Archive pour mars 2012

Ni voile, ni suie. Soyez belles, et libres, et dignes, et voilà !

Jeudi 8 mars 2012
Le visage couvert de suie. Des beautés sous la suie. C’était avant 50 ans. Vous étiez tellement jeunes et belles, tellement éprises des vôtres et de liberté, tellement soucieuses de réduire un maximum, de réduire au minimum les raisons de rage impuissante des maquisards vos époux, fiancés, amants secrets, frères, cousins, voisins, amis (d’enfance) et les causes de traumatisme dont une part est diagnostiqué par votre allié sûr, le maquisard Franz FANON.Depuis 50 ans, progressivement, au fur et à mesure que le spectre des trauma de guerre s’éloignait, que d’investissement social pour découvrir au monde sous la suie de guerre la beauté pure, purpurine, dans toutes ses facettes et déclinaisons, des femmes algériennes ! Un temps remis en cause par ce qui est interdit d’évocation par le code de la réconciliation nationale, l’investissement est reparti de plus belle au point que l’on pourrait jurer que l’OMC soupçonne plus voracement encore que la France coloniale du XIXe siècle l’Algérie d’être plus riche qu’elle n’en a l’air. La mondialisation est tellement féroce que nous regrettons que des femmes soient soumises dès leur jeune âge à se débrouiller toutes seules pour avoir à participer de la dynamique esthétique générale mais tous ceux qui le peuvent encore y veillent et toutes assurent cette fonction cathartique et esthétique sociale, à notre grand réconfort.

A toutes, un seul souhait en ce 08 mars. Ce que votre république, la République algérienne démocratique et populaire, vous garantit par force de loi, la société dans son évolution l’ancre dans les mœurs : que votre société soit en mesure de soutenir son investissement dans la beauté féminine en ce 50e anniversaire de l’indépendance et pour de bon, et que la république soit toujours en mesure de pérenniser les lois les plus justes et en améliore le contenu et la teneur par le biais d’élu(e)s qui émanent de vous, de vos aspirations, de l’obligation d’assurer vos fonctions sociales aussi bien les plus belles que les plus honorables.

Un peu aguichantes, parfois ? Un peu naïves aussi, quelquefois, face aux gus qui n’y comprennent guère plus loin que leur petit bout de chair automate ? Sans quelques excès, à quoi bon servirait la juste mesure quant elle est acculée à constituer l’extrême limite ? Que jamais aucun voile ne vienne se substituer à la suie d’il y a plus de 50 ans, dans la prétention de recouvrir votre beauté et votre jeunesse ! Soyez belles et que nous soyons juste assez sages pour apprécier.

Tahar Hamadache
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