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Archive pour juillet 2009

Le musée de l’eau de Toudja et le festival de Djoua. Rives gauche et droite de la Soummam.

Vendredi 31 juillet 2009

 Le musée de l’eau de Toudja et le festival de Djoua. Rives gauche et droite de la Soummam.

 Le site http://www.toudja.org est d’ores et déjà fonctionnel. D’une très bonne présentation, agréablement illustré et léger au téléchargement, le visiteur a toute latitude de prendre connaissance du projet du musée de l’eau. Nous venons d’apprendre par ailleurs qu’un débat citoyen autour des problèmes de l’eau, et notamment sur le projet du Musée de l’eau (Axxam n waman) de Toudja, est prévu lors des débats programmés dans le cadre du festival de Djoua, sur la rive droite de la Soummam. Le festival de Djoua est, quant à lui, porteur du projet de reconstruction et préservation du caractère kabyle de villages en ruines, détruits ou abandonnés depuis les années de braise de la guerre d’indépendance. Le site du festival, lui aussi très bon à découvrir, est celui-ci : http://www.festivaldjoua.com

Ci-après un article paru sur le blog de M. Rabah NACERI, rapportant le déroulement d’une séance de travail à propos du Musée de l’eau, à Toudja. Bonne lecture !
Tahar Hamadache.

Projet unique en Algérie

Une séance de travail s’est tenue au siège de l’Apc de Toudja, sous la présidence du maire de la commune,  Monsieur Idir Hassissi, qui a regroupé les membres de l’association Gehimab (une association de renommée mondiale) et des personnalités culturelles et scientifiques.

Un ordre du jour assez riche a été soumis aux membres présents:

1. Présentation du projet ONG II “Usage de l’eau à Toudja” et visite du siège de la future Maison de Eau (Axxam wamane). Enumération des dépendances du futur Musée de l’Eau (sources, cascades et chute d’eau, conduite, Maison de l’Eau, …)

2. Point de situation du projet et mise en place des échéanciers pour la finalisation (fix”e à fin octobre)

3. Mesures à prendre pour assurer la gestion du Musée après sa réception (à la fin du projet ONG II).

Le débat qui s’en est suivi a gravité autour des extensions éventuelles du projet et des structures liées au développement local comme la reconstitution d’un moulin à eau traditionnel, d’une forge traditionnelle, d’un gite rural, d’un centre de documentation sur l’histoire. Le Président d’Apc a, dans son allocution d’ouverture, réitéré la volonté de la commune de Toudja de mettre en évidence tous les atouts dont dispose cette dernère collectivité territoriale pour conférer à son développement futur une dimension durable, plus lisible et mieux affichée.

Le projet de Musée de l’Eau (avec notamment l’aménagement “Axxam Wamane”) lancé en partenariat avec l’association Gehimab avec l’appui du programme ONG II de l’Union Européenne, participe de cette nouvelle perception et s’inscrit dans la perspective de matérialisation de cette orientation. L’eau étant la première et la plus connue des ressources de Toudja, son Président d’Apc actuel entend inscrire le projet de sa préservation et de sa valorisation, comme un acte fondateur hautement symbolique, de cette nouvelle politique de développement durable de la commune. Dans la lancée de son intervention, le maire informe l’assistance que l’enveloppe financière de l’Apw a été transférée au compte de l’association Gehimab.

Le président de l’association Gehimab, le Professeur Djamil Aissani, rappellera longuement dans son intervention la génèse du projet du Musée de l’Eau de Toudja, avant d’énumérer les étapes réalisées et de préciser l’agenda prévisionnel et le contenu des extensions envisagées qui constituent le point central de l’ordre du jour de la séance de travail.

En ce qui concerne le projet, le Président du Gehimab a annoncé aux participants que l’étude technique devant servir au classement du site de l’aqueduc est achevée. Il en est de même du site internet qui sera en ligne à la fin de la semaine (http://www.toudja.org).

Source : http://rabahnaceri.unblog.fr/2009/07/28/toudja-se-dote-dun-musee-de-leau

Fouad Sahraoui, chercheur visiteur au NASA Goddard Space Flight Center résout le mystère du chauffage du vent solaire

Vendredi 31 juillet 2009

 

Planète : Le mystère du chauffage du vent solaire résolu par un Algérien

Durant des décennies, les astrophysiciens sont restés perplexes devant l’origine du chauffage extrême du vent solaire. Mais grâce à l’Algérien Fouad Sahraoui, chercheur visiteur au NASA Goddard Space Flight Center, dont les travaux ont récemment été publiés dans le prestigieux Physical Review Letters, le mystère semble être résolu : la turbulence engendrée par le Soleil.
Le vent solaire est un flux de plasma ionisé qui est éjecté de la haute atmosphère du Soleil à une vitesse moyenne de deux millions km/s. En analysant les données des satellites Cluster (ESA), qui étaient à l’origine lancés en 2000 par un quartet européen dans le but d’étudier la magnétosphère, il s’est trouvé que les quatre vaisseaux ont fait une incursion de trois heures dans l’atmosphère du vent solaire, ce qui leur a permis, grâce aux magnétomètres alternatifs montés à bord, de prendre les mesures des ondes électromagnétiques et des turbulences. « L’énergie turbulente est transférée des grandes échelles (1000 000 km) aux petites échelles électroniques (3 km), démontrant que cette énergie ne se dissipe pas à l’échelle des protons (100 km), mais continue sa cascade jusqu’aux électrons où elle est absorbée par le vent solaire, rendant compte de son chauffage (1 million de degrés), tout comme la couronne solaire », nous explique l’expert de la physique des plasmas. Ce nouveau phénomène (transfert de grandes quantités d’énergie des grandes échelles vers les petites échelles électroniques) pourrait aussi arriver dans d’autres systèmes astrophysiques, des vents stellaires aux trous noirs en passant par les magnétosphères planétaires. Autre application terrestre : les réacteurs de fusions nucléaires, où la turbulence à l’intérieur crée des instabilités qui détruisent le confinement des plasmas de fusion. « Le vent solaire représente un laboratoire naturel pour l’exploration de la physique des plasmas, et nous prévoyons de réaliser d’autres observations pour en savoir davantage », conclut l’enfant fétiche de la vallée de la Soummam.

Par Belkacem Meghzouchène

http://www.elwatan.com/Planete-Le-mystere-du-chauffage-du Edition du 31 juillet 2009

Diplomatie et nouveau code civil indignent les émigré(e)s, selon Algerian Ettraki Club in Europe

Mercredi 29 juillet 2009

 Diplomatie et nouveau code civil indignent les émigré(e)s, selon Algerian Ettraki Club in Europe

Synthèse de : Tahar Hamadache.

Cinq associations algériennes en Europe et le Club Ettaraki algérien en Europe (Algerian Ettraki Club in Europe) saisissent l’occasion de la tenue des assises de l’émigration par le ministère de la solidarité et de l’émigration pour fondre d’une lettre ouverte au président de
la République , algérienne démocratique et populaire.

Dans cette lettre, les signataires (1) soulèvent un nombre appréciable de questions aussi bien éthiques, politiques que juridiques qui risquent de préfigurer une évolution sociologique très hasardeuse et très arbitraire de l’émigration algérienne à travers le monde. Cette évolution prévisible quoique non souhaitable risque même de se voir renforcée de quelque mythe fondateur si l’on en juge par le chiffre, très éloquent, variant entre 59 et 120 départs quotidiens d’algériens, « à la recherche d’une vie heureuse ou d’emploi ».  Les signataires regrettent le fait que les ministres et autres hauts responsables algériens, en déplacement à l’étranger, ne se donnent pas la peine de rencontrer les émigré(e)s, qu’ils soient d’éminents chercheurs ou simples salariés. Pire, en usant d’une certaine pratique de « deux poids, deux mesures » du fait que ces responsables rencontrent tout de même des émigrés privilégiés, les signataires craignent que cela n’entraîne l’émigration à se scinder en une classe d’intouchables et en une autre, bien plus large, d’indésirables..  

Dans la même lancée, ils accusent les organisateurs de l’université d’été de l’émigration d’y avoir invité sélectivement les seuls fidèles aux responsables, fils de nantis résidant à l’étranger et « affiliés au gouvernement de l’ombre qui vous combattent personnellement », disent-ils en s’adressant au président de
la République. Ils regrettent que les marginalisés lors de cette université d’été comptent tout à la fois des savants, des artistes, des entrepreneurs, des hommes d’affaires et des propriétaires de société qui ont acquis notoriété et respect dans leurs pays d’accueils respectifs. Et de rappeler que l’initiative de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika au prix Nobel de la paix, en 2008, initiée par les signataires, a été l’objet de tentatives d’obstruction de la part de certains responsables au point où des signataires de l’initiative s’étaient retrouvés en prison en plein mois de ramadhan ! 
Vraisemblablement très au fait des conditions des algériens émigrés, notamment dans les différents pays d’Europe, les signataires avancent le chiffre de seize mille (16 000) algériens se trouvant dans les prisons européennes, dont les dossiers ne semblent interpeller les consciences des chargés d’affaires consulaires que lorsqu’il s’agit d’un individu bénéficiant de liens de parenté ou d’amitié haut placé. Et de rappeler le cas, suffisamment médiatisé, de Merouane Essadi, originaire de Sour El Ghozlane, emprisonné depuis plus de 5 ans en Ukraine alors que tout plaide en faveur de sa totale innocence. 

A les lire, plusieurs lettres d’invitations auraient été lancées à l’endroit du ministre de la solidarité nationale afin qu’il aille à la rencontre de l’émigration algérienne en Angleterre, totalement marginalisée selon les signataires de la lettre ouverte, à l’exception des copains des fils de ministres qui passent leurs weeks-ends aux frais de l’Etat algérien. 30 000 algériens résidant en Angleterre, 32 000 autres en Allemagne et plus de 17 000 en Italie ressentent cette marginalisation tandis que le ministre de la solidarité, que les signataires n’ont pas du tout l’air de ménager, continue de focaliser toute son attention sur
la France , précisant que cette focalisation constitue la raison principale de leur lettre ouverte, récipient de toute leur tristesse face à ce qui ne pourrait être selon eux que déni méthodique ou ignorance de la part des responsables de ce secteur. 
Sur un autre registre, les signataires soulèvent le problème de l’enregistrement des naissances auprès des consulats algériens à l’étranger, ce en quoi ils n’incriminent pas les services consulaires, ciblant la loi algérienne régissant les affaires personnelles qui, pour ce faire, obligeraient les parents à enregistrer préalablement leur mariage, demandant au président de
la République à faire en sorte que cette disposition, d’origine juridique française, soit allégée dans le cadre du nouveau Code de procédure algérien. 

Et de finir en faisant remarquer que l’émigration algérienne commence à être vue comme un danger dans les pays d’accueil, alors que ses efforts, son intelligence et son adaptabilité aurait contribué à former des sociétés entières, regrettant que la corruption et l’indifférence de certains responsables contribuent incidemment à leur humiliation et à leur dévalorisation continue. Les signataires concluent leur lettre ouverte en émettant leur désir de ne pas être arrêtés aux aéroports d’Algérie, craignant que des consignes en ce sens auraient été déjà données à leur encontre. Pour notre part, nous considérons qu’ils ouvrent un débat qu’il est souhaitable d’élargir à tout algérien vivant à l’étranger, quelle que soit sa condition sociale ou économique, afin que le souci d’Algérie et d’algérianité ne soit raréfiée et réductible à un segment ou à une direction donnée et que les nouvelles circulent, acquerant valeur d’information et constituant données de travail quand elles se confirment. 

Le 29 juillet 2009.

Notes :
(1) La lettre ouverte est signée respectivement par :
Club « Ettaraki » algérien en Europe, bureau de Londres, Zahir SERRAI ;
Association « Rahab », Hamburg (Allemagne), Dr Kamal BEN DEGGA ;
Cercle des penseurs algériens à Ruggia (Italie), Azzouz DERRADJI ;
Cercle des femmes de Kassel (allemagne), Dr Dalal BEN ARFA ;
Fédération scientifique algérienne, Bern (Suisse), Pr Djamila ROUABHI ;
Association « Nour », Namur (Belgique), Cherrad YAHIAOUI.

Pour lire le texte original de la lettre ouverte, en arabe :
 زهير سراي:رسالة من القلب الى رئيس الجمهورية الجزائرية
http://www.alhiwar.net/pages/index.php?pagess=byanat&id=19353 

Toudja. Béjaïa. L’aqueduc à deux tunnels et un pont de Saldae

Mercredi 29 juillet 2009

L’aqueduc à deux tunnels et un pont de Saldae

Les énigmes des anciens et des modernes

 

Par : Tahar HAMADACHE.

C’est complètement nu que celui qui avait l’équivalence d’ingénieur topographe moderne arriva à Bougie, lors de son second et dernier voyage connu dans cette ville. Ses vêtements, il les a perdus en cours de route lors d’une agression par des voleurs ; l’histoire romaine n’a pas retenu l’identité de ces derniers.

 

Vers l’an 145 de l’ère chrétienne (environ 470 avant l’exode de Mohamed, QSDSSL), NONIVS DATVS se rendît par deux fois à Bgayet, alors appelée Saldae. Le librator devait s’occuper de gérer la suite, difficile, des travaux sur l’aqueduc qu’il avait lui-même bien commencé et qui devait alimenter la ville de Saldae en eau potable à partir du mont Toudja.

Parce que les spécialistes de sa trempe n’étaient pas nombreux, la ville de Saldae a du faire appel au Procurateur de Maurétanie Césarienne qui, à son tour, demanda au Légat de la IIIe légion Auguste d’en dépêcher un pour aider cette ville à avoir son aqueduc. L’expert militaire vint, accomplît sa mission, remit son rapport au Procurateur et regagna sa légion. Ainsi finit, pour nous, l’histoire de NONIUS DATUS et commence celle de l’aqueduc de Toudja.

 

SALDAE était connue en tant que ville côtière par les Phéniciens depuis au moins le IVe siècle av. J.C. Elle avait continué d’être une ville importante sous les Masseissyles ; sous domination romaine, elle fut l’une des sept colonies de vétérans des légions romaines dès l’an 27 av. J.C.

Avait-elle moins besoin d’eau pendant toutes ces étapes antérieures à l’an 145 de l’ère chrétienne ? Mais alors, qu’est-ce qui justifierait cette autosuffisance hydraulique ? Etait-ce au contraire l’insuffisance en ressources hydriques qui l’empêchait d’accéder au statut d’une ville plus importante qu’elle n’était ?

Difficulté technique ou noblesse de l’eau de source de montagne, il est à remarquer que l’eau du fleuve Soummam ne devait pas beaucoup lui servir quoi qu’elle n’en soit distante que de quelques kilomètres. Ce qui peut conforter cette idée est le fait que, à Tiklat (l’actuelle El Kseur) qui en était bien plus proche, l’on préféra là aussi faire recours à l’eau venant des sources de Toudja. Il est connu que les citoyens nobles romains n’utilisaient les eaux fluviales que pour l’agriculture, non dans la vie domestique. Toutefois, si Tiklat était une installation principalement romaine, Saldae était d’abord une agglomération indigène jusqu’à l’acquisition du statut de colonie pour vétérans. Ce titre comptait-il auparavant parmi les ambitions des Salditains ?

A l’instar de Jean-Pierre LAPORTE, il faut dire que « nous ne savons pas comment la ville de Saldae envisagea, prépara, puis décida la construction d’un aqueduc. Elle dut sans doute constater rapidement la difficulté technique du travail ».

Toujours est-il que nous avons, là, l’exemple d’un grand ouvrage désiré par les habitants d’une ville, elle-même aimée et protégée par les populations rurales environnantes qui, à leur tour, n’auront formé aucune opposition à sa construction et, à partir de ce moment-là, à son fonctionnement.

Aujourd’hui encore, les vestiges, malgré leur détérioration, sont autant bien que possible sauvegardés, surtout  au milieu des vergers les mieux travaillés, y compris même dans la partie de l’itinéraire de l’aqueduc qui avait échappé à l’attention des archéologues jusqu’en l’an 1996. Ce qui avait échappé aux archéologues n’échappait pourtant pas à des paysans vivant à proximité du tracé : c’est comme si cela révélait un secret espoir de revoir cet aqueduc fonctionner de nouveau, tel qu’il l’était probablement jusqu’avant l’occupation de Béjaïa par les Conquistadors espagnols puis par les colons français.

Pourtant,  il y a quelque secret  que l’on a jalousement gardé secret, même lorsqu’une bonne partie finit par en être livrée aux colons français de la ville de Bougie dès 1836 et même après le soulèvement de 1871 suite à lequel les habitants de la région durent négocier la récupération d’une partie des terres expropriées par la fourniture à Bougie d’un 1/5 du débit des sources de Toudja.

Ce secret demeura enfoui malgré la réutilisation de toutes les parties de l’aqueduc découvertes par les spécialistes français et la fonctionnalisation d’un aqueduc moderne dès 1896.

Les habitants devaient espérer que la technique française n’égalerait pas celle des anciens qui avaient décidé de la construction de l’aqueduc, et que l’aqueduc moderne allait un jour craqueler et démontrer son inutilité. Tous les royaumes antérieurs n’avaient-ils pas eu besoin de cette œuvre plus que millénaire ? Les Hammadites et les Hafsides, sous lesquels Béjaïa eut son heure de gloire de Capitale, ne l’avaient-ils pas utilisée en y apportant les quelques réparations nécessaires ?

C’est ainsi que les Français avaient raté, malgré leurs collaborateurs locaux, quelques trois kilomètres du tracé de l’aqueduc, à partir de la dernière colonne du pont-aqueduc en direction de Béjaïa. A partir de ce point, on avait perdu et pour longtemps le nord du tracé de l’aqueduc et on en a vainement cherché les traces vers le sud, bien qu’ils le retrouvaient quelque kilomètres plus loin.

La raison pour laquelle les français s’étaient fourvoyés pouvant être comprise, il reste à interroger celle pour laquelle les informateurs locaux dont ils avaient pu disposer ne connaissaient pas la direction que prenait l’aqueduc à partir de l’endroit aujourd’hui connu sous le nom de Tihnayin (El Hnayat, « Colonnes »). Qui étaient-ils ? De quelle extraction sociale étaient-ils issus ? Quelles pouvaient être leurs motivations profondes ? Comment pouvaient-ils ignorer ce que tout le monde là-bas pouvait savoir et sait toujours ?

Répondre à ces questions aurait pu nous éclairer davantage sur ce qui travaillait la société locale au plus fort d’un rapport de force entre quelques tribus à lesquelles s’associait la société citadine et savante chassée de Béjaïa en 1833 d’une part, et une puissance telle que la France impériale d’autre part.

Il a fallu attendre 1994 pour que le connaisseur de l’antiquité algérienne Jean-Pierre LAPORTE fasse une interprétation judicieuse de photographies aériennes obtenues à Alger en 1985, datées de 1959, et d’envisager « la possibilité d’un tronçon d’aqueduc différent de celui que nous connaissons jusqu’ici » : « un tracé nord abandonné ».

La même observation avait peut-être attiré l’attention d’un professeur, M. Orfly Mohamed El Kheir, à l’institut d’archéologie de l’université d’Alger. Il conseilla à deux étudiants qu’il encadrait d’effectuer leur recherche en vue de la licence sur l’aqueduc de Toudja.

C’était une période difficile dans les environs de Toudja et l’aqueduc avait déjà été l’objet de plusieurs écrits. Pourtant, les deux étudiants en question, Merzouk Youcef et Iaichouchen Ouamer, se sont plus que jamais passionnés pour leur sujet d’étude aussitôt installés à Toudja : l’accueil, le soutien et les soins que la population locale leur a réservé était magnifique, mais il y avait bien davantage.  Très rapidement, ils sont allés de village en village découvrir des documents archéologiques aussi intéressants que parfois totalement inédits. La population qui leur témoignait une disponibilité totale partageait la joie des découvertes successives qu’elle leur faisait faire.

Les découvertes fabuleuses, que leur Mémoire de licence soutenue en 1996-1997 rapporte, sont d’abord l’affirmation de la justesse de l’hypothèse avancée par J-P. Laporte quant à la direction prise par l’aqueduc après le pont, ensuite un second tunnel ou, plus exactement, un premier tunnel situé entre le pont de « Tihnayin » et le tunnel déjà connu du lieu-dit « El Habel ».

On ne peut s’empêcher de penser qu’une importante découverte est aussi ailleurs : en gardant secret pendant près de deux siècles trois kilomètres d’aqueduc dont un tunnel surplombé de puits d’aération repérables de loin, ils livrent une appréciation de l’attitude qu’ils pouvaient observer contre quiconque s’aventurait à agresser leur quiétude et à violer leurs secrets. Qu’ils aient si chaleureusement contribué à la réussite du séjour des deux étudiants parmi eux révèle l’attachement des villageois locaux aussi bien à ce patrimoine, qu’au lien ombilical qu’il représenterait avec la perle de la Méditerranée , leur ville, Bgayet.

On pourrait chercher à savoir pourquoi la thèse de nos deux étudiants n’est pas citée dans certains travaux ultérieurs relatifs à l’aqueduc de Toudja. Le Mémoire serait-il égaré ? Ou bien gagnerait-on à ce que l’université algérienne fasse davantage cas des travaux de recherche qui sont menés en son sein et dont elle peut s’enorgueillir ?

Ce qui serait intéressant, c’est de chercher à comprendre si l’intérêt des gens de Toudja pour l’aqueduc s’élargit à tout ce qui concerne la gestion de l’eau, aussi bien à Toudja qu’à Béjaïa avant l’occupation française ; si les travaux de Sidi Hend Ouedris à Timezrit pouvaient être compris comme la manifestation d’un savoir hydraulique bien établi localement et quel lien cela pourrait avoir avec les autres formes de gestion de l’eau et d’irrigation, dont les foggaras du sud. Se pencher sur de telles questions pourrait conforter l’idée d’un musée de l’eau à Toudja, que l’on appelle de nos vœux depuis déjà quelques années.

 29 juillet 2009. 

Bibliographie :

En français :
          
Laporte, Jean-Pierre. Note sur l’aqueduc de Bougie, Africa Romana, Alli del XI, convegno di studio cartageno, edit. El Torchietto Azieri, 1994, pp.710-762.
          
Djermoune, Hocine. Le Librator Nonius Datus et la construction de l’aqueduc de Saldae (Toudja), Béjaïa centre de transmission du savoir, Travaux du CNRPAH, nouvelle série n°4, CNRPAH, Alger, 2008, pp.34-48.

En arabe :
           
Marzouk, Youcef et Iaichouchen, Ouamer.  Mémoire de fin de cycle pour l’obtention de la licence. Sous la direction de Pr ORFLI Mohamed El Kheir. Institut d’archéologie, Université d’Alger, année universitaire 1996-1997. اعداد الطالبين : مرزوق يوسف و اءعيشوشن واعمر. مذكرة التخرج لنيل شهادة الليسانس. محاولة دراسة معمارية لقناة مياه مدينة صلداي (بجاية). تحت اشراف الأستاذ أورفه لي محمد الخير. معهد الآثار، جامعة الجزائر، السنة الجامعية 1996-1997.
 

Enième dénonciation du bradage du foncier agricole et de l’indu arrêté de restitution des terres mises sous séquestre en 1871

Dimanche 5 juillet 2009

04 juillet 2009. Akbou, wilaya de Béjaïa, Algérie. Marche de représentants d’organisations d’enfants de chouhadas d’Akbou, d’autres organisations et de représentants de villages des communes de Chellata et d’Akbou. Du siège de la Mairie d’Akbou au siège de la Daira d’Akbou. S’élevant contre le bradage du foncier agricole à laquelle a donné lieu l’indue « restitution » des terres mises sous séquestre en conséquence du soulèvement de 1871 mené par le tandem El Mokrani – Cheikh Aheddad aux descendants d’un « ami intime de la France » (pour reprendre les propres termes du président de la république française den poste en 1873). Ainsi qu’à l’annulation de la traitresse décision de restitution elle-même.

Revue de presse du 05 juillet 2009.

NDLR. Quelques précisions suivront.

Enième dénonciation du bradage du foncier agricole et de l'indu arrêté de restitution des terres mises sous séquestre en 1871 dans HISTOIRE et MARCHE du 04 juillet 2009. Revue de presse

ILS ONT MARCHE , HIER, A AKBOU
« Halte au bradage du foncier agricole »
H. S.
In : Le Quotidien national d’information « L’Authentique », rubrique « ACTUALITÉ », édition n°4468 du Dimanche 5 Juillet 2009

AKBOU
«Non au bradage du foncier!»
 
Arezki SLIMANI
In : Le quotidien national d’information « L’Expression », rubrique « Villes et villages », édition du 05 juillet 2009 page : 08

Marche contre la restitution
des terres aux Ben Ali Chérifs

B. Sadi
In : Le journal des Hommes libres « La Dépêche de Kabylie »,  rubrique  « L’événement », Édition N° 2161 du Dimanche 05 Juillet 2009

… Nous interpelle … Akbou
Cheikh Aheddad réexhume l’épisode de la dépossession
M. B.
In : Le journal des Hommes libres « La Dépêche de Kabylie »,  rubrique  « L’événement », Édition N° 2161 du Dimanche 05 Juillet 2009