Archive pour mars 2009

« Tajmaat moderne » et médiation judiciaire : mes appréhensions.

Samedi 28 mars 2009

 

  »Tajmaat moderne » et médiation judiciaire : mes appréhensions.

Par Tahar Hamadache.

J’ai appris, à la lecture de l’article « Cour de Bejaïa – Séminaire sur la médiation judiciaire – Une forme moderne de Tadjemaât »[1], que le système judiciaire national compte introduire la notion de médiateurs de justice, ces derniers eux-mêmes devant être issus du mouvement associatif et du secteur des affaires religieuses. Je n’ai pas ici l’intention de discuter de la pertinence du mélange de genres entre modernité (des lois républicaine), ‘arf (tradition) et charia, quoique cela me rappelle un article abscons du sociologue français Alain Mahé qui ne m’a jamais plu et que j’ai eu l’occasion de critiquer sur internet. Je sens qu’il y a une plus grande urgence à transmettre une expérience personnelle avec les « médiateurs associatifs » par qui le système judiciaire en est arrivé à exercer, sur moi et sur d’autres, quelque chose comme un cas de jurisprudence, consistant à reconnaitre que lorsque un frère ainé signe quelque chose à l’insu de sa fratrie et de ses parents même, ces derniers s’en trouvent tout de même engagés, passibles de procès en justice et condamnés au même titre que l’unique signataire d’un procès-verbal établi par des « médiateurs associatifs ». C’est de fait un bien étrange droit d’ainesse que mon expérience m’a donné à voir s’exercer sur moi et sur ma famille, non pas biensûr au profit de mon frère ainé, mais au profit de la partie adverse commune. N’étant pas un connaisseur du langage juridique, vous comprendrez cependant bien, à l’exposé de mon expérience, que, à mon sens, il est à craindre dans cette démarche une inflation d’arbitraires qui pourraient être suivis de jugements sommaires, et moins de justice d’autant plus que le justiciable a de plus en plus besoin d’argent pour espérer l’obtenir. Voici la partie de l’expérience vécue que je peux d’ores et déjà rendre publique.

 

Le 27 octobre 1995, l’Association sociale «  Axdem-Tafed  » du village Ighil Oumsed, commune de Chellata, wilaya de Béjaïa, a établi un «  procès-verbal  »[2] dont l’objet porte sur un passage entre les propriétés des tout derniers riverains d’une impasse qui aboutit aux petites parcelles des frères HAMADACHE Amara et Ali (fils de Said), en l’occurrence  M. MEKHMOUKHEN Md Amokrane d’une part et M. HAMADACHE Ali (ben Messaoud), ce dernier en situation de copropriété avec ses trois frères, deux sœurs et mère, Mme née Aliouchouche Ourdia, à parts égales en vertu d’un acte de donation (étude notariale établie à Akbou) datant du 02 novembre 1994, par lequel ils rentrent en tant que propriétaires dans les biens de leurs ancêtres, en épilogue à une histoire vieille de près d’un siècle.

Au moment de la rédaction du procès-verbal en question, le bureau de l’association sociale sus évoquée était constituée de MM. AMAROUCHE Hamid (Président) ; MAKHMOUKH Séghir (vice Président de l’APC de Chellata de 1997 à 2002) ; MAKHMOUKHEN Hamid ; HAROUN Abdelkader ; IAICHOUCHEN Arezki. Il n’est pas futile de signaler que la dite association était née quelques semaines auparavant, après constat de vacance du « lufeq » (« consensus » ou « convention », terme par lequel on désigne l’effectivité permanente de « tajmeat » (l’assemblée) qui peut très bien se réunir même en l’absence du « lufeq » sans être tenue dans ce dernier cas à quelque suite à moins d’être provoquée pour rétablir « lufeq ». Cette fois-ci, c’est un appel dûment réfléchi, avec objectif de constituer une association sociale qui « allie tradition et actualité », que j’ai personnellement écrit et cacheté du sceau de l’association culturelle « AMSED »[3] qui n’avait pas vocation à prendre en charge toutes les sollicitations quotidiennes des villageois, en l’absence du « lufeq ».

 

Le dit procès-verbal a servi comme pièce à conviction lors du procès enregistré sous affaire n° 255-1996 index 68-1997 près le Tribunal d’Akbou et opposant MM HAMADACHE Amara et HAMADACHE Ali (tous deux ben Said) d’une part et les héritier(e)s de feu M. HAMADACHE Messaoud d’autre part. Ce procès a abouti à la décision de la Cour suprême enregistrée sous dossier n°290779 index n° 1843 et datant du 29 décembre 2004[4]. Cette décision a été  exécutée ce 22 mars 2006[5].

Ces faits s’étant produits, l’association sociale «  AXDEM-TAFED  » a été une ultime fois saisie, non pas dans le but d’influer sur le cours d’un procès déjà exécuté, mais pour lui faire saisir l’obligation morale qui était la sienne d’émettre à propos du «  procès-verbal » en question, par souci d’équité, d’honnêteté et pour témoignage, les précisions sur les lacunes nombreuses qui entachaient le procès-verbal[6] qui a servi de pièce à conviction à nos adversaires. Reconnaissant les faits oralement, et signant même une pétition[7] par laquelle ils témoignent que le sentier en question ne peut de toutes façons pas permettre le passage d’un véhicule, qu’ils soit tracteur ou autre, étant tout à fait étroit par endroits sur l’ensemble de sa distance, ils affirmaient cependant que l’association sociale ne pouvait plus produire de document et que ses membres ne savent pas même comment ce fameux procès-verbal pouvait exister et porter le cachet de l’association, étant donné qu’ils n’en auraient jamais été informés et n’en auraient vu aucun exemplaire. Si le cachet de l’association sociale avait été utilisé frauduleusement, il n’y avait en tout cas pas d’espoir de les voir déposer une plainte contre « X » pour un délit aux conséquences manifestement injustes.

Le procès verbal portant la signature d’un seul des héritiers Hamadache Messaoud[8] sans jamais qu’il soit dit qu’il avait préalablement obtenu l’accord des autres héritiers pour le signer, les juges qui ont eu successivement à traiter ce dossier n’y ont jamais relevé aucune anomalie. Ils ne font pas cas de l’avis du seul parent encore en vie : la maman et des autres héritier(e)s, faisant de ce fait comme s’ils admettaient y avoir un droit d’ainesse, puisque le signataire est en effet l’ainé de la famille, et, dans ce cas de figure, un droit d’ainesse à être induit en erreur pour toute la fratrie ainsi que pour la maman, aggravée par des jugements qui ressemblent à des sanctions collectives de « faute » individuelle.

Bon au niveau du constat sauf que j’ignore personnellement quand et où a été obtenu le témoignage de M. Haroun Abdelkader, membre du bureau de l’association et, plus tard, acheteur de la parcelle de M. Md Amokrane MAKHMOUKHEN, le rapport établi par l’expert foncier[9] désigné à cet effet a, pour sa part, abouti à des conclusions qui sont, le moins que l’on puisse dire, inattendues au vu du constat, du plan et des photos qui y sont jointes. Il a ainsi servi de pièce fondatrice du droit à obliger les derniers riverains de chemins sans issue à élargir, « pour permettre aux tracteurs de passer », tracteurs de tous les Aammi Ldjerrar du monde, le segment de chemin qui les concerne comme on élargirait des fond de bouteille, sans s’occuper le moins du monde de seulement regarder du côté du goulot. Il faut dire que, sans le procès-verbal, on n’en serait pas arrivé à l’expertise.

C’est ce qui m’indique que cette idée de « forme moderne de tadjemaât » constitué de médiateurs de justices pourrait beaucoup ressembler à la commission sociale de l’association sociale Axdem-Tafed d’Ighil Oumsed et pourrait produire beaucoup de procès-verbaux similaires au procès-verbal portant le sceau de l’association sociale Axdem-Tafed d’Ighil Oumsed qui, « verbalisant » un accord à la va-vite au sujet d’un sentier sans issue, a fini par mettre concrètement ses victimes et se retrouver moralement elle-même dans une impasse judiciaire. Et quand on a affaire à des Aammi-Ldjerrar aigris et désireux de nuire, j’en ai la certitude à présent, une telle impasse peut très bien durer quatorze ans et promettre de ne pas s’ouvrir quelque part de sitôt.

Pour que tout équivoque dans ma présente opinion puisse être relevé s’il y a lieu, j’offre aux gens instruits des affaires juridiques la consultation des pièces cités (celles qui y manquent en ce moment y seront versées) et suis disposé à mettre à disposition d’autres documents qui pourraient aider à en faire une lecture experte et approfondie, afin que cette idée de médiateurs ne soit pas trop prise à la légère. Toutes ces pièces seront téléchargeables à :  http://soummam.unblog.fr/tag/des-mediateurs-de-justice-une-tajmaat-moderne/  

Si ce n’était le sacro-saint devoir de laisser aux fonctionnaires de justice le temps de prononcer leurs sentences, j’aurais pu attirer l’attention de l’opinion publique sur d’autres cas de jurisprudence que les rebondissements d’une si petite affaire en l’apparence me font… craindre.

Médiation ? Oui. Procès-verbaux et rapports justifiant l’adage judiciaire « الثّقة في الوثيقة» (Il n’y a de confiance qu’en le document), soit-il un « document » similaire à celui de l’association sociale Axdem-Tafed ? Je préfèrerais m’abstenir de m’adresser à des saints trop souvent férus d’offrandes qu’un pauvre individu ne peut offrir et qu’une honnête personne ne saurait prodiguer.

Akbou, le 27 mars 2009.

 


Notes :

[1] Cour de Béjaïa Séminaire sur la médiation judiciaire – Une forme moderne de tadjemaât, B. Mouhoub, depechedekabylie.com, Archive du Jeudi 26 Mars 2009, N°2075.

[2] P.J. Texte du « Procès verbal » suivi de liste des lacunes y relevées

[3] P.J. Appel à la création de l’association sociale en 1995

[4] P.J. Voir : Cour d’Akbou 13 08 1997 ; Cour d’Akbou 29 11 1998 ; Cour d’Akbou 27 06 1999 après expertise ; Cour de Béjaïa 20 11 2000 ; Cour supreme 29 décembre 2004.

[5] P.J. Me Malki. P.V. d’exécution par la force publique

[6] P.J. Texte du Procès-verbal et liste de lacunes y relevées

[7] P.J. Pétition mars 2006

[8] Voir pièce jointe : P.V. AXTAF

[9] P.J. Expertise Ben Aiche. Rapport et plans ; Expertise Ben Aiche. Photographies

Une idée se forme : Mon gourbi comme permanence commune de campagne, électorale et boycottante

Vendredi 27 mars 2009

 Voilà. Mon idée de transformer mon gourbi en permanence commune prend de plus en plus forme. En termes de campagne, il pourra accueillir toutes les parties en campagne, aussi bien électorale et boycottante. Le fait qu’il commence à s’éffondrer sous l’effet de la pisseuse d’eaux pluviales de Aammi Lhadj El-Djerrar (comme expliqué dans : http://www.facebook.com/notes.php?id=1352744073#/note.php?note_id=55853042506&id=1352744073&index=3   ou, si vous n’êtes pas sur facebook, dans : http://soummam.unblog.fr/2009/03/08/pas-de-chance-cousin-mon-gourbi-seffondre ) jouera un rôle de marketing étincelant de vérité et d’efficacité face aux jeux de façades aux effets de miroirs à lesquels en assiste : façades de bâtiments peintes, façades journalistiques en abat-jour, façades de ventres repus cachant la misère ambiante et empêchant les ventres creux d’accéder à la « mangeoire », façades oppositionnelles qui manquent un peu trop souvent que de mon goût de véracité, de sagacité, de pugnacité…

On y parlera Biskra, Ghardaia, Tiaret, appel du 19 mars, Mouvement Algérie-El Djazair, etc. Mais on y parlera aussi langues populaires, syndicats et syndicalisme, société civile et associations, foncier et domaines, justice et tribunaux en tentant de sauvegarder la crédibilité de ses instituions même si ses fonctionnaires ne la gagnent pas toujours à la sueur de leur front, tajmaat et médiation et méditation, etc. On parlera même transition à venir et perspectives démocratiques pour le pays.

Qu’on ne se méprenne pas ! J’ai acquis une petite expérience en la matière lors des élections locales de novembre 2007 en lançant le CVSVD grâce à lequel j’ai animé la campagne électorale du FFS, du RCD et du FLN à la fois, au point que j’ai obtenu les félicitations d’un dirigeant national du Rcd malgré la petitesse d’esprit de leurs militants locaux, j’ai reçu et a été reçu par le candidat du Ffs même s’il m’a boudé aussitôt l’élection passé et lui PAPC malgré la campagne de boycott que ses camarades ont initié au village, et j’ai même été invité par le candidat du FLN à faire un tour de la commune dans sa voiture, ce que j’ai fait. Et tout, tout à fait bateh, batel, vraiment. Cette fois-ci encore, je suis prêt à me lancer, en hommage à mon gourbi, dans une activité similaire, en plus grand et en plus dense, à l’occasion de la campagne présidentielle.

Dans un second temps, je suis même prêt à recevoir chacun des candidats et chacun des têtes de camps boycottants, y compris les partis non officiellement reconnus par l’administration centrale. Je n’y émettrai qu’une médiocre réserve : pas de gens directement impliqués dans la seconde expropriation des Illoulen Oussameur au profit du Bachagha transcolonial ni des gens qui en tirent profit et qui jouent à la façade sociologique qui à la fois empêche les revendications populaires de monter limpidement au sommet et justifient leur présence par le fait qu’ils aménageraient les voies d’une normalisation maffieuse d’une société dite frondeuse. Chaque candidat et chef de file boycottant pourra au moins s’imprégner de la situation, tous masques à terre, et gagnera au moins à apercevoir les prémisses de monstruosités qui pourraient naître de ces petites idées de tajmaat -médiation dont la Dépêche de Kabylie parle dans son édition de ce jeudi 26 mars, au vu de jugements rendus à Akbou, confirmés à tous les recours, qui voient entre autres la consécration du moyenâgeux européen droit d’aînesse et l’obligation d’élargir une impasse, à l’origine un sentier à panier, « Abrid s wechwir » comme disent les paysans, dans son extrémité fermée sans qu’elle ne doive être élargie à son extrémité ouverte, etc.

L’appel pourrait être mis au point dans les tous prochains jours, ce qui peut donner la possibilité aux candidats de prendre leur quote-part si le désir leur en vient, aussitôt : trois ou quatre jours avant la clôture de la campagne pourront suffire et, pendant ces trois jours, et sous la petite réserve ci-dessus, tous les médias et tous spécialistes de toutes sortes peuvent venir voir et discuter avec des gens bien réels et voir des paysages bien naturels.

Inutile de se munir de parapluie, la pisseuse d’eaux pluviales de Aammi Lhadj Ldjerrar ne traverse pas encore le toit :)

 Tahar Hamadache.

 

A propos du CVSVD :
http://fr.groups.yahoo.com/group/projets_algerie/message/7716  10 Novembre 2007

COMITE VILLAGEOIS DE SAUVEGARDE DES VALEURS DE LA DEMOCRATIE

C. V. S. V. D.

 

Observant, en ce 2e jour de campagne électorale, la disparition des affiches des candidats aux prochaines élections locales ;
Notant que ce phénomène était inconnu jusque-là dans notre village ;
Craignant la mise au pas des structures associatives locales et leur caution de pratiques non démocratiques,

NOUS appelons les associations en présence à conforter un sain débat contradictoire, démocratique et civique ;

NOUS appelons ces mêmes associations à œuvrer dans toute la mesure du possible à informer et à faciliter l’accès à l’information de leurs adhérents et des citoyens dans tout ce qui est de nature à aider ces derniers à se faire une opinion sûre de ces élections et à exprimer leurs choix en toute conscience et liberté démocratiques.

NOUS NOUS CONSTITUONS en comité villageois de sauvegarde des valeurs de la démocratie en vue d’aider à une information de qualité, impartiale et conviviale pendant cette campagne électorale, dans notre village.

Ighil Oumsed, le 09 novembre 2007,
Le C.V.SV.D.

Voir aussi compte-rendu de presse de la DDK : 
http://www.depechedekabylie.com/arcsearch.php
Chellata
Le CVSVD appelle à une compétition électorale saine
Archive du Mardi 13 Novembre 2007 N° 1658

Idée de campagne. Pour l’application stictu-sensu de l’article de la constitution reconnaissant tamazight أيضا langue Nationale !

Jeudi 26 mars 2009

Bonne idée ? Campagne pour l’application stictu-sensu de l’article de la constitution reconnaissant tamazight أيضا langue Nationale.

L’article de la constitution reconnaissant tamazight أيضا langue Nationale « بكل لهجاتها » doit être pris en considération pour revendiquer l’enseignement et la promotion de tous les dialectes amazighs d’Afrique du Nord en Algérie et leur promotion, que ce soit au niveau de la recherche, de la littérature, des médias ou dans tout autre domaine de compétence. Effectivement, ce pourra être une bonne chose. QU’en dites-vous ?

Quand une idée est bonne, Tahar, il ne reste plus qu’à trouver les moyens et les formes les meilleures pour sa concrétisation. Se lier les mains et les pieds avec des « mais », c’est se livrer mains et pieds liés au sentiment de l’échec. Et c’est à ça que consiste la risée, Ad k-indju Rebbi yendju-ya& :)

Tiens ! Je propose de mettre la revendication de l’académie républicaine de langue amazighe dans le cadre plus large de la revendication d’une Université populaire à l’exemple de Paris VIII après Mai 1968, par exemple) de langue, culture et civilisation amazighe, avec un département pour chaque dialecte amazigh, de celui de Siwa à celui, déjà très affaibli, de Tinirif, ainsi que d’un département de langue et littérature « Magharibi » (Derdja ou, si vous préférez, langue arabe populaire maghrébine). Bien sûr, il lui faut assurer un environnement culturel, social, politique, communicationnel et géographique des plus favorables possibles.

Quant à la chaîne 4 ou je ne sais quoi, je la laisse déjà pour les baathistes qui ne comprennent rien à la langue arabe, afin qu’ils aient un objet de chicane culturel avec les vieilles qui préfèrent Brtv : ça au moins risque de générer des débats sur tamazight et sur la qualité des productions au sein même des familles de baathistes ;)

Voilà ! L’intérêt de ma proposition est que :
1. Une telle université (il faut qu’elle soit populaire et surtout ouverte aux esprits performants dans le domaine amazigh même s’ils n’ont pas pu avoir leur baccalauréat, un peu comme moi ; ), dotée d’un département pour chaque dialecte, comme stipulé par nos chers législateurs que je commence à admirer ouvertement depuis que j’ai pensé à ce truc ; un telle université avec ses départements et l’Académie de langue amzighe parviendront en moins d’une décennie à dégager tout ce qui est de nature à aider chaque dialecte à se développer localement comme si c’était la seule et unique langue amazighe de l’histoire tout en dégageant tout ce qui est de nature à voir en quoi les dialectes amazighes peuven dégager une syntaxe, une phonologie et un dictionnaire en mesure d’être utilisés par tout berbérophone, quel que soit son dialecte, et par tout berbérophile quelle que soit sa langue ains ique par tout berbériste (« berbériste », ici, dans le sens où l’on utilise aussi le terme « orientaliste », « arabisant », etc. C’est-à-dire spécialiste de la langue berbère, c’est-à-dire amazighe) ;

2. Le travail des départements des dialectes amazighes respectifs étant, dans cette université populaire modèle, indissociable du travail que fournira le département de la langue arabe populaire (daridja), non seulement tout ce qui leur est commun pourra être mis en valeur, avec ce que cela aura comme retombées tout ce qu’il y a de souhaitable et tout ce qu’il y a d’heureux pour l’intercompréhension dialectale, la paix sociale et civile, l’interaction citoyenne dénuée de toute animosité et de toute incompréhension due au facteur de la langue et du déni identitaire comme nous avons à en souffrir depuis si longtemps à ce jour, les arabophones de chaque région n’auront qu’à apprendre le dialecte amazigh de leur région berbérophone la plus proche. Les jeunes arabophones qui seront ensuite doués dans le dialecte amazigh de leur région pourront suivre des études supérieures dans le domaine amazigh dans l’un des départements de l’université populaire ci-dessus décrite.

3. Personne ne confondra plus entre tamazight (le droit d’étudier, de parler tamazight, de se perfectionner, de communiquer, de travailler et de produire des oeuvres d’esprit dans cette langue) et le dialecte kabyle proprement dit qui n’aura plus qu’un département propre dans l’université populaire ; personne ne confondra plus entre Imazighen et les Kabyles qui n’en sont qu’une partie ; personne ne confondra plus entre les militants intelligents, sérieux et calmes pour tamazight et les autres qui tombent dans les pièges de la propagande de tout bord.

Ca ira comme ça ? Pour tout le monde ?

Le compte-rendu le plus crédible du meeting du candidat Bouteflika à Béjaïa [date : 25 mars 2009]

Mercredi 25 mars 2009

A Béjaia où il a été chaleureusement accueilli

Bouteflika promet d’y revenir en « priorité »

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A Béjaia où il a été chaleureusement accueilli

Bouteflika promet d’y revenir en « priorité » Version imprimable Suggérer par mail

Au terme d’un meeting populaire, haut en couleurs, dans la salle omnisport de Béjaia, le candidat Abdelaziz Bouteflika a promis mercredi d’y revenir en tant que président, s’il est réélu le 9 avril prochain. 

Bouteflika a promis d’inscrire dans son calendrier présidentiel une visite «en priorité» à Bejaia ou il a annoncé par ailleurs, un programme spécial de développement.

Il a d’autre part, appelé, les électeurs à voter massivement pour une Algérie digne et fière, forte et sereine.

«Choisissez qui vous voulez, mais allez voter pour la prospérité de l’Algérie et de la région », a-t-il clamé lors d’un meeting populaire à Béjaia, tout en insistant sur le fait que le pays a besoin d’un pouvoir fort, de paix et de sérénité pour que la voix de l’Algérie retentisse encore plus fort dans le concert des nations.

 «Je vous demande de faire tout votre possible pour aller voter en masse, votez pour qui vous voulez, vous êtes absolument maîtres de votre voix», a-t-il lancé à l’adresse des citoyens béjaouis.

Il a ajouté que la stabilité politique implique que « nous puissions participer, de façon démocratique, libre et transparente à toute élection, qu’elle soit locale, législative ou présidentielle. «Dans ce cas précis, ce sont des élections présidentielles et vous avez un président à choisir parmi six candidats. Choisissez le meilleur, celui qui répond le plus à vos aspirations et à vos rêves, celui qui veillera, avec vous, à la prospérité de l’Algérie», a-t-il poursuivi.

Bouteflika, s’est engagé, d’autre part, à promouvoir les droits de la femme et lui permettre de briguer des responsabilités politiques.

Il a fait part des différents acquis enregistrés par cette frange de la société, présente dans l’ensemble des secteurs d’activité, avant d’exprimer sa volonté à poursuivre les efforts pour que la femme puisse bénéficier de la plénitude de ses droits.

Il a indiqué, dans le même sens, que les pouvoirs publics œuvreront dans le but d’amener l’administration et les partis politiques à accorder à la femme des responsabilités politiques, tout en faisant observer que les problèmes de la Kabylie ne se limitaient pas uniquement à la situation de la femme. Il s’agit, a-t-il expliqué, de préoccupations identiques à celles vécues par toute la jeunesse algérienne, citant plus particulièrement les problèmes liés à l’emploi et au logement. 

Rappelant que son programme s’inscrit dans la continuité des acquis déjà réalisés depuis une dizaine d’années, il a appelé les Béjaouis à participer à la poursuite et au parachèvement de ce programme, à apporter leur pierre à l’édifice dans tous les domaines pour, a-t-il dit, construire ensemble l’Algérie de demain.

«J’ai le plaisir de vous annoncer qu’un programme de développement spécial pour la wilaya de Bejaia est déjà prêt et que l’enveloppe budgétaire pour sa mise en œuvre est disponible», a-t-il déclaré devant une foule nombreuse.

«Il ne s’agit pas d’un simple effet d’annonce pour les besoins de la campagne électorale, mais ce programme existe bel et bien», a encore souligné
M. Bouteflika qui a demandé à la population locale de «patienter encore quelques jours» pour en savoir plus.

Il a tenu d’emblée à rappeler qu’il était venu dans cette wilaya en tant que candidat indépendant à l’élection présidentielle et non pas en sa qualité de président de la République.

«Bejaia n’existe pas sans l’Algérie comme il n’y a pas d’Algérie sans Bejaia», a encore lancé le candidat Bouteflika, ajoutant, à l’adresse des citoyens béjaouis: «l’Algérie vous attend et a besoin de vous».

Il a appelé par la suite à ce qu’une nouvelle page soit ouverte, car l’Algérie, a-t-il dit, a besoin de paix, de sécurité et d’amour et ceci concerne tous les citoyens, d’autant plus que la population de Bejaia est réputée par son amour pour l’Algérie.

Devant une assistance qui ne cessait pourtant de clamer son nom, Bouteflika a tenu ces propos: «même si vous avez des problèmes avec moi, je me considère comme l’invité de Yemma Gouraya, de Fatma N’Soumer, des moudjahidine et moudjahidate issus de cette ville ancestrale et authentique ainsi que des citoyens qui placent l’Algérie au dessus de toutes les considérations».

 

Il a ajouté qu’il se trouvait évidemment parmi les siens à Bejaia et qu’il leur dit: «si vous vous considérez amazigh, sachez que toute l’Algérie est amazigh, tout en précisant qu’en tant que musulman, arabe et amazigh, « nous sommes tous disposés à nous sacrifier pour ce pays».

Abordant la situation générale du pays, Bouteflika a fait rappeler à l’esprit que l’Algérie avait traversé une période difficile, tout en rendant hommage aux victimes des événements qu’a vécus, en 2001, la région de la Kabylie.

Source : SITE OFFICIEL Direction de Campagne – Bouteflika2009
http://www.bouteflika2009.com/fr/content/view/238/77/

Charles-Robert Ageron, l’historien de la colonisation et de la décolonisation, dans un lettre ouverte en 1955, à propos de l’Algérie et des perspectives qui étaient alors possibles

Mardi 17 mars 2009

In memoriam  Charles –Robert Ageron    par  Michel Levallois   

Notre confrère Charles –Robert Ageron est mort à l’hôpital du Kremlin-Bicètre,  dans la nuit du 2 au  3 septembre dernier, à l’issue d’une maladie dont il avait commencé à sentir les effets dès 2.000.  Il a  été inhumé à l’Haÿ les Roses  le 9 septembre, après une messe à laquelle assistaient bon nombre de ses  collègues  historiens algériens et français.

Charles-Robert Ageron était né à  Lyon le 6 novembre 1923.  Après avoir vécu l’occupation,  évité le STO,  adhéré à  la résistance morale  et  journalistique  d’André Mandouze à Témoignage chrétien,  il fut incorporé dans l’armée de
la Libération.  Libéré à la fin de la guerre, après deux ans de service,  il  reprit ses études à Lyon où il fut l’élève de  Henri-Irénée Marrou.  Reçu à l’agrégation d’histoire en 1947, avec ses collègues célibataires, il fut nommé en Algérie, professeur au Lycée E.F Gautier d’Alger  et  à l’Institut d’études politiques. Il n’avait pas souhaité cette affectation, car il n’avait pas gardé bon souvenir de la  société qu’il avait  découverte lors d’une mission auprès de la légion à Sidi bel Abbès  en 1945.  Elle fut pourtant décisive pour le reste de sa carrière.  Il resta  en Algérie jusqu’en 1957    il vécut avec ses étudiants  et des amis et collègues  « libéraux », dont  son ancien professeur de latin de khagne André Mandouze,  les séquelles des massacres de Sétif,
la  Toussaint sanglante, les massacres du constantinois de 1955, l’arrivée du contingent, la bataille d’Alger. Comme l’a très bien dit Daniel Rivet,  plutôt qu’une « conscience anticoloniale », le drame algérien lui  fit  sans  doute acquérir une « conscience critique du fait colonial » .

Lire la suite : Charles-Robert Ageron,   l’historien de la colonisation et de la décolonisation, dans un lettre ouverte en 1955, à propos de l'Algérie et des perspectives qui étaient alors possibles dans HISTOIRE et charlesrobertagero2.doc

 

« LETTRE OUVERTE A M. SAUVY »

 de Charles-Robert AGERON

Revue « Consciences Maghribines », publication N° 5, été 1955, postérieur au 20 août 1955.

pdf dans HISTOIRE et consciencesmaghribines.pdf

[…]

Les plus réalistes d’entre eux croient à une communauté algérienne à parité avec les Européens, mais ils ne convaincront les masses que s’ils peuvent leur offrir autre chose que des promesses à terme, la fin de l’assujettissement politique. 

Cela vous parait vague et vous craignez la surenchère ? 

Redoutez plutôt de manquer une fois de plus le Rendez-vous de l’Histoire. Vous ne pouvez plus imposer en 1955 la politique que les colons ont fait échouer en 1936. Aujourd’hui, les Musulmans les plus modérés vous demandent une Algérie fédérée à
la France ; une Algérie où ils puissent se reconnaître chez eux et où ils puissent travailler pour eux et pour leurs enfants. Allez-vous refuser par peur de l’avenir ? 

Hâtez-vous de comprendre, M. SAUVY. Peut-être n’est-il plus temps déjà : le navire fait eau de toutes parts et les voies d’eau ne s’aveuglent pas avec des injections de capitaux. On ne contraindra pas les Musulmans à sauver l’Algérie malgré eux. 

Si les Musulmans maintiennent leur refus, si les mutineries se multiplient, ce lourd navire algérien surchargé de vies humaines, va droit à la catastrophe. « SOS pour l’Algérie » Oui, M. SAUVY, mais à l’heure du danger, il n’y a plus de place pour les calculs, ni pour les droits acquis, il n’y a plus de solutions imposées ; il y a des algériens associés pour le sauvetage ou il y a naufrage commun ! 

C. AGERON

Le « Mouvement d’Algérie-El Djazaïr » s’adresse aux candidats à la présidentielle du 09 avril 2009

Mardi 17 mars 2009

Le attributionautomatiquedelanationalitalgrienneenarabe.doc

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En prévision de la campagne électorale dont le départ coincidera, cette année, avec la fête de la victoire, un mouvement est récemment initié par des universitaires et acteurs de tous bords, de nationalité algérienne et/ou française, tous natifs ou descendants de natifs d’Algérie. Il vient de s’annoncer par une correspondance adressée aux candidats à la présidence, tout en rendant publique le texte fondateur et la liste de ses membres fondateurs.

Ces documents peuvent intéresser les usagers de « Akbou centre du monde » à plus d’un titre. En effet, non seulement les fondateurs de ce mouvement compte des personnes issues de Akbou ou de la Soummam, il pourrait constituer un élément de débat à intégrer dans la campagne que les états-majors des candidats à la présidence de l’élection du 09 avril prochain, à Akbou et plus largement dans la Soummam, d’autant plus que les animateurs de ce mouvement qui ne comptent visiblement pas de militants actifs de la droite, nostalgiques de l’Algérie française (ancien parti colonial), ne demandent que l’accès automatique à la nationalité algérienne. Ce, tandis que de gros bonnets expropriateurs, exploiteurs et dignitaires du régime colonial, à l’image du bachagha Benalichérif, ont effectué un retour tonitruant, ces dernières années, sur les terres des populations spoliées en 1871, terres agricoles qui sont, depuis, l’objet de reventes et d’usage à des fins visiblement non-agricoles (voir expropriation71 et, sur ce blog même : APC d’AkbouPAPW de Béjaïa, etc.

A vous, maintenant, le message* ayant accompagné les documents joints que vous pouvez télécharger en cliquant sur les icones ci-dessus.

Mesdames, messieurs, journalistes en Algérie.

Notre Mouvement, D’Algérie-Djezaïr, souhaite s’adresser aux candidats à l’élection présidentielle ainsi qu’au peuple algérien et donc à vous-même.

Pour cela, nous prenons ce contact afin de vous solliciter pour la diffusion du texte suivant ainsi que pour la prise de connaissance des éléments l’accompagnant définissant la philosophie de notre Mouvement.

Merci de votre attention et de votre aide.

Respectueuses salutations.

Les adhérents à D’Algérie-Djezaïr

* Le quotidien El-Khabar a réservé un compte-rendu à cette initiative. Voir :http://www.elkhabar.com/quotidien/?ida=147801&idc=30&date_insert=20090315

 العدد5575 الاثنين 16 مارس 2009 Lundi 16 mars 2009, édition numéro : 5575

PAS DE CHANCE, COUSIN : MON GOURBI S’EFFONDRE

Dimanche 8 mars 2009

PAS DE CHANCE, COUSIN : MON GOURBI S’EFFONDRE

Quelles idées se fait-on donc des gourbis kabyles et des habitants des gourbis kabyles ? Ce n’est peut-être pas ce que je voulais écrire. Voyons donc ce que donnerait la phrase suivante :
Quelles idées se fait-on donc des gourbis kabyles et des habitants des gourbis kabyles !
Dans mon enfance, j’ai fréquenté bien des gourbis. Les recoins, les reflets des rais de lumière passant à l’intérieur à travers des trous insoupçonnables par temps gris ; les traits, les gestes, le rythme du mouvement, le débit de la parole et le ton de la voix des personnages, les animaux domestiques et les objets même me rendent allègrement visite dans le souvenir. Certains d’entre eux m’étaient douillettement accueillants et leurs occupants familiers et chaleureux. Les formules de bienvenue que l’on prononçait à mon entrée étaient agréables telles qu’elles étaient énoncées. Cependant, je ne les aurais pas exigées : je m’y savais bienvenu et cela suffisait amplement à m’y entrainer. Il va sans dire que une formule de bienvenue et un accueil plus jovial que de coutume peut s’avérer propre à s’assurer que l’on n’y est pas encombrant, par temps d’occupation ou de tension inhabituelle, de nouveaux venus, etc.
Puis les maisons-gourbis, les quartiers-gourbis et les villages-gourbis qui m’étaient inaccessible lorsqu’elles vibraient de vie se sont laissées aller à mon jeu de reconstitution imaginaire de leur vécu d’antan au fur et à mesure qu’ils sont délaissés, abandonnés, en ruine, avant d’avoir un appareil photographique par lequel j’ai pu offrir à certain nombre d’entre eux une espérance de survie supplémentaire, aussi durable que peut l’être une image numérique.
D’en avoir connu beaucoup, d’en avoir découvert les décombres et les vestiges, d’avoir écouté des réminiscences diverses à propos d’autres, je me demande bien quelle opinion les anciens gourbimen auraient eu de ce que les ethnologies et autres récits laissaient penser d’eux et de leur vie si cela leur était parvenu. Au fur et à mesure que cette question m’occupe, il me semble que ce mode de vie qui s’efface de plus en plus rapidement et complètement retient mon attention, sans même que les moyens d’une observation soutenue ne soient à ma portée ; pour cela, j’ai tout de même un atout maitre : je n’ai pas encore perdu mon point de départ.
En effet, mon gourbi ancestral est encore debout bien que le feu (le kanoun) l’ait quitté il y a de cela sept ans, que la gouttière de Aammi Lhadj Ldjerrar (Cousin Hadj Tracteur) pisse son petit Niagara d’eaux pluviales remue-toiles depuis près de quarante ans et que même la société d’électricité et du gaz d’Akbou rechigne à rétablir le fil de courant électrique arraché il y a de cela dix ans suite à l’effondrement de quelques rangées de parpaings d’un mur voisin. Et j’y habite toujours en cette nuit du 05 mars 2009 pendant laquelle la gouttière de Aammi Lhadj Ldjerrar vient d’enregistrer un premier résultat bien concret : une partie du mur de mon gourbi visible à partir du siège de l’Association culturelle « M-Seud » vient de s’effondrer, vers l’extérieur.
Une partie du mur de mon gourbi vient de s’effondrer du fait de la gouttière de Aammi Lhadj Ldjerrar ? Ne vous en offusquez pas ! Ne vous révoltez pas si vite ! Si les « médiateurs » sociaux avaient vocation de faire entendre raison aux riches et aux introduits, ce genre de situation n’a pas lieu d’être dans un village doté de notables, les pieux et les laïcs. Et si un procès en justice était engagé et gagné, Aammi Lhadj Eldjerrar a très largement les moyens de faire amende honorable ; à supposer que ce ne serait pas le cas, un fils commissaire aux comptes pourrait solder ses comptes en un claquement de doigts.
Des pans entiers de l’appareil judiciaire : huissiers, experts, avocats, etc. étant privatisés, cela non seulement dissuade l’habitant de gourbi tel que je suis perçu à faire appel à l’appareil judiciaire, cela le condamne à continuer de vivre dans son gourbi sans rechigner, sans faire attention aux jets d’eau qui s’écrasent sur les feuilles de tôle, de bâche et de plastique placées en véritables outils antidiluviens pour renforcer la toiture face au « déluge », au moins autant qu’il ne s’effondre pas. Et, s’il s’effondre, à changer d’adresse (« ih’ewwel bab dar-u ») ou à se laisser prendre sous les décombres comme le fut ma grand-mère paternelle en 1957, quand une bombe de l’armée française lui a mis quelques tonnes de grabats sur le corps.
Vous voyez donc bien qu’un procès serait aussi couteux qu’aléatoire. Ce, d’autant plus que, pour justifier un procès-diversion qui ne cesse toujours pas de donner lieu à des rebondissements que vous ne voudriez pas m’entendre qualifier, Aammi Lhadj Ldjerrar a, dès 1995, pris les devants en se servant d’un bout de papier griffonné et raturé, arraché à un cahier d’écolier de passage, « délivré » en un seul exemplaire dont on ne retrouvera aucun duplicata dans leurs archives, par des membres (dont l’un se retrouvera membre d’une APC deux ans plus tard) de l’Association sociale « Ex .Taaf » qui venait tout juste de se créer.
Jusqu’en ce moment où il commence à céder quelques pierres de son édifice, la conscience sans cesse alerte qu’il ne durera pas indéfiniment fait que la lucidité est maximale quant à son rôle de point de départ unique, non seulement pour retrouver en esprit un environnement rongé par l’anéantissement mais aussi pour tenter d’effectuer un « transfert de compétences » d’un monde en train de disparaitre à cet autre qui s’érige dont ni les gestes, ni les tons, ni les relents, ni rien ne semble se référer à l’ancien, sauf peut-être pour continuer d’en tirer quelques faux semblants aussi pernicieux qu’anachroniques.
Et, du fait, mes visiteurs occasionnels qui s’émerveillent de se retrouver dans un gourbi encore habité, tel qu’ils en avaient connu ou rêvé de connaitre dans leur enfance me rappellent mon retard à rejoindre le confort matériel ambiant tout en me paraissant ignorer superbement que l’essentiel de mon activité associative, syndicale et politique ; de ma production textuelle et de mon livre « Nnan Imezwura » même portent les marques de ce centre d’un monde reclus dans le passé, les ruptures de rythme provoquées par le bruit léger d’une souris ou d’un serpent qui se faufile parmi les tuiles, des révisions inspirées par voix qui interviennent par le biais d’évocations mentales.
Ce gourbi qui a constitué ma seule plaque-tournante, ma table d’agencement entre un monde pour lequel je me suis préparé dans les trois premières décennies de ma vie et un monde qui fait irruption, qui happe, que je rejoins sans regret, sans désordre mais non sans patience ; ce gourbi qui a constitué ma chance –chance que je craignais de perdre il y a encore quelques instants, avant que ces pierres ne se détachent du mur- de moduler le passage d’espérances sans suite à un futur recommencé ; ce gourbi n’est pas des moindres. Il ne s’effondre pas en un seul coup, ni sans résistance, ni sans férocité destructive extérieure.
Ce gourbi a peut-être l’âge des fondateurs de ce village ; une pierre, témoin du nom donné à ce village, y était encore déposée il y a un peu plus de trente ans ; la pisseuse d’eau de Aammi Lhadj Ldjerrar n’est qu’une méchanceté ostentatoire d’arriviste rurbain qui se moque de son passé de villageois en perpétuant une hostilité vieille d’un siècle, acquise par aliénation mais non directement héritée.
Entouré de tours de béton qui devraient faire aux âmes défuntes à lesquelles il donne une carapace commune le même effet, en plus rapproché, que les imposantes et massives constructions des colons Saint Julien, Caudrillet et du bachagha Benalicherif, mon gourbi peine de plus en plus à aider à se représenter l’histoire d’une grande maison réduite en masure depuis le colonialisme mais il n’en continue pas moins de la porter jusqu’à sa dernière pierre encore en place, de suggérer une histoire de rapports sociaux qui, peut-être, apporte une nuance utile à une autre histoire effleurée dans l’appendice* de l’ouvrage du professeur Mohammed ARKOUN.
Je ne me suis sans doute plus senti autant chez moi depuis bien longtemps, tant il était peuplé du monde ancien, que pendant cette nuit où quelques pierres ont déjà échappé à son maintien séculaire.
Il m’apparait, enfin ! dans sa splendeur naturelle.
Demain est un autre jour.
Le 06 mars 2009
Tahar Hamadache.
*« Humanisme et Islam – combats et propositions », Mohammed Arkoun, Editions Barzakh, Alger, octobre 2007. L’appendice, en pages 325-331, est intitulée : « Avec Mouloud Mammeri à Taourirt-Mimoun – De la culture orale à la culture savante »