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Carrefour du livre de Béjaia. Assad Si Hachemi aborde l’expérience éditoriale amazighe en Algérie

assadetbrahim.jpg Le conférencier et le directeur des éditions Tira, dimanche 04 mai à la Maison de la Culture de Béjaia. Photo : T.H.

« L’expérience éditoriale amazighe en Algérie » est l’un des sujets à lesquels la maison de la culture de Béjaïa et les éditions Tira de la même ville convient le public, à partir du samedi 03 mai dernier jusqu’au jeudi 08 mai prochain. Comme un choix visiblement pertinent a été fait à la fois quant aux thèmes choisis et quant aux intervenants respectifs, celui ayant trait à l’expérience éditoriale amazighe est le thème sur lequel M. Assad Si Lhachemi, directeur de la promotion culturelle au Haut commissariat à l’amazighité (HCA), a fait une conférence dimanche après midi.

M. Si Hachemi a précisé, dès l’abord, qu’il abordera ce thème sous l’angle de l’analyse et de l’état des lieux en axant son intervention sur les deux points essentiels que sont le rappel des origines de la production et de la revendication amazighe d’une part et, d’autre part, les voies et moyens de renforcer la production et la diffusion du livre en tamazight. Ceci, et il met en relief deux concepts centraux : la réhabilitation de tamazight que nécessitent la suite des préjudices qu’elle a subi ainsi que le renforcement de sa présence institutionnelle en vue d’une satisfaisante légitimation.

Après avoir retracé les différents moments phares de la renaissance de tamazight à l’écrit et de la revendication, de Boulifa et de Belaid Ait Ali aux romanciers de ces dernières années et des événements de 2001, en passant par le document doctrinal signé collectivement « Idir El Watani » et intitulé « L’Algérie libre vivra », et tout en rendant un vibrant hommage aux pionniers de la production littéraire et aux acteurs des rebondissements historiques dont les efforts successifs ont permis de disposer des institutions d’aujourd’hui, le conférencier a signalé l’émergence d’une nouvelle tendance éditoriale en tamazight, en Algérie, depuis ces dernières vingt années. « Il est temps d’établir un inventaire des productions intellectuelles faites en tamazight », rendues disponibles grâce aux auteurs militants qui éditent à compte d’auteur ainsi, aux maisons d’édition courageuses. L’effort éditorial est d’ailleurs soutenu par le HCA qui a, à lui seul, édité une soixantaine d’ouvrages dans la collection « Idlisen-nne& », sans compter la revue « Timmuzgha » distribuée gratuitement et directement aux usagers (participants aux colloques du HCA, élèves, enseignants, etc.) et les actes des colloques que cette institution organise, selon le conférencier. Cet effort éditorial du HCA s’accompagne d’un effort promotionnel du livre amazigh, particulièrement à travers l’organisation du « Salon du livre amazigh » qui est cette année à sa quatrième édition et organisé en partenariat avec d’autres institutions culturelles du pays telles que le ministère de la culture, la bibliothèque nationale, l’agence nationale de l’édition et de la publicité (Anep), l’entreprise nationale des arts graphiques (Enag) et les maisons de culture.

En soulevant les quelques difficultés que le développement du marché du livre amazigh rencontre, il avance des solutions rendues visiblement possibles par les évolutions que connaissent les institutions et la réglementation nationale, favorables. Ainsi, nous apprendrons que des textes de lois régissant la production culturelle sont adaptés pour prendre en compte la production culturelle en tamazight, que même la production audiovisuelle est encouragée par les pouvoirs publics et que, rien que pour l’année 2007, pas moins de cinq films long métrage en tamazight sont financés par le ministère de la culture. Nous apprendrons par ailleurs que le ministère de la culture appelle les auteurs à déposer leurs manuscrits en vue de leur édition avant le 26 mai courant (en exemplaires imprimés et en enregistrement informatisé) au niveau des directions de la culture de wilayas et du HCA. Pour encourager la culture publique, des bibliothèques dont les livres en tamazight ont aussi leurs rayons sont inscrites aux termes du programme 2008 du ministère de la culture. Afin d’apporter une première solution à la cherté du livre, l’ANEJ semble se mettre à contribution en lançant des formules d’aides à l’ouverture de librairies à l’endroit des jeunes.

Ceci dit, le conférencier veut convaincre de la nécessité d’organiser le marché du livre amazigh dans lequel les clients publics et collectifs pré acquis seront les chevilles ouvrières. Ceci ne va pas sans la réglementation du champs de l’édition et sans le passage par des projets d’ouvrages par des comités de lecture qualifiés afin de passer de la phase où la quantité est recherchée vers celle où la production s’articulera davantage sur la qualité. Pour le HCA qui continuera sa mission, la pérennité de l’institution d’état n’étant pas un vain mot, jusqu’au jour où d’autres institutions, plus qualifiantes, verront le jour, l’un des objectifs est d’institutionnaliser un salon annuel du livre et du multimédia amazigh.

  Il reste que le problème de la lecture et du lectorat concerne toutes les catégories du livre et du lectorat en Algérie, tandis que le problème polémique de la graphie autour de tamazight pourrait connaître son épilogue si on prend en compte les expériences qui ont lieu dans pays et des zones amazighophones ; si les arguments scientifiques sont entendus et si on évite les ouvrages polygraphiques (utilisant à la fois plus de deux graphies). Un autre problème qui tend à devenir majeur reste l’information qui n’est peut-être pas suffisamment produite et qui ne circule par de manière fluide aussi.

Le débat qui a suivi l’intervention du représentant du HCA sont tout aussi animés qu’intéressants et nous en livreront ultérieurement un aperçu.

 

2 Réponses à “Carrefour du livre de Béjaia. Assad Si Hachemi aborde l’expérience éditoriale amazighe en Algérie”

  1. LEMILITANTSANSFRONTIERES dit :

    Salut !!!!!
    Par mon intervention, je tiens à encourager très vivement toute bonne initiative qui permettrait à tout un chacun de se sentir fier : fier d’être, fier de ses origines, fier de ses ancêtres, fier de sa Culture ô combien riche et variée.
    L’institutionnalisation d’ un salon annuel du livre et du multimédia amazigh est tout à fait nécessaire pour donner un peu plus d’élan aux bonnes initiatives créatives de nos concitoyens et de nos Editeurs.
    Le volet de la littérature enfantine doit être considéré comme le véritable pilier de toute entreprise linguistique comme la nôtre.
    C’est par l’enfant: Homme de demain que nous serons.
    ====================
    LEMILITANTSANSFRONTIERES

  2. galaf dit :

    bonjour.en effet, si l’on veut fortifier notre patrimoine, il faut commencer par les tout petits mais ne pas oublier les grand , car ce sont eux qui vont transmettre. ce que je constate , c’est le depart de nos traditions. mais dans tout cela, . je sais que je suis qui je suis par mes traditions, ma culture et surtout ma fierté d’etre de cette origine noble. je sens que je suis courageuse et combattante car j’ai un sang de combattant. je sens que je suis juste et droite car mon sang est ainsi. mais qui de nos jeune aujourd’hui ressens cela quand on le laisse voir le magnifique noel des europeens alors que notre maalid si bien celebré autrefois n’est plus qu’une soirée de petard à vous crver les tampon! c’est quoi yanayer aujourd’hui pour eux sinon un poulet roti? meme pas en couscous. j’ai parlé ces derniers temps à une personne agée qui m’a parlé de l’histoire de yanayer et de plein d’autres histoires kabyles. il est temps que quelqu’un ecrive tout cela . il est temps qu’une plume mette nos traditions noir sur blanc aavec toute la signification qu’elles ont. j’aimerai tant le faire mais l’essentiel est qu’il soit fait avant que ce ne soit trop tard car les vieux ne sont pas eternel. enfin, bon courage pour ce que vous faites.

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