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Archive pour juillet 2014

Le matin de l’Aïd, mes dispositions et mes souhaits

Dimanche 27 juillet 2014

[Demain 28 ou après demain 29.07 matin,] Je vais me laver, me raser, mettre mes habits propres et, enfin sortir :)

 

Auparavant, je tiens à vous souhaiter, à chacune de vous toutes, à chacun de vous tous, même si vous n’y croyez pas, même si vous n’en voulez pas, même si vous n’y pensez pas, et même si vous n’en savez que dalle : bonne fête, sahha votre Aïd !

 

C’est que j’ai passé tout le mois de Ramadhan presque exclusivement avec vous, ce qui à mon sens suffit pour que vous méritiez d’en être congratulés les premier(e)s :)

 

D’aucun(e)s pourraient répliquer avec des mots narquois, comme tout à l’heure quand je sortirai, certain(e)s pourraient opposer à mes souhaits des mines ou des paroles sardoniques. Je l’appréhende un peu ;) Mais je m’en fous aussi et la raison en est que c’est l’Aïd !

 

Les uns se laissant traverser l’esprit par l’idée que je joue au piètre bigot et d’autres, un peu plus barbe-kamis, que ça ne colle pas tout à fait à mes positions sur les questions religieuses…

 

Mais je sais que d’autres, j’en suis certain pour l’avoir vécu plus d’une fois ces dernières années, afficheront une mine réjouie de me voir observer la fête même si mes rapports avec la pratique sont peut-être perçus comme des plus distendus. Parmi ces derniers, un petit air, souvent contenu mais inévitablement perceptible, de surprise et/ou de soulagement mettra tout à fait en relief leur mine réjouie :)

 

Les plus nombreux, parmi celles et ceux qui me connaissent le mieux,  y compris même celles et ceux qui ne se font pas d’illusion sur mes convictions ainsi que celles et ceux dont je ne m’en fais pas sur les leurs, mais aussi parmi celles et ceux qui me connaissent le moins, m’ouvriront les bras comme je leur ouvrirai les miens, tout simplement, dans la jovialité et la concorde citoyennes.

 

Ma fête est d’abord de constater que mes congénères, aussi bien dans la rue que sur Internet, de tous âges, des deux sexes, de toute condition matérielle ou mentale, de toutes dispositions spirituelles, sont toujours capables d’être en fête.

 

Quand cette fête a un résonnement social et culturel, qu’elle figure toujours fortement comme un moment privilégié de repérage individuel et collectif dans le cours de la vie, je me fais un plaisir de m’y impliquer et d’y faire participer quiconque est sur mon chemin.

 

Les choses ne seraient plus aussi simples qu’il y a encore quelques années ou décennies ? Ben, ainsi va la vie : on retient autant que l’on peut aussi bien que l’on peut.

 

Et je sais que, bien malgré le recul de l’excellence de nos femmes à préparer les « makrout », il y en a encore toujours qui en font d’excellents, surtout pour le matin de l’Aïd. En encouragement à celles qui en font toujours, et en l’honneur de celles qui en réussissent d’excellents, je vais me faire l’honneur d’aller y goûter :)

 

Sahha Aid-koum !

 

Tahar Hamadache (Vendredi 10 septembre 2010, réactualisé)

Les éditions ACHAB se dote d’un site éditorial et culturel

Dimanche 27 juillet 2014

Nous avons reçu un communiqué des Editions ACHAB dont ci-après le contenu qui nous semble pouvoir servir aussi bien les auteurs que toute personne s’intéressant aux questions qui ont rapport avec tamazight et l’édition.

Vous êtes invité(e) à visiter le blog des Editions Achab :

leseditionsachab.wordpress.com
En plus de l’actualité concernant les Editions, vous y trouverez des points de vue critiques sur
- l’orthographe usuelle utilisée en Algérie ;
- certains aspects de la langue telle qu’elle est enseignée aux jeunes élèves dans le système éducatif algérien ;
- la situation sociolinguistique de tamazight en Algérie.
Vous y trouverez également :
- la notice « Néologie » de l’Encyclopédie berbère ;
- la synthèse des travaux de l’Inalco, projet Terminologie berbère, octobre 1998 ;
ainsi que :
- des entretiens relativement récents (février 2013 avec Algérie Express et mai 2013 avec Le Café littéraire de Béjaïa) ;
- une communication sur l’édition en Algérie (Bruxelles, novembre 2011).
D’autres textes suivront. Soyez les bienvenus. Merci de faire suivre à vos contacts.

Cordialement,
Ramdane Achab

D’Alger à Helsinki. Voyage à travers le voyage du chant « Ay a lxir-inu » -IDIR

Samedi 26 juillet 2014

Par : Tahar Hamadache.

Chanté par la soprano Amel Brahim-Djelloul, la chanson fait grand art, c’est incontestable : l’artiste entre vraiment en scène, la remplit convenablement, cependant que l’on sent qu’elle éprouve des difficultés à entrer en l’état pour lequel le chant est fait. Cette difficulté parait plus sensible lorsqu’on regarde sa performance avec IDIR lui-même, celui-ci semblant faire de grandes invitations à Amel pour franchir le trompe-l’ouïe, je voudrais dire le trompe-sensibilité, qui l’empêche encore de joindre sa force bienveillante et énergique à l’énergie bienveillante des mots et de l’air qui font le chant. La même difficulté se ressent aussi bien chez Nabila Dali que chez Françoise Atlan qui, elle, semble mieux maitriser le texte et mieux pénétrée de son sens (elle en propose une traduction satisfaisante, que je n’ai pas vu ailleurs).

 

La manière dont STINA, l’artiste finnoise que je viens de découvrir, s’empare du chant la propulse très près des cantatrices de tibu&arin que j’ai connues (et dont certaines sont encore bien présentes, heureusement) : si je décidais de me marier et si alors je pouvais inviter l’une d’elle à chanter ce chant, ce sera nettement STINA, à la seule condition qu’elle vienne une dizaine de jours à l’avance se frotter aux cantatrices locales car c’est enfin ainsi qu’elle parviendra à savoir comment on obtient de vrais youyous (car il y en a plus en plus de faux) et de bien bons sons de percussion réalisés au lâcher de baroud, et comment on entre en état, collectivement, que l’on danse des hanches, des doigts (du pied ou des mains) ou simplement des commissures des lèvres, voire par des vibrations invisibles parcourant pourtant toutes les veines et tous les nerfs du corps et toute l’étendue de l’esprit. Elle me semble être la seule à ne pas se laisser tromper par le timbre de voix, trop doux pour la chanson, mais compréhensible chez IDIR, ni par le classicisme trop bien mené par Amel Brahim-Djelloul. Par contre, elle l’écrit dans la vidéo, elle a plutôt cherché dans son patrimoine culturel et musical, finnois, pour trouver l’âme qui correspondrait à un tel chant (ce que les autres interprètes, y compris kabyles, devraient s’empresser de faire en se donnant la peine, très ressourçant au demeurant, de se souvenir des chants de fête de naguère encore).

 

Chez elle, Stina, on est tout prêt de voir comment le bonheur nait à la racine de son souffle et comment il peut accompagner sa voix jusqu’à l’audition, apte à réaliser l’osmose avec un tout petit plus d’entrainement et d’entrain. C’est ce qu’on voit IDIR chercher à capter chez sa partenaire de chant dans son duo avec Amel Brahim-Djelloul. 

 

Je vous le dis, moi : si nous devons nous satisfaire des youyous pâles qui prospèrent de plus en plus (à moins de faire recours au youyou égyptien qui ne produit rien en moi, tel qu’on l’entend à travers films), nous finirons par avoir besoin, après ingénieurs et analystes prospectivistes, de cantatrices de fêtes (mariages, naissances, autres occasions de félicité, de communion et d’allégresse) et c’est le plus normalement du monde que je vous propose de voir en Stina l’ainée de nos futures cantatrices traditionnelles à lesquelles nous pourrions faire appel à l’extérieur ;)

 

Allons, en route vers le chant à travers la chanson !

 

Chantée par la Finlandaise STINA -Version Piano
http://www.youtube.com/watch?v=-CeqmoVzEAU

Occasion nous est donnée de mieux connaitre Stina, invitée par Berbère Lähiradio de Helsinki (100.3 FM). Interview diffusée le 6.7.2014- Elle parle de la musique kabyle et de son rêve de visiter la Kabylie.
http://www.youtube.com/watch?v=Vtm8abV7U7Q

Chanté par la soprano Amel Brahim-Djelloul :
http://www.youtube.com/watch?v=9RPgSB1n5_g

Chanté par la même, toujours sur scène, avec l’ensemble « Amedyaz » (live)
http://www.youtube.com/watch?v=i7VN4kL5niM

Duo: Idir & Amel Brahim-Djelloul -Juillet 2014 sur BRTV
http://www.youtube.com/watch?v=GCz5npwoTzU

Chanté par francoise.atlan.5 :
https://www.facebook.com/photo.php?v=10203551122671400&set=vb.1014802960&type=2&theater

Nabila Dali (Live) –Remarquer à quel moment précis fuse le youyou dans la salle.
http://www.youtube.com/watch?v=70qXFW0o_A4

Interprétée par Rahima KHELFAOUI à la guitare. Très belle voix, mais quelques larmes auraient complété le tableau !
http://www.youtube.com/watch?v=D86hoepz2TI

On trouve aussi des amateurs, épris par l’air et la technique de chant, mais dont l’âme ne semble pas deviner l’état dans lequel il faudrait entrer pour réaliser la plénitude de ce genre de chant :

Iness chante en kabyle ( ay a lxir inu ), au piano :
http://www.youtube.com/watch?v=_KiD9sRLifM

Interprétée de belle manière, à la guitare, quoique ne rendant pas l’objet du chant, par : jugo4715
http://www.youtube.com/watch?v=MDUa7Y9_z4U

Interprétée par le jeune Amine Guitare
http://www.youtube.com/watch?v=na3NoFSBO0M

Et, enfin, par KomTerra
http://www.youtube.com/watch?v=O213hkyOW7M

Une belle performance quand-même, pour finir, même si ce n’est pas du tout fait pour susciter un youyou, au piano, musique seule :

http://www.youtube.com/watch?v=kxib-KlzQYs

Vous avez bien écouté ? j’en suis content :)

mis sur : https://www.facebook.com/notes/tahar-hamadache/dalger-%C3%A0-helsinki-voyage-%C3%A0-travers-le-voyage-du-chant-ay-a-lxir-inu-idir/10152243531557507  le 19 juillet 2014.

Littérature d’anticipation. Histoire à venir de la Soummam

Vendredi 25 juillet 2014

 

Par: Tahar Hamadache
Hypothèse, improbable mais pas impossible. Bonne au moins en vue de quelque oeuvre de fiction à la manière de Dan Brown ;)

Tous les moyens sont bons pour faire oublier les personnages de Bou-Beghla et de Fadhma n Soumeur ; de circonscrire ceux d’El-Mokrani et d’El-Haddad à de piteuses affaires de gloriole familiale, mais surtout d’effacer toute référence à la Tariqa Rahmaneya y compris en livrant la Soummam à toutes les sectes imaginables, qu’elles soient à teinte islamiste ou autre. Dans la mesure du possible, prendre les devants et tenter de compromettre toute intelligence susceptible de s’en rendre compte, soit en lui minant son environnement familier (voire familial), soit directement lorsque la manœuvre est réalisable.

La finalité n’est évidemment pas de revaloriser la guerre de Firmus (« révolte » ? Vous rigolez ?), puisque lui-même ne fut guère près de céder les affaires politiques à quelque église que ce soit, malgré l’étrange St-Augustin. Elle (la finalité) est d’ordre territoriale (maffiotiser le foncier, qu’il soit public ou privé) dans la Soummam et se venger d’insuccès vieux comme plus d’un siècle.

Ceci permet d’envisager une guerre secrète à l’esprit de résistance, à l’identité et à la propriété d’indigènes qui non seulement ne savent plus à quel saint se vouer mais, vu la babylonisation de leurs représentations, ne savent plus s’organiser pour identifier les sources des maux qui les rongent. Ils finiront par croire qu’elles sont le fait d’individus issus d’eux et alors les lynchages commenceront ; ce sera le début de l’autodestruction finale.

© tous les droits sont publics pour les auteurs d’oeuvres d’art, d’esprit et de fictions issus de la Soummam et des anciennes aires d’activité de Fadhma n Soumeur, de Bou-Beghla, de El-Mokrani, de El-Haddad, de la Rahmaneya, de St-Donat et de Firmus :)

Mémoire sur le traumatisme du Printemps noir soutenu à Béjaïa

Vendredi 25 juillet 2014

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DJENADI Nawel et SEBAHI Aimad viennent, fin juin dernier, de soutenir avec brio, et publiquement, leur mémoire de master en psychologie à l’université de Béjaïa.

Le travail documentaire et les enquêtes effectuées pendant toute l’année universitaire vient ainsi aboutir à l’un des plus intéressants travaux sur les trauma collectives dues à des catastrophes sociales, ici précisément aux événements  du Printemps noir qui a laissé des séquelles indélébiles sur le corps social en Kabylie. La recherche ne s’est pas arrêté à cet aspect, elle s’est approfondie pour explorer les effets intergénérationnels de ces événements au sein même de la famille (la relation : « parent victime – enfant né après » est ici considéré).

En effet, même lorsqu’elle n’est pas exprimée, la douleur traumatique marque l’individu et se transmet à son entourage et « s’hérite » par sa famille et ses enfants. Cela peut contribuer non seulement à extérioriser quelque peu le non-exprimé, voire l’impensé traumatique relatif au Printemps noir, mais aussi faire prendre conscience que l’agression massive telle que celle subie par les populations juvéniles et civiles en 2001 ne sont pas circonscrites au moment seul où elles ont eu lieu mais traversent les époques au point que, plus le temps passe, plus on s’en plaindra.

Si la mémoire collective et familiale est sujette à de telles marques indélébiles malgré elles, cela peut aussi réveiller les consciences au fonctionnement de ces mémoires : inutile de se réfugier dans la vie au jour le jour, les mieux avisé(e)s sont celles et ceux qui lui prodiguent le meilleur entretien, les soins les plus suivis et l’enrichissement le plus favorable à la bonne santé (mentale) des générations et, allant, de la société.

Lors de toutes les étapes de leur travail sur le thème du mémoire, le binôme Djenadi-Sebbahi a été encadrée par la professeure BOUATTA Cherifa, enseignante de psychologie à l’université de Béjaïa. En plus de l’encadreur, le jury de la soutenance s’est composé de Benamsili Lamia (psychologue clinicienne, enseignante à l’université de Béjaïa), examinatrice, et de Fergani Louhab (psychologue clinicien, secrétaire adjoint de la SARP et enseignant à l’université de Béjaïa), président.

Ci-après le résumé de cette étude tel qu’il figure dans le mémoire soutenu avec succès par nos deux étudiants.

Tahar Hamadache.

Résumé du mémoire:

Toutes les populations du monde furent confrontées à un moment ou un autre à une forme de violence qu’elle soit intentionnelle ou causée par une catastrophe naturelle. Les deux formes de violence peuvent engendrer un traumatisme psychique qui confrontera l’individu au réel de sa mort.

Dans notre présente étude, nous allons nous pencher sur la question de la violence intentionnelle à laquelle était confrontée la population kabyle durant le printemps noir de 2001, et à l’impact du traumatisme subi par les pères traumatisés sur le devenir psychologique de leurs enfants en mettant en exergue la problématique de la transmission intergénérationnelle.

Nous soulignerons l’importance que peut jouer la présence d’un agent résilient au sein d’une famille de père victime de violence dans la protection des enfants.

Pour se souvenir de ce document :

DJENADI Nawel et SEBAHI Aimad, Devenir psychologique des enfants dont le père a subi des violences intentionnelles au cours du printemps noir. Mémoire de master soutenu à l’Université Abderrahmane MIRA de Béjaïa, juin 2014.

N.B.

L »espace « Parlons du Printemps noir » sur Facebook est consacré aux débats sur ces événements.