 18 mars 1962, la continuité du duel résistance/répression surlignée de phases cycliques aiguës, n’a pas connu de répit, depuis 1830. Les théoriciens des armées et administrations d’occupation, qui n’étaient tout de même pas des débiles profonds, parlaient de guerre ininterrompue qui dura donc plus de cent ans.
Le 8-mai-1945, dont les sources sont nationales et internationales, sonne le glas ‘’des intérêts de la France sur ce territoire ». Le 1er-novembre-1954 n’en étant que la suite logique, en fait il donne le la de l’agonie de l’Algérie française. D’ailleurs, cette appellation est tardive dans le vocabulaire coutumier colonial qui lui préférait
colonie française.
Il semble opportun, aujourd’hui, d’explorer des axes de recherche dans le but principal de judiciariser des faits que des auteurs, politiques, universitaires ou romanciers s’entêtent à évoquer pudiquement sous les termes massacres ou évènements.
Auparavant, quelques traits rapides vont utilement rappeler la vocation militariste et hégémoniste de la doctrine coloniale, post et pré 8-mai-1945.

dans l’algérie sous occupation coloniale, il n’y eut jamais de pouvoir civil.

La République proclamée à la chute du 2nd Empire à Sedan, en septembre 1870, va affecter, par une loi de juillet 1873, un corps d’armée commun à l’Algérie et la Tunisie. Ce sera le 19e qui sévira jusqu’à la débâcle de l’armée sur la Meuse, en juin 1940. D’ailleurs, sur ce front se trouvaient de nombreux gradés qui tenteront de prendre une revanche en Indochine d’abord, puis en Algérie.
La IIIe République, installée en 1875, va dépêcher des corps expéditionnaires sur plusieurs continents au nom de la mission civilisatrice et de sa fallacieuse devise qui vous a été rappelée récemment : le Ier Empire avait tenté de franciser l’Europe, elle, va franciser l’Algérie.
En août 1898, un décret investit le gouverneur général des attributions militaires : il lui donne autorité sur les commandants en chef du 19e corps et de la marine. En temps de paix, comme en temps de guerre, il est le seul responsable des mesures pour la défense et la sécurité de la colonie.
Suivirent les lois de 1906, 1922, puis de 1934 qui lui adjuge le commandement aérien ‘’couvrant l’Afrique du Nord, concernant la participation des forces aériennes aux opérations de police, de sécurité intérieure, de pacification et de pénétration saharienne entreprise sur le territoire de l’Algérie ». (Décret JO. 18 avril 1934).

Côté justice, l’armée exerce un contrôle sur les tribunaux indigènes et les conseils de guerre constituent le régime pénal, autrement dit, ils sont les ancêtres des TPFA. Les cours criminelles séparées restent en vigueur jusqu’en 1940, et sont justifiées par ‘’les nécessités de l’occupation et la sécurité de l’occupant ».
A remarquer que les festivités du Centenaire avaient un peu présumé de la qualité française de l’Algérie ; mais aussi, une décennie plus tard, ironie de l’Histoire ou justice immanente, la République à soldats va expirer dans les bras d’un  maréchal vaincu. Le Président du Conseil P. Reynaud, en larmes sur les ondes, rassurait alors ses compatriotes fuyant devant l’avancée des troupes allemandes en leur précisant que
‘’les Allemands ne sont tout de même pas des Sarazins ».
Alger va devenir le théâtre de furieux et troubles enjeux : le 19e Corps d’armée va collaborer avec Vichy, cependant création du Comité français pour la libération nationale.
Puis se succédèrent quelques assassinats surprenants (Giraud, J. Moulin, J. Zay, G. Mendel), ce qui laissera place nette à de Gaulle, à la tête du gouvernement provisoire de la république française, en juin 1944,  après qu’il ait marqué un point de plus en exécutant P. Pucheu, ministre de l’Intérieur de Pétain, pourtant rallié à Alger. D’autres collaborateurs notoires auront plus de chance, comme R. Léonard, par exemple, futur gouverneur général, qui n’a quitté l’administration de Vichy qu’en juin 1944.

Il semble évident que la sanglante et massive répression dans le Constantinois a été planifiée à cette date : Y. Chataigneau  a été rappelé de Kaboul, le poste avancé pour l’observation de l’URSS, pour être nommé gouverneur général, avant le départ pour Paris du gouvernement provisoire, en septembre 1944. E. Naegelen qui prit sa suite, en 1948, écrit avoir trouvé sur son bureau des instructions de son prédécesseur concernant les exécutions sommaires.

De Gaulle, méprisé lors des entrevues des Conférence de l’Atlantique et de Téhéran entre Roosevelt et Staline, tente de prouver que la France, humiliée par sa défaite éclair dans un conflit régulier, peut se prévaloir d’une position prépondérante en Méditerranée : il va pouvoir se pousser du col sur un siège de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies.

Le statut de l’Algérie de 1947, en créant la fameuse Assemblée algérienne pour prendre la place des délégations financières, va être en réalité l’habillage civil de la 10e Région militaire.
A son état-major vont se retrouver tous ceux qui ont signé l’ordre de bataille du 8 mai 1945. Un secrétariat permanent de la défense nationale est crée pour assister le gouverneur général. Le cabinet civil n’a plus qu’une compétence résiduelle sur des dossiers auxquels le cabinet militaire  ne trouve pas d’intérêt. On verra par exemple dans les dossiers de recours en grâce des condamnés à mort que c’est le cabinet militaire qui rend la décision. Les autres avis sont de pure forme.
Un maillage plus serré par la mise en place de divisions et subdivisions va parcourir l’étendue du territoire, embryons destinés à coiffer le théâtre d’opérations en Afrique française du nord si un conflit venait à éclater en Europe, venant de l’Est. La France se préparait à s’installer dans la guerre contre l’URSS… et les Algériens.
Les Algériens, le deuil amorti, commencent le tissage des réseaux de la clandestinité, avec l’innovation de la guerre subversive qui revisite les classiques de la guérilla ancestrale.

Un décret de 1953 réorganise la justice militaire en multipliant les sièges des TPFA. Les barreaux d’Alger, d’Oran, de Constantine voient l’arrivée de la génération d’avocats algériens qui constitueront les collectifs de défense.
Entre 1947 et 1954 la vie va s’écouler d’un trait pour la population. Les braises couvaient sous la cendre, les regards étaient lourds, brûlants, tout se communiquait d’un simple clin d’oeil. Les voyages vers des destinations extérieures se multipliaient : vers la métropole, les autres pays du Maghreb et du Machrek. Les enfants, dans leurs jeux se chuchotaient entre eux : ‘‘nous allons sortir les vainqueurs » (nissara). Les orphelins qui avaient dix ans en 1945, approchaient la vingtaine.
A Guelma, la nouvelle de Dien Bien Phû s’est répandue comme une traînée de poudre dans les cours intérieures des maisons, le matin du 8 mai 1954.
Les exécutifs successifs de la IVe République, après le 8-mai-1945, croyaient-ils vraiment à un iota de chance du maintien de l’Algérie sous occupation ?
Les pièces et documents établis par les états-majors, accessibles aujourd’hui, administrent la preuve irréfragable que les Algériens n’ont cessé de lutter pour la libération de leur patrie.

Le 8-mai-1945 n’est pas un épiphénomène isolé au bout d’un siècle d’occupation.

Il s’inscrit dans la pratique coutumière de la pression par l’effusion de sang pour obtenir une rémission des mouvements de revendications : ‘’nous visions l’Algérie à sa jeunesse pour couper les chances au conflit de redémarrer dans les dix ans ». (Pierre Nora)
Son retentissement et son ampleur tiennent à sa date et au contexte international. Auparavant, le corps expéditionnaire avait perpétré de tels faits, de façon récurrente, au niveau d’un ou d’un groupe de douars, qui n’avaient pas connu une telle résonance, les moyens de communications étant autres.
Le gouvernement provisoire, avec de Gaulle et des ministres communistes, annonçait sans équivoque l’option choisie face à toute tentative de revendications.
La IVe, née sur ce carnage, va voter tout un chapelet de lois d’exception accordant toute licence à l’armée qui va investir la gestion du civil, de l’administratif, faire la police, rendre la justice, ce qui revient à l’abrogation de fait du principe de la séparation des pouvoirs, hérité de la Révolution de 1789 : le ministre Debré proclamera
‘’la collaboration des pouvoirs ».
Le 13 mai 1958, à Alger, elle subira le dernier outrage sous les assauts d’un quarteron de généraux qui n’étaient pas encore à la retraite : pour garder l’Algérie sous occupation militaire, la seule solution consisterait à placer également les organes institutionnels de métropole sous tutelle militaire. Et de Gaulle avait été rappelé à cette fin, peut-être en souvenir de son palmarès constantinois. La suite est connue.
Si les faits du 8-mai ont été l’objet d’innombrables études et exégèses, la question reste posée sur leur qualification : curieusement les auteurs se limitent à l’appellation massacres.

Notre action doit avoir pour premier objectif la correction de cette étiquette qui dissimule à l’évidence le souci de minimiser les faits, voire de les dénaturer.

Au lendemain de la défaite allemande, en août 1945, les alliés ont édicté le statut du tribunal militaire international de Nuremberg, annexé à l’Accord de Londres, pour connaître des crimes commis pendant la guerre par les vaincus.
La Cour de cassation française va l’inclure dans l’ordre juridique interne et s’y référer pour juger les crimes commis  dans la France sous occupation, en visant son article 6 qui définit la notion de plan concerté.
Elle vise également la Convention des Nations Unies de 1948, pour la prévention et la répression du génocide, qui, en son article 2, le définit.
Elle va élaborer une jurisprudence dans une cinquantaine d’arrêts, rendus de 1948 à 1998 environ, sur des faits qui se sont déroulés sous le régime de Vichy, soit pendant 4 ans et donc antérieurement au 8-mai-1945.
L’Assemblée nationale française adoptera le nouveau code pénal, en vigueur depuis 1993, qui inclut cette construction jurisprudentielle et qualifie le génocide et les autres crimes contre l’humanité.
De l’examen de quelques arrêts, ils ressort que la Chambre criminelle qualifie de crime les actes perpétrés au nom d’une ‘’politique d’hégémonie idéologique », y compris lorsqu’ils sont commis ‘’contre les adversaires de cette politique, quelle que soit la forme de leur opposition ». Elle consacre donc le droit de combattre le système ou l’Etat qui pratique une telle politique.

Question subséquente : la doctrine coloniale, imposée et maintenue en Algérie à l’aide de faits et d’actes notoires et surabondants et pour des mobiles évidents jusqu’à 1962, remplissait-elle les critères retenus par les magistrats pour qualifier ‘’la politique d’hégémonie idéologique ».

Ceux qui s’en tiennent aux euphémismes massacres ou évènements devraient nous dire quel serait, selon eux, le critère manquant aux éléments constitutifs des crimes de génocide et contre l’humanité dans le cas d’espèce 8-mai-1945. A moins que ce critère manquant ne soit induit par la qualité ou plutôt le défaut rédhibitoire des victimes d’être seulement indigènes, et circonstances aggravantes, de race arabe et de religion musulmane. Défaut qui les dépossèderait de toute qualité à agir, voire de l’exercice de leur droit à la mémoire.

Pour clore cette incursion juridique, signalons que le Statut de Rome de juillet 1998, créant la CPI (Cour pénale internationale) a adopté le principe de non rétroactivité. Normal. Elle est une créature des 5 membres permanents du Conseil dit de sécurité, au 4/5ème Euro-Atlantique. La France ne l’a ratifiée qu’en s’assurant qu’elle ne pourrait avoir d’effet rétroactif.
En réalité, il aurait été plus judicieux et utile de créer un organe pour juger les crimes d’agression à l’actif justement du P5 omnipotent, club nucléaire, actionnaire du FMI et de la Banque mondiale, etc. …
Quant aux Tribunaux ad hoc des Nations Unies, ils ne semblent avoir de compétence que pour juger des Africains.
Personnellement, j’ai débattu à maintes occasions du 8-mai et ai entendu, entre autres, que ce n’était pas un génocide, puisque ‘‘c’était seulement pour faire peur aux Algériens ». Et, également que l’extermination n’était pas le but poursuivi par la France. Peut-être, certains devraient-ils penser à présenter des excuses d’en avoir réchappé.

Par les organes de presse et  la voix de la Fondation, acte est pris des récentes déclarations de la diplomatie française et dans l’ensemble, il se dégage une espèce d’appel a minima.

En 2005, année de la fameuse loi sur le rôle positif de la colonisation, quelques parlementaires se sont dits surpris par l’allocution prononcée à l’occasion de la commémoration du 8-mai par le Président de la République Abdelaziz Bouteflika.
Lors des péripéties ayant escorté la visite d’Etat, plusieurs journalistes ou hommes politiques sont revenus sur l’allocution de Son Excellence Mohamed Chérif Abbas prononcée à Guelma, pour la commémoration du 8-Mai, en 2006.
En France, les commémorations des faits qui se sont déroulés sous occupation pendant quatre années sont quotidiennes. Curieusement, l’exercice du droit à la mémoire des Algériens est interprété comme une déclaration d’hostilité.

Les timides avances diplomatiques devraient être assorties de gestes convaincants.

L’invitation est aussi valable pour les responsables des partis amis de l’Algérie. Aucun d’eux n’a joint de geste à ses paroles, alors que leurs dirigeants avaient été  acteurs et responsables.

Attraire le sujet sur le registre affectif édulcoré est inapproprié. Comme chacun sait, les Français sont des cartésiens. Cela donne l’impression de réentendre quelques notes du thème favori de l’ancien gouverneur M. Violette qui se disait assuré de ‘’l’amour des non citoyens pour la mère patrie », lors du débat sur l’amnistie de 1946.
L’Algérie devrait donc  s’astreindre à faire une partie du chemin, dans un geste de conciliation. Devrait-elle admettre comme torts que des bataillons de jeunes, à peine sortis de l’adolescence, se soient résolus à offrir leur vie pour arracher la libération de leur patrie ?

Seule une confrontation d’opinions pluralistes et d’arguments réellement contradictoires, qui n’a jamais eu lieu à ce jour en France, peut concourir à la manifestation de la vérité et mettre un terme salutaire à l’orthodoxie de la vision unilatérale et aux discours pro domo.
On reste frappé par les réminiscences chez les réputés spécialistes, pléthoriques, des postulats énoncés jadis par les 5èmes Bureaux qui étaient chargés de gagner la guerre par l’action psychologique.

L’organe institutionnel qui devrait être interpellé, en priorité, est le Parlement. Il n’a passé qu’un demi aveu, dans sa loi de 1999, en reprenant ses faux alibis sur la négation de l’état de guerre en Algérie. La France s’affranchissait ainsi du respect des Conventions de Genève de 1949, pourtant ratifiées par elle.
De ce fait, les djounoud pris aux combats ou blessés étaient privés du traitement réservé aux prisonniers de guerre et la population se voyait exclue du bénéfice de la protection des civils prescrite par la 4e Convention.
Il faut savoir que le GPRA répétait que l’Algérie s’y conformerait par réciprocité et surtout que le professeur de la faculté de Droit de Paris, Roger Pinto, exhortait chaque exécutif qui accédait au gouvernement à les appliquer, en rappelant que le respect de ces Conventions n’induit nullement la mutation de la qualité des parties belligérantes, puisque la France s’acharnait à dénier la qualité d’Etat à l’Algérie.

Les lois  régissant la communication des archives sont de la fin des années 1970. Or, depuis l’an 2000, les versements des diverses administrations se multipliant, l’on assiste à une nette évolution de l’état d’esprit de quelques femmes et hommes politiques ou scientifiques favorables à une plus large accessibilité.
Une solution consisterait à saisir le parlement d’un projet de loi pour la levée de l’interdiction de communication qui frappe des côtes essentielles relatives à l’Algérie, par exemple les archives présidentielles.
La majorité actuelle, qui légifère activement, peut la faire voter en moins d’un semestre. Les parlementaires amis de l’Algérie inscrits à d’autres partis pourraient aussi acter dans ce sens.
Nous découvrirons, à coup sûr, les motifs réels de la nomination de Chataigneau à Alger et la concertation, plus que probable, du plan pour le Constantinois sur l’ initiative de de Gaulle, avant son départ pour la métropole.

Il faut interpeller le Parlement sur sa responsabilité en tant que maître d’oeuvre de la législation d’exception. Un millier de voix, des deux Chambres, censées être l’expression de la volonté populaire votaient et reconduisaient ces lois, au mépris de l’opinion de la majorité de leurs électeurs.
Ils débattaient, innombrables comptes rendus de séance à l’appui, véritables pièces à conviction, du sort à réserver aux Algériens comme des maquignons, à cette différence près que les maquignons n’ont jamais envoyé à l’abattoir que du bétail : des condamnations à mort furent prononcées pour de simples dégâts matériels qui d’ordinaire étaient sanctionnés de 2 mois de prison.
Il n’est pas inutile, non plus, de rappeler que pendant ce temps,  plus d’un millier de cercueils de jeunes Français attendaient, en quasi-permanence, d’être retirés par leurs familles qui recevaient une somme dérisoire comme contribution aux frais des  funérailles. L’administration de la vérité est également due au peuple français.

Enfin, le Conseil d’Etat dans sa séance du 5 avril 2002, statuant au contentieux, engage la ‘’responsabilité de l’Etat » dans ce qu’il qualifie de faute de service d’un fonctionnaire agissant sous l’administration de Vichy. Ce qui traduit un véritable revirement de jurisprudence.
Décision qui fut suivie par un jugement  du Tribunal administratif de Paris du 27 juin 2002, qui énonce : ‘’qu’en raison du principe de la continuité de l’Etat, la nature
de son régime institutionnel et de ses fluctuations au cours de l’histoire ne saurait interrompre sa permanence ou sa pérennité ; que l’Etat républicain instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 doit assumer la totalité de l’héritage de ses prédécesseurs ».
Par analogie, les Algériens ne peuvent légitimement moins attendre qu’une reconnaissance par la 5ème République de sa propre responsabilité et de celle de la longue succession des régimes antérieurs.

Le 8-mai-1945 fut bel et bien annonciateur de ce que sera l’acte final 1954-1962.

La tentation illusoire d’écraser la résistance par la pression de l’effusion de sang a jalonné les huit années de combat, avec aggravation dans la phase négociations : les assassinats de masse d’août 1955 à octobre 1961, la frénésie des exécutions extrajudiciaires comme judiciaires.
Le général Challe, la face adipeuse, l’enjambée courte s’était donné pour mission d’assainir, de stériliser l’Oranie,
‘’de sortir les hommes de leur lit ».
Puis du lance-flamme, à la généralisation du napalm sur le Djurdjura, les Aurès et l’Ouarsenis, jusqu’à la ‘’pollinisation » au plutonium des massifs du Tassili et du Hoggar.

Mais le 8-mai-1945 eut pour corollaire de structurer la personnalité, de forger la détermination de la génération qui va se mettre une obligation de résultat et combattre jusqu’à la libération : ‘’ Les rebelles acculés au combat font très souvent preuve d’un acharnement qui conduit à leur extermination. » (Note de service signée R. Salan).
Dans la décennie, il procréa, le légendaire groupe ‘’des 22 » visités par le génie de la Révolution. Ils décrétèrent que les Algériens ne feront plus seulement ce qu’ils peuvent mais, désormais, feront ce qu’ils veulent. Le peuple algérien entame sa  courageuse et douloureuse marche irrépressible pour sa libération.

En décembre 1957, lors de sa comparution devant le TPFA à Paris, Mohamed Ben Sadok, en dépit de son jeune âge, va subjuguer le prétoire, magistrats, journalistes et témoins compris en maîtrisant, de bout en bout, les débats.
Il avait tiré une seule balle de pistolet à travers la poche de sa veste sur Chekkal, vice-président de l’Assemblée algérienne, entouré de son service d’ordre, à la sortie d’un match de football. Il se laissa arrêter.
A la barre défilèrent tous les piliers de l’Algérie coloniale, venus encenser la victime, dont des anciens gouverneurs généraux, sur lesquels il posait un regard calme et distant.
Les débats, selon les comptes rendus de tous les quotidiens français, se seraient déroulés avec l’harmonie d’une partition musicale où parfois l’on percevait un échange d’un simple regard, entre l’accusé et son défenseur Me. P. Stibbe ; jusqu’au large sourire de ce dernier à la réponse affirmative aux circonstances atténuantes.

Aux questions du commissaire du gouvernement et du président du tribunal, Mohamed Ben Sadok, précisa sobrement, devant un auditoire de personnalités dont J. P. Sartre, que pour lui, tout a été arrêté en 1945, à Annaba où il est né. Il avait quatorze ans.

Paris, Bejaïa, Kherrata
Le 7/ 8 mai 2008  
Pour la
Fondation du 8-MAI-1945
zahia eM. Gonon.                           arabelles@wanadoo.fr

Notes et sources :

  • L’ordre de bataille du 8 mai 1945 est répertorié au SHAT sous la cote 1 H 4533-1, non communicable. Le commandement était assuré par le général de corps d’armée Henry Martin, le général de brigade Pierre André, le général de division Charles Magrin-Verneray dit Monclar.
  • Code pénal français / Livre II – Titre Ier: des crimes contre l’humanité
    Chap. Ier – Du génocide, art.. 211-1
    Constitue un génocide le fait, en exécution d’un plan concerté tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe national, ethnique, racial, religieux, ou d’un groupe déterminé à partir de tout autre critère arbitraire, de commettre ou de faire commettre, à l’encontre de membres de ce groupe, l’un des actes suivants:
    - atteinte volontaire à la vie;
    - atteinte grave à l’intégrité physique ou psychique;
    - soumission à des conditions d’existence de nature à entraîner la destruction totale pu partielle du groupe;
    - mesures visant à entraver les naissances;
    - transfert force d’enfants.

Chap. II – Des autres crimes contre l’humanité, art. 212-1
La déportation, la réduction en esclavage ou la pratique massive et systématique d’exécutions sommaires, d’enlèvements de personnes suivis de leur disparition, de la torture ou d’actes inhumains, inspirées par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux et organisées en exécution d’un plan concerté à l’encontre d’un groupe de population civile sont punies…

  • La guerre psychologique, d’après l’abondante littérature du général P. Ely, devait enlever aux Algériens l’envie de résister et ‘’faire des femmes des agents de pacification ». SHAT 1 H 2461 D 1: Action sur les milieux féminins en Algérie, non communicable.
  • Loi n° 99 – 882 du 18 octobre 1999 relative à la substitution, à l’expression ‘’aux opérations effectuées en Afrique du Nord », de l’expression ‘’guerre d’Algérie ».
  • Les débats parlementaires sont sur microfiches, d’accès et de reproduction libre et immédiat au siège du Jo. et à l’Espace Libraire Documentation Sénat..
  • Conseil d’Etat n° 238689 – Séance du 5 avril, contentieux, Papon
  • Tribunal administratif de Paris – Audience du 27 juin 2002, Fédération nationale des déportés et internés.
  • SHAT 1 H 1820 D 2 (communicable):
    - autorisation officielle de l’utilisation généralisée du napalm, dénommé ‘’bidons spéciaux ». Mai 1957.
    - Note technique pour le montage et le fonctionnement des lance-flammes. mars 1957
  • Note de service signée Salan, 19 mars 1958, 10e Région militaire, Etat-Major – 6e Bureau
  • Article procès Ben Sadok: TPFA Paris décembre 1957
  • Rafles à Paris, août 1958: ‘’Dans le Vel’ d’Hiv’, près de 3.000 Algériens ont été contrôlés ».

PS. Concernant la nouvelle loi sur les archives en instance au Parlement, attente des comptes rendus in extenso des débats.

Carrefour du livre de Béjaia. Assad Si Hachemi aborde l’expérience éditoriale amazighe en Algérie

Lundi 5 mai 2008

assadetbrahim.jpg Le conférencier et le directeur des éditions Tira, dimanche 04 mai à la Maison de la Culture de Béjaia. Photo : T.H.

« L’expérience éditoriale amazighe en Algérie » est l’un des sujets à lesquels la maison de la culture de Béjaïa et les éditions Tira de la même ville convient le public, à partir du samedi 03 mai dernier jusqu’au jeudi 08 mai prochain. Comme un choix visiblement pertinent a été fait à la fois quant aux thèmes choisis et quant aux intervenants respectifs, celui ayant trait à l’expérience éditoriale amazighe est le thème sur lequel M. Assad Si Lhachemi, directeur de la promotion culturelle au Haut commissariat à l’amazighité (HCA), a fait une conférence dimanche après midi.

M. Si Hachemi a précisé, dès l’abord, qu’il abordera ce thème sous l’angle de l’analyse et de l’état des lieux en axant son intervention sur les deux points essentiels que sont le rappel des origines de la production et de la revendication amazighe d’une part et, d’autre part, les voies et moyens de renforcer la production et la diffusion du livre en tamazight. Ceci, et il met en relief deux concepts centraux : la réhabilitation de tamazight que nécessitent la suite des préjudices qu’elle a subi ainsi que le renforcement de sa présence institutionnelle en vue d’une satisfaisante légitimation.

Après avoir retracé les différents moments phares de la renaissance de tamazight à l’écrit et de la revendication, de Boulifa et de Belaid Ait Ali aux romanciers de ces dernières années et des événements de 2001, en passant par le document doctrinal signé collectivement « Idir El Watani » et intitulé « L’Algérie libre vivra », et tout en rendant un vibrant hommage aux pionniers de la production littéraire et aux acteurs des rebondissements historiques dont les efforts successifs ont permis de disposer des institutions d’aujourd’hui, le conférencier a signalé l’émergence d’une nouvelle tendance éditoriale en tamazight, en Algérie, depuis ces dernières vingt années. « Il est temps d’établir un inventaire des productions intellectuelles faites en tamazight », rendues disponibles grâce aux auteurs militants qui éditent à compte d’auteur ainsi, aux maisons d’édition courageuses. L’effort éditorial est d’ailleurs soutenu par le HCA qui a, à lui seul, édité une soixantaine d’ouvrages dans la collection « Idlisen-nne& », sans compter la revue « Timmuzgha » distribuée gratuitement et directement aux usagers (participants aux colloques du HCA, élèves, enseignants, etc.) et les actes des colloques que cette institution organise, selon le conférencier. Cet effort éditorial du HCA s’accompagne d’un effort promotionnel du livre amazigh, particulièrement à travers l’organisation du « Salon du livre amazigh » qui est cette année à sa quatrième édition et organisé en partenariat avec d’autres institutions culturelles du pays telles que le ministère de la culture, la bibliothèque nationale, l’agence nationale de l’édition et de la publicité (Anep), l’entreprise nationale des arts graphiques (Enag) et les maisons de culture.

En soulevant les quelques difficultés que le développement du marché du livre amazigh rencontre, il avance des solutions rendues visiblement possibles par les évolutions que connaissent les institutions et la réglementation nationale, favorables. Ainsi, nous apprendrons que des textes de lois régissant la production culturelle sont adaptés pour prendre en compte la production culturelle en tamazight, que même la production audiovisuelle est encouragée par les pouvoirs publics et que, rien que pour l’année 2007, pas moins de cinq films long métrage en tamazight sont financés par le ministère de la culture. Nous apprendrons par ailleurs que le ministère de la culture appelle les auteurs à déposer leurs manuscrits en vue de leur édition avant le 26 mai courant (en exemplaires imprimés et en enregistrement informatisé) au niveau des directions de la culture de wilayas et du HCA. Pour encourager la culture publique, des bibliothèques dont les livres en tamazight ont aussi leurs rayons sont inscrites aux termes du programme 2008 du ministère de la culture. Afin d’apporter une première solution à la cherté du livre, l’ANEJ semble se mettre à contribution en lançant des formules d’aides à l’ouverture de librairies à l’endroit des jeunes.

Ceci dit, le conférencier veut convaincre de la nécessité d’organiser le marché du livre amazigh dans lequel les clients publics et collectifs pré acquis seront les chevilles ouvrières. Ceci ne va pas sans la réglementation du champs de l’édition et sans le passage par des projets d’ouvrages par des comités de lecture qualifiés afin de passer de la phase où la quantité est recherchée vers celle où la production s’articulera davantage sur la qualité. Pour le HCA qui continuera sa mission, la pérennité de l’institution d’état n’étant pas un vain mot, jusqu’au jour où d’autres institutions, plus qualifiantes, verront le jour, l’un des objectifs est d’institutionnaliser un salon annuel du livre et du multimédia amazigh.

  Il reste que le problème de la lecture et du lectorat concerne toutes les catégories du livre et du lectorat en Algérie, tandis que le problème polémique de la graphie autour de tamazight pourrait connaître son épilogue si on prend en compte les expériences qui ont lieu dans pays et des zones amazighophones ; si les arguments scientifiques sont entendus et si on évite les ouvrages polygraphiques (utilisant à la fois plus de deux graphies). Un autre problème qui tend à devenir majeur reste l’information qui n’est peut-être pas suffisamment produite et qui ne circule par de manière fluide aussi.

Le débat qui a suivi l’intervention du représentant du HCA sont tout aussi animés qu’intéressants et nous en livreront ultérieurement un aperçu.

 

La loi domaniale en débat à l’APN. Cela se passe-t-il sans pression de lobbies ?

Lundi 5 mai 2008

 Les interventions des députés à l’assemblée nationale, ceux-là ayant mandat national et ayant rôle de représentation parlementaire et politique et celle-ci étant l’endroit où la double souveraineté nationale et populaire, et la mouture finale à laquelle parviendront ensemble l’exécutif gouvernemental et l’assemblée populaire seront à plein d’égards très significatifs. La loi domaniale pourrait signifier à l’armée des harraga s’il est possible d’espérer que la bataille contre la mer et l’exil dans la clandestinité cessera. Car il est certain que cette loi déterminera, comme toutes les lois domaniales du monde, le rapport officiel entre le citoyen d’un pays, le membre d’un peuple à sa terre ou, si l’on veut, l’ordre établi du lien de celui-là à celle-ci. On n’ignore pas que la loi domaniale est loin d’être une mince affaire et que le rythme du développement ainsi que la fixation (librement consentie ou non) des populations pourrait dépendre en partie de la réussite ou non des dispositions réglementaires en matière domaniale. On n’ignore pas, non plus, que la conjoncture actuelle pourrait justifier que les dispositions en matière domaniale soient réadaptées au contexte présent et prévisible. Mais il serait fortement dommageable que cette « réadaptation » ne prenne pas compte de toutes les données présentes ni de toutes celles prévisibles à terme proche, justement. Il n’est pas souhaitable que les législateurs soient soumis à la pression de spéculateurs et d’autres vautours, notamment ceux dont le palmarès s’étend sur près de deux siècle d’exploitation et de compromission. Il serait encore moins supportable que les législateurs en la matière succombent à ces pressions. 

Car, à suivre minutieusement les médias de ces derniers jours, on ne peut s’empêcher de souligner l’extraordinaire coïncidence entre certaines prises de positions publiques et la programmation de ce projet de loi au niveau de l’APN. Y compris sur des dossiers au sujet desquels des populations ont usé des tribunes dont elles disposent : la rue et les médias, pour porter le plus loin possible leur voix. Il y a lieu de rappeler -en les saluant- la position d’hommes politiques de premier rang, notamment au niveau de leurs partis politiques respectifs, ainsi que d’élus, sur certaines affaires liées à la spéculation sur le foncier et sur la délapidation de domaines dont la nature juridique a connu des heurs d’inégales acceptation de la part de la société, du peuple, dont la souveraineté s’exprime et doit continuer de s’exprimer au niveau de l’Assemblée populaire nationale. L’Assemblée nationale doit pouvoir faire primer l’intérêt national public et la souveraineté populaire, d’autant plus que notre pays connaît encore certaines difficultés d’accès aux archives, y compris au niveau de l’ancienne métropole coloniale, qui semble s’orienter vers le lever de cette confidentialité à laquelle reste soumise une bonne part de la mémoire administrative nationale. L’Assemblée populaire nationale peut dès maintenant éviter de se retrouver en porte-à-faux avec des vérités historiques et des histoires sociales qui ne manqueront pas de remonter à la surface au fur et à mesure que la mémoire cesse d’être un enjeu de domination entre nations qui ont des préoccupations et des défis communs à relever qui appellent le lever de tout obstacle majeur comme l’est le traumatisme lié à la disparition-confiscation de pans entiers de la mémoire. Tahar Hamadache. Economie (Lundi 05 Mai 2008)
http://liberte-algerie.com/edit.php?id=93992
La loi domaniale en débat à l’APN
De nouvelles facilitations à l’investissement
Par :Meziane Rabhi
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Elle consacre des droits immobiliers sur le domaine public, au profit des opérateurs.
L’Assemblée populaire nationale débattra aujourd’hui du projet de loi amendant et complétant la loi n° 90-30 du 1er décembre 1990, relative à la loi domaniale. Dans l’exposé des motifs, le gouvernement explique que le régime juridique du domaine public traditionnel ne favorise pas la réalisation d’investissements lourds par les opérateurs privés (par exemple au niveau des enceintes portuaires ou aéroportuaires). 

La règle d’inaliénabilité, avec son corollaire d’interdiction de consentir des droits réels, implique la précarité des occupations privatives du domaine public. Du coup, l’instabilité dans laquelle se trouvent les occupants privatifs de ces dépendances domaniales et l’impossibilité pour eux de fournir des sûretés en garantie des crédits bancaires devant être mobilisés ne sont pas de nature à les encourager à développer une politique entreprenante de l’investissement. Le directeur général des domaines, M. Mohamed Benmeradi, avait expliqué récemment que la loi initiale comportait 140 articles. Le gouvernement en a modifié 36 et proposé 13 autres nouveaux. Les modifications touchent aux modalités de gestion du domaine public, partant du fait que les investissements lourds ont pour siège le domaine public (investissement aéroportuaire, portuaire, le rail, les autoroutes, les stations de dessalement de l’eau de mer) et donc, il était très difficile d’encourager ou de faciliter les investissements, notamment privés sur le domaine public. L’actualisation porte ainsi sur la prise en charge de la démonopolisation de la gestion du domaine public, l’introduction de la possibilité de constituer des droits réels portant sur les ouvrages, constructions et installations de nature immobilière réalisés sur le domaine public. La grande innovation c’est la possibilité qui est offerte aux investisseurs de “consentir des droits immobiliers sur le domaine public, ce qui n’était pas possible par le passé”. Cela permettra à leurs titulaires de constituer des hypothèques afin de bénéficier des financements bancaires et réaliser des opérations lourdes à l’exemple des opérations de dessalement de l’eau qui nécessitent des financements lourds et pour lesquelles les investisseurs ont besoin d’être accompagnés par le système financier. Le texte a pour objectif aussi d’introduire de nouvelles dispositions ayant trait à l’assouplissement des procédures d’acquisition des biens immobiliers, notamment les assiettes foncières destinées aux investisseurs. Pour permettre aux investisseurs privés de jouir de plus de droits, la concession du foncier industriel passe ainsi de 20 à 99 ans renouvelables. Le dispositif apporte un certain nombre de clarifications sur les aspects relatifs, notamment aux procédures de mise en concession du domaine national (vente aux enchères publiques, procédure du gré à gré), à la consécration de l’appartenance à l’ةtat des terres sahariennes dépourvues de titre de propriété, à l’action de l’ةtat contre les occupants sans titre des domaines publics et privés de l’ةtat afin de garantir les droits de l’ةtat, à l’exercice du droit de contrôle par l’administration domaniale sur l’utilisation des biens relevant du domaine national et enfin à la consécration du principe d’affectation à titre onéreux d’un bien du domaine privé de l’ةtat au profit d’entité affectataire disposant d’un budget annexe. 


Meziane Rabhi 

Pour lecture :

La répression de la grande insurrection de 1871 

L’armée coloniale tue et déporte 

L’insurrection de 1871 constitue une nouvelle page glorieuse dans la lutte du peuple algérien pour sa liberté et sa dignité. Elle a une signification éminemment politique dans la mesure où elle se veut une riposte aux mesures injustes prises par les autorités coloniales à l’égard des Algériens et dont le décret Crémieux du 24 octobre 1870, qui déclare en bloc les juifs algériens citoyens français, a été la goutte qui a fait déborder le vase.  Suite…

Le carrefour du livre à Béjaïa, du 03 au 08 mai 2008

Jeudi 1 mai 2008

Le carrefour du livre à Béjaïa, du 03 au 08 mai 2008 doc programme.doc

Du samedi 03 au jeudi 08 mai se tiendra, à Béjaïa, le Carrefour du livre. Organisé par Les Editions TIRA de l’écrivain, poète et traducteur Brahim TAZAGHART, ainsi que par la Maison de la culture Taos AMROUCHE de Béjaïa, ce carrefour du livre sera abrité par cette dernière.  Tout au long de la semaine, des expositions, des ventes dédicacées, des tables rondes, des conférences-rencontres avec des acteurs du monde du livre (auteurs, éditeurs, journalistes) et des chercheurs feront la lumière sur plus d’une facette de la réalité du livre (pour enfants, en tamazight, scientifique, politique, etc.) dans notre pays. 

Afin que ce carrefour vibre de productions vivantes, le récital poétique programmé juste avant la clôture fera entendre les déclamations d’un panel de poètes représentant la pluralité linguistique de l’algérien moyen : tamazight, arabe et français.  A Soummam.unblog.fr, si nous ne pouvons être utiles qu’à cela, nous sommes toujours heureux de pouvoir relayer de telles informations. 

Le programme riche et détaillé de ce carrefour est ci-dessus en pièce jointe que vous pouvez télécharger. 

Tahar Hamadache.