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Archive pour juillet 2019

Militance pro-tamazight et NTIC : mutations des profils de militant(e)s et des problématiques en Algérie.

Mercredi 10 juillet 2019

Militance pro-tamazight et NTIC : mutations des profils de militant(e)s et des problématiques en Algérie.

HAMADACHE Tahar[1]

Laboratoire LAILEMM – Université de Bejaia

thamadachedz@yahoo.fr

[Cet article fait partie des Actes du colloque international L’amazighité à lère du numérique, organisé par l’Université d’Eté, 14e session, du1 au 5 juillet 2018, à Agadir. Les actes de ce colloque sont publiés le mois de juillet 2019. Il est repris ici avec l’aimable autorisation, exclusive pour Soummam.unblog.fr, du président de l’Université d’Eté d’Agadir, Dr Lahoucine Bouyaakoubi Anir. ]

Introduction

Devant l’apparition des NTIC dont les possibilités et les effets restent à étudier, l’évolution des cadres d’organisation de la société civile et, en parallèle, celle progressive des institutions vis-à-vis de la cause amazighe, tendent à éclipser les anciennes formes de mobilisation, à forcer à un recyclage sur le tard des figures connues et à transfigurer l’histoire et les termes de la revendication amazighe.

Parmi les conséquences, innombrables et souvent insaisissables de cette situation, l’Internet permet de se faire une idée des nouvelles fonctions, rôles et champs d’intervention par lesquels les anciens militants s’adaptent au nouveau contexte. Ces « autoroutes virtuelles » permettent aussi, dans une certaine mesure, de constater l’apparition de nouveaux acteurs et actrices moins imprégnés des logiques et des tensions antérieures. Et, pour cause, l’apparition de nouvelles sociabilités sujettes à des brassages inédits, de transmission d’expériences souvent tronquées et lestées de témoignages sous-traités donnent lieu à des logiques plurielles. Celles-ci, associées davantage à des horizons personnels qu’à des perspectives mûrement et collectivement débattues et réfléchies, tendant ainsi, du fait de la possibilité de leur médiatisation (surtout) par Internet, à la prolifération d’opinions individuelles faites lignes de conduite. Une telle situation ne manque pas de générer d’innombrables problématiques dont les plus poignantes sont peut-être celle de la collectivisation des opinions porteuses ainsi que celle de la continuité inter-générationnelle qui seules permettent de parler de cause commune, de bilans et d’étapes de lutte, et de réalisations portées par de larges ensembles, historicisables.

En s’appuyant sur un ensemble, forcément peu représentatif, de sites Internet d’organisations, d’entreprises acquises à l’amazighité et de profils de nouveaux activistes plus ou moins célèbres, nous nous proposons de mettre à jour quelques profils types de militants évoluant et/ou usant d’Internet, ainsi que quelques lignes problématiques liées à l’évolution de la question amazighe.

Généralités

Lorsque la brochure «L’Algérie libre vivra : nationalisme, révolutionnisme, démocratie : une boussole – une arme » (Idir El-Watani[2], 1949) a paru clandestinement au sein du PPA-MTLD, en 1949, ses auteurs furent davantage connus du fait des attaques subies de la part des instances dirigeantes du parti.De la brochure elle-même, Hadjerès écrit que « l’édition originale semi-clandestine il y a cinquante ans fut la cible aussi bien des colonialistes que de certains cercles nationalistes, dans le but de la faire disparaître sans laisser de trace » (2001) et peu d’exemplaires ont en échappé. Il a fallu attendre la fin de la décennie 2000 pour qu’un universitaire en fasse circuler quelque copies numérisées, dont une a été publié sur le blog d’un syndicat de l’éducation, le SATEF[3], après accord, via Internet, de Dr Hadjerès, l’un des auteurs encore vivants.Celui-ci a mis en ligne ce document, en reproduisant son archive à l’identique, dès que son site[4] est mis en marche. Et c’est dans les années 2010 que de rares écrits del’anarcho-syndicaliste maghrébinSAÏL Mohamed, décédé en 1953, concernant entre autres la culture et l’identité, ont commencé à refaire surface, en usant de larges solidarités internautiques.

Si les écrits (recueils de contes kabyles traduits et commentés en français, nouvelles en français, roman en tamazight de Kabylie), ronéotypés dans les années 1960 ou manuscrits, de BelaidNath-Ali ont été mieux sauvegardés, c’est à la faveur des nouvelles maisons d’édition privées s’occupant du livre amazigh lancées à Tizi-Ouzou et à Béjaïa que son œuvre ainsi que son parcourscommencent à être mieux connues, par des colloques et des publications sur le web. L’œuvre de Taos Amrouche qui, dès 1936, s’est consacrée à la défense et à la promotion du patrimoine oral amazigh au niveau mondial, est pour ainsi dire mieux connue.Maisc’est encore depuis Internet que nous connaissons un peu mieux son parcours d’intellectuelle engagée.

D’autres initiatives de groupes, et d’autres auteurs, qui ont marqué leur temps, semblent encore échapper au partage numérique. C’est par exemple le cas des travaux de Haroun Mohamed dont quelques polycopiés de vulgarisation du système linguistique amazigh et quelques poèmes commencent à circuler, encore timidement, en ce premier semestre 2018 autour de l’hommage qui lui a été rendu dans la ville d’Akbou. C’est le cas aussi des revues ronéotypées à l’époque de la clandestinité telles qu’ITIJ, éditée par le groupe du même Haroun au cours des années 1970, ou de TAFSUT, éditée par les universitaires du MCB[5] dans les années 1980.

A ces époques, coloniale et panarabiste, la diffusion aussi bien que l’abonnement est une affaire à la fois très sérieuse et très risquée. On choisit de travailler dans l’ombre tel que Belaid Ath-Ali, dans l’anonymat total tels que les auteurs de ITIJ ou (souvent) de TAFSUT, ou de s’exposer en acceptant la marginalisation tel que Saïl et Amrouche, l’exclusion et la fuite tel que les auteurs de IDIR EL WATANI, la pression permanente tel que Mammeri, l’exil tels que les animateurs de l’Académie berbère de Paris dont Amrouche, etc. Les mésaventures des abonnés ne sont connus que rarement, et souvent incidemment : parmi les prisonniers des manifestations du MCB de 1981, de deux détenus issus de mon village, l’un était militant du MCB et l’autre avait seulement sur lui une ceinture écrite en tifinagh : c’était un abonné à la littérature du MCB ou, comme on dirait aujourd’hui, « read-only-netter ».

Dans les années 80, on peut néanmoins parler de « tournant populaire » : il n’était plus nécessaire d’écouter clandestinement, l’oreille collée au transistor, les émissions de Radio-Tanger ou le grésillement du tourne-disque par lesquels on découvrait, enfant initié par un père civil mais ancien artificier discret de l’Armée de libération nationale, les chansons contestataires de Slimane Azem, Ait-Meslayene, Taleb Rabah, etc. En prenant de l’ampleur, la revendication amazighe a gagné en sécurisation mais aussi en niveaux d’intervention qui se sont vus multiplier : production intellectuelle (documents d’Yakouren, revue Tafsut), mobilisation populaire (galas, meetings, manifestations), collectifs estudiantins et de travailleurs, société civile (ONG de droits de l’homme), tribunes artistiques et médiatiques, etc. Avec la libération de Mohamed Haroun,en 1987, et l’ouverture pluraliste ayant suivi les événements d’octobre 1988, cette dynamique est allée s’étoffant et se spécialisant.

Des partis politiques agréés demandent la reconnaissance en tant que langue officielle (FFS[6], PT[7], PST[8]) ou au moins nationale (RCD[9]) de tamazight ; le MCB, fort du rapport de synthèse de son séminaire de juillet 1989, s’est déclaré transpartisan, assis sur une base associative culturelle, et s’est ouvert à une forme de spécialisation en se donnant une structure à trois commissions : perspectives, formation et information, animation. La chanson, le théâtre, les conférences, les cours ou même de petites recherches en tamazight, des expositions se sont multipliés à travers établissements scolaires, villes et villages. Le fait amazigh a gagné de grandes et superbes unes de journaux et de précieux moments-radios. Le cinéma même a fait son chemin grâce à la mémorable histoire du film « Tawrirt ittwattun[10] » d’Abderrahmane Bouguermouh. En termes de nouvelles techniques de communication, dans les années 1990, seul le Fax faisait son apparition, par le biais des motions de soutien envoyées des organisations de la diaspora au MCB, à l’occasion de grands événements tels que ceux qui ont parsemé le boycottage de l’école en 1994.

Au lendemain de la marche historique du 25 janvier 1990, jour du dépôt des revendications amazighes au parlement par le MCB matriciel, celui-ci se déclinera en se référant à ses « Commissions nationales » car un premier « clonage » apparait. Le MCB-Coordination nationale, qui n’était pas une scission du MCB mais une structure parallèle initiée par le RCD, apparait ; ses avatars se sont multipliés vers la fin du boycottage scolaire de 94-95 : MCB-Rassemblement national, MCB-Unifié. Des suites de la même opération de boycottage scolaire, le MCB-Commissions nationales se fissure avant de s’estomper. A ces retombées du boycottage, les élections législatives et locales de 1997 et la mort violente de Matoub Lounès le 25 juin 1998 sont venues s’ajouter pour finir par la dispersion des militants. Des structures éphémères naissaient, telles le CASS[11] en juillet 1997 ou le Forum des Rebelles[12] en juin 1998 dans la Soummam, puis disparaissaient. Le MCB ne fonctionnait plus, malgré des tentatives opérées par des figures de la Coordination, tels que Ould-Ali Lhadi ou Dr Lounaouci, transfuge des Commissions nationales, et du Rassemblement qui s’est publiquement dissous en 2001 après la création du MAK par Ferhat M’henni, son président. Le sigle MCB n’est plus, dès lors, qu’icone symbolique sauvegardant les luttes antérieures. Dans ces moments de démobilisation générale, la pression des tenants de l’arabisation et de la dépolitisation s’est fait sentir fortement : on interdisait de parler kabyle dans les réunions d’établissements scolaires mais aussi aux députés dans l’hémicycle de l’APN. Ce, pendant que les premiers cybercafés apparaissaient dans les villes de la Soummam.

Les militants de tamazight qui dédaignaient fréquenter ces « cybers » se voyaient traiter de « imazighen n leqhawi » (les Amazighs des cafés maures) par des jeunes, de plus en plus nombreux à désirer des perspectives de lutte qu’on ne savait pas dégager : on devait peut-être comprendre qu’on était appelés à avoir une présence dans ce monde virtuel qu’ils découvraient, où ils cherchaient des explications aux questions qui les préoccupaient. En effet, aujourd’hui encore, il est à priori plus facile de se documenter en ligne sur la crise anti-berbériste du PPA-MTLD que sur les années 1990 du MCB. La reconfiguration politique consécutive à la reprise, sous la présidence de Zeroual, du processus électoral et la neutralisation du MCB s’est probablement connectée à cette révolution silencieuse de la communication à laquelle les jeunes s’invitaient massivement tout en échappant à la vigilance des militants. Ce sont là des causes manifestes d’une grande difficulté de communication entre militants et manifestants dans les premières semaines des événements traumatiques de 2001.

Débuts d’internet

L’écart sournois qui s’est creusé entre jeunes, souvent écoliers dès le boycottage scolaire, et militants du MCB, repoussés en tant que « dinosaures », et le dédain de ces derniers pour les cybercafés ont eu d’autres conséquences. En effet, on observait chez les manifestants une interaction fluide surprenante avec les professionnels du journalisme dont les militants du MCB se méfiaient ordinairement. Mais, ne prenant pas encore au sérieux le web, on ne pouvait savoir quel effet Internet avait sur eux dans les premiers mois de ces événements sanglants.

La facilité déconcertante à lancer des réparties aux forces de l’ordre dont les provocations langagières n’étaient pourtant pas amènes ni coutumières, l’effort constant, spontané et le plus souvent collectif à produire des images fortes, leur très grande disponibilité face aux photographes de presse interloquait les anciens, leur intimait des « révisions déchirantes » (FFS, 1999) qu’on ne savait pas vraiment effectuer. Par exemple, le Comité de suivi et de solidarité d’Akbou, l’une des premières structures nées de la nécessaire solidarité avec les manifestants, actif entre la mi-mai et la fin août 2001, a organisé plusieurs séances publiques d’expression et de témoignages en faveur des manifestants, notamment des blessés, et des parents de victimes, tout en s’interdisant toute prise de parole publique hors de ses réunions (Hamadache, 2017).

Le tournant communicatif virtuel des années 2000 a été inégalement pris par les franges scolaires et juvéniles d’une part, et par les militants amazighs, plus âgés et devenus moins visibles sur le terrain des luttes. Cela se vérifie par la présence tardive, partielle, inégale et plutôt éphémère sur le web des coordinations de wilaya du Mouvement dit « citoyen » ou plus trivialement « Aarchs », autrement dit de la Coordination Inerwilaya des Aarchs, Dairas et Communes (CIWADC). En effet, si la CADC (voir 01 infra)[13] garde encore son site mis assez tôt en ligne, le blog de la CICB[14] est apparu longtemps après et il n’en demeure plus qu’une trace sans substance (02). Ce, alors que les autres coordinations de wilayas, à l’instar de celle de la puissante CCCWB[15] ne se sont à notre connaissance jamais occupées d’investir le web en tant que telles. Pourtant étoffé d’une revue de presse minimale, prenant ainsi en charge les besoins en communication de la CIWADC, devenue « Mouvement citoyen des Aarchs » au début des négociations avec le gouvernement, en 2005, le site de la CADC (01), qui se limitait au départ à la mise en ligne des déclarations et des procès-verbaux de réunion de la CADC, n’exploite que très peu les possibilités d’Internet : images, audiovisuel, clavardage, débats, analyses en sont absents. L’un des résultats de cette carence est que, fustigé par des politiques qui ne s’y trouvaient pas de tribune à leur mesure, et resté à la merci des discours médiatiques, qui ne leur étaient pas acquis, les stéréotypes les plus fantaisistes se sont multipliés au sujet de ces structures d’urgence, bientôt repris et publiés par des chercheurs (Lacoste-Dujardin, 2001, 2002[16] ; Amrouche, 2009, etc.) sans que ces derniers ne soient l’objet de mises au points, souvent nécessaires. Pourtant figure historique de ce mouvement et des négociations qui ont eu lieu après 2005, Belaid Abrika(2011), universitaire et doctorant jusqu’en 2014, semble lui-même s’accommoder en tant que chercheur de ces idées reçues, sans doute à contre-cœur, pour les besoins d’une publication.

Si le montage et la gestion de sites demandaient des moyens et de la disponibilité dont ces structures et les militants volontaires étaient privés, le besoin de moyens d’information alternatifs devenait poignant vers la fin de l’année 2001. Le gouvernement Benflis, vraisemblablement pressé de se dépêtrer de ces évènements, engagea des pourparlers et, à défaut d’interlocuteurs parmi les coordinations, qui doutaient fortement de sa sincérité, recruta un ensemble de personnages, en guise de « Aarchs » parallèles. Les discussions au sein des « assemblées » de coordination étant devenues ardues du fait de la montée en puissance des militants acquis pour le MAK[17], l’intervention individuelle était devenue incontournable, via Internet, des militants non obligés au devoir de réserve et à l’éthique du consensus, alors en vogue. La découverte des possibilités offertes par le réseau des réseaux, mais aussi celles déjà manquées était douloureuse : si par quelques dizaines de spams on a réussi à tourner les « Aarchs » parallèles en désormais « Aarchs-Taïwan », il s’agissait d’apprendre très vite le maximum des habitudes internautiques ancrées dans l’ignorance des militants, de cerner les tendances établies parmi l’émigration, etc.

On découvrait les traces de nos devanciers parmi les manifestants du Printemps noir sur les sites développés par des associations d’émigrés tels que le site Kabyle.com[18] (03), développé entre autres par l’infographe Stéphane Arami, et celui de l’association Tamazgha (04).  Comme beaucoup d’autres, l’un est proche de la tendance MAK mais assez ouverts aux nouvelles des « Aarchs » et de la Kabylie, et l’autre plus proche du CERAK[19](05) et plutôt refermé sur ses propres thèses et initiatives diasporiques. L’autonomie n’étant pas à l’ordre du jour pour des militants issus des Commissions nationales du MCB, la recherche d’autres voix continuait et aboutissait à la découverte du concept de groupes thématiques développé par Yahoo. Parmi ceux-ci, Amazigh-net, probablement le plus vieux yahoogroupe consacré à tamazight, lancé vers septembre 1993 par des informaticiens kabyles d’Amérique du Nord, dont Djamal Bouzida et Arezki Nait Abdallah qui, selon Boualem Aourane, un autre informaticien, « a écrit les premières lettres de Thamazight sur ordinateur : il a appelé son logiciel Awal amazigh ». Idéologiquement, ce groupe affichait en général lui aussi des tendances autonomistes très marquées, et assez virulent à l’égard de discours nuancés. Une sorte de gentrification, assez familière dans nos villes, se déclinait à présent en mode virtuel : une sorte d’éthique formatante, mêlant savoir-faire technique et mondanités courtoises, s’imposait dans ces espaces insaisissables et anonymisants.

 Marginalisés par les tenants de l’arabisation puis, un moment, par les manifestants du Printemps noir, fustigés par les politiciens qui avaient perdu prise sur la rue, on se rendait compte qu’il fallait jouer des coudes sur Internet sous peine de finir totalement déconnectés sous l’effet des internautes autonomistes dont la pragmatique, aisée, opérait de loin. C’est qu’il était insuffisant d’entrer dans le moule de groupes plus accueillants tels que Cssa-Algérie (06) administré par le socialiste suisse Patrick Holenweg et par lequel nous apprenions que certaines des initiatives prises par le CSSA et relayées par les députés du FFS étaient déjà publiées, ou Algeria-net (07) par lequel il nous semble avoir appris l’existence d’une tendance informe islamo-berbériste parmi les émigrés. Cela ne réduit pas de l’intérêt de tenter de cerner sur Internet cette dernière tendance : son discours semble rejoindre de nouvelles configurations identitaires, à l’articulation du religieux et du linguistique, promues par des partis politiques et par les institutions d’état, éventuellement rassurant dans des régions amazighophones autres que la Kabylie. En pénétrant plus tard dans les espaces villageois de la Soummam, ce discours s’avérera être un allié objectif de celui tenu par les autonomistes, tout en recentrant le débat sur des questions théologiques en s’opposant aux confessions nouvellement apparues. Cependant, il ne s’agissait pour nous ni de défendre les partis contre les « Aarchs », ni les islamistes contre les autonomistes, mais d’échapper, en tant militants d’associations s’inscrivant encore dans la doxa du MCB, à la tenaille aux mâchoires multiples des discours autonomistes et religieux, et de faire prendre dans la Toile notre point de vue sur ce qui se déroulait sur le terrain concret et sur ses significations et implications.

Le rejet des élections législatives de juin 2002 annoncées par le FFS était pour nous le moment de donner voix à d’autres voies plus pacifiques, dont de sérieuses négociations entre « Aarchs » et gouvernement. C’est ainsi que le yahoogroupe Projets_Algerie[20] (08) était initié le 22 mai 2002. Nous étions enfin décidés à nous engager, envers et contre tout et tous s’il le fallait, dans la grande bataille du Net. Ce yahoogroupe n’avait sans doute pas l’envergure de la revue bolchévique ISKRA[21], il n’avait pour autant pas tardé à nous valoir le sobriquet de « militant d’Internet » de la part de militants politiques qui avaient pourtant pris goût au journalisme traditionnel et qui finiront néanmoins par lancer des blogs[22] à succès. C’est dire que l’Internet a longtemps agi en tant que facteur de discrimination sociopolitique, discrète, entre clientèle de cafés maures et celle de cybercafés, entre militants de la diaspora et militants locaux et, parmi ceux-ci, entre militants connectés et non-connectés.

Printemps éditorial

Pendant que le discours islamo-berbériste adopte le concept d’ « amazighité » en se taisant sur tamazight, et pendant que les discours autonomistes génèrent des hiatus entre tamazight et dialecte kabyle, tamazight se voit lentement mais dangereusement dissociée des luttes démocratiques et sociales. Elle est de ce fait menacée d’être soustraite à toute réflexion prospective, élaborée, intellectuelle, autrement dit à la réflexion politique de la langue, de son développement et de son usage, et, ainsi,  progressivement confinée dans le triptyque identitariste officiel « arabité-islamité-amazighité ».

En effet, c’est dans le contexte de brouillamini politique consécutif au Printemps noir et des débuts de la recherche de réponses identitaires et linguistiques dans le miroir virtuel que tamazight gagne en droit de sites officiels tandis qu’elle semble inquiète de son droit de citation idéelle et de cité réelle. Dès lors qu’elle figure dans le journal officiel (09) en tant que langue nationale, d’autres institutions tels que le HCA[23] (10), le CNPLET[24] (11) lui consacrent des sites et des sites d’institutions déjà existantes telles que la chaine II de la radio nationale (12) et, plus récemment, l’APS[25] (13) laissent apparaitre tamazight dans certaines de leurs pages. L’apparition même de ces sites virtuels d’organismes bénéficiant de la puissance publique introduit de nouvelles tendances dont la performance ou la contre-performance à tous égards sont susceptibles d’avoir des répercussions de divers ordres : apparition des URL de ces sites dans les échanges d’internautes militants, sécurisation des attitudes et représentations vis-à-vis de tamazight, encouragement des initiatives internautiques par l’affichage de perspectives larges, actives et généreuses…

Le fait est que, si la volonté politique de promouvoir la présence de tamazight sur Internet est réelle, force est de constater qu’elle s’exhibe de manière encore peu ergonomique, voire chaotique. Pour s’en convaincre, il suffit de noter que, tandis que l’HCA et le CNPLET usent des caractères latins, ceux de la chaine II et de l’APS de toutes les langues et, pour la transcription approximative de tamazight, les trois alphabets ; les autres usent des caractères arabes califaux pour la transcription a-syntaxique des textes en tamazight. Le site de l’APN[26] (14) prévoit bien, quant à celui-là, un onglet « Amazigh » mais qui aboutit à la version française du site tandis que celui du Conseil de la Nation (15) demeure souverainement monolingue, arabophone. Cela ne traduit pas seulement l’indécision de l’état qui se trahit ainsi dès les caractères alphabétiques de transcription de cette langue, constitutionnellement officielle depuis décembre 2016, cette indécision peut aussi entrainer celle des internautes ou, en tout cas, leur insatisfaction. Car il est indubitable que les institutions et sites officiels centraux dédiés à tamazight ne répondent pas à tous les besoins en la matière et leurs démembrements régionaux (radios locales, directions de wilayas, etc.) ne s’y sont pas encore mis.

D’autres questionnements viennent à l’esprit à ce propos. Les militants sont-ils tenus de faire la promotion des initiatives réfléchies sans eux dans ces institutions d’états ? Doivent-ils se montrer activement et objectivement critiques à leur égard ? Quid des initiatives privées : maisons d’édition, chaines TV telles que BRTV et Gouraya TV, éditeurs de chansons, etc. qui sont pris par les contraintes de la concurrence, de la rentabilité, mais aussi d’incitations non écrites à la promotion de certains types de produits plutôt que d’autres monnayant des facilités fiscales, des contrats, voire de subventions ? Les associations à ancrage MCB qui pouvaient féconder ces amorces de débat sont, avant d’intégrer la toile dans leurs activités, connu une forte régression à partir du Printemps noir et plus encore à cause de nouvelles dispositions réglementaires apparues à partir de 2003.

Les événements de 2001 allant s’estompant, un mot d’ordre de « Printemps culturel » est apparu, repris par des militants du MCB, mais aussi du RCD ainsi que des sortants des départements de tamazight. Ce « Printemps culturel » s’est décliné de plusieurs façons : des maisons d’édition favorables au livre tamazigh sont apparues à la suite de Tira, de Brahim Tazaghart (16), lui-même l’un des premiers à publier en 2005, progressivement rejoint par d’autres auteurs ; des journaux d’expression amazigh, assez vite cessés, sont lancés, tel que Tighremt, et d’autres ont réservé des pages hebdomadaires à l’information en tamazight, tel que La Dépêche de Kabylie. Plus caractéristiques sans doute de ce « Printemps culturel » sont la série des Cafés littéraires nés dans la vallée de la Soummam, le plus connu d’entre eux étant le CLB (17), créé le premier vers la fin 2008. Un trait particulier commun à toutes ces entreprises, auteurs et organisations est leur présence sur la plate-forme de Facebook qui leur sert plus souvent de panneau virtuel d’affichage, d’album-photos ou de relais.

Ce « Printemps culturel » bigarré, pour intéressant qu’il soit, n’a globalement pas la prétention de résoudre encore moins d’éclairer les questions et les événements qui lui sont antérieurs, ni de former des lignes d’horizons définissables, tant concrètement que sur le web. Il semble plutôt développer une forme de culture kitsch, une gentrification culturelle, lettrée, qui s’ajoute à celle virtuelle, décrite plus haut, des internautes autonomistes, voire la rejoint. Cette carence s’est faite à tel point sentir que, aux sollicitations pressantes d’étudiants de l’Université de Béjaïa, dont l’écrivaine défunte Dihya Lwiz (18), il a fallu créer un espace pour parler du Printemps noir (19) sur Facebook à partir de 2014, et qu’une assez naïve tentative d’exhumer le MCB ces derniers mois (20). L’insatisfaction pour ce qui se fait au sujet de tamazight surInternet se voit, par exemple, à l’intitulé du groupe « La Plume Amazigh (Berbère) :  » Ecrire pour ne pas mourir » » (21) qu’Amina Agsous, alors étudiante en langues étrangères, lançait en 2009. Elle y fait vivre le patrimoine oral amazigh appris de sa famille et fait intervenir parents, artistes, militants et amis sur des éléments culturels. Mais il est constatable que l’actualisation de ces pages finit par substituer l’affiche, l’image et le partage de vidéos aux idées et aux débats.

Dans ce foisonnement multiforme, multicolore mais aussi plurilingue (autre caractéristique propice aux métissages culturels), peu d’internautes réussissent à sortir du lot, y compris lorsqu’ils animent des activités sur le terrain. Les contributions en archives, entre autres sur le MCB, postées sur Facebook par d’anciens leaders et militants sont espacées, disparates, et peu accessibles au grand public. Ces militants sont à tel point fondus dans la foule internaute que, les Cafés littéraires aidant, des partisans du « changement radical» tels qu’Amira Bouraoui, Rachid Nekkaz ou Addi Lahouari semblent désormais plus reconnus dans la ville de Béjaïa que Djamal Zennati, Sadek Akrour ou Madjid Amokrane[27]. Autant dire que, la dépolitisation et le déplacement des ancrages des luttes amazighes aidant, Internet facilite la substitution des élites locales par d’autres, lointaines mais de moins en moins virtuelles.

Quelques noms parviennent tout de même à émerger. Du CLB, jaillira en 2015 le groupe multilingue d’événements littéraires et artistiques « Muses exilées » (22) autour de Imane Ouali, de la poétesse Siham Beniche, toutes deux en post-graduation, et de feue l’écrivaine Dihya Lwiz : leur page sur Facebook est une revue littéraire adapté au support (annonces d’événements, présentation des auteurs, comptes rendus, etc.) encore que tamazight et l’arabe populaire, prises en charge dans leurs représentations sur scène, sont encore non utilisées dans leurs écrits sur Internet. Et, parmi les écrivains, deux auteurs principalement sortent du lot, tous les deux très actifs sur le terrain et sur Internet, trilingues mais publiant essentiellement en tamazight et en arabe. L’un, Brahim Tazaghart, l’un des créateurs « considérés, entre autres, comme modèles à suivre par les jeunes écrivains, et, pour certains, il semble même qu’ils font école » (Salhi, 2016) est un ancien militant du MCB-Commissions nationales et l’un des soutiens du mot d’ordre de « Printemps culturel » dont l’autre, Dihya Lwiz, prématurément disparue, fut l’un des fruits. A suivre ces écrivains ou d’autres individualités marquantes, Internet permet dans une certaine mesure de réunir instantanément, sur leurs comptes Facebook ou éparpillés sur d’autres sites, un rush d’informations qui se prête peu à une construction objective du sens eu égard au parcours ou à l’œuvre considéré.

L’activité des internautes s’étant découvert des interlocuteurs, plus ou moins, sympathiques, autres que les locaux et les Occidentaux, en Afrique du nord et au Moyen-Orient, précisément depuis le fameux match Egypte-Algérie, les interactions internautiques en langue arabe prennent plus d’importance chez les usagers kabyles. La confiance est d’autant plus grande que cet événement, sportif à l’origine, désinhibait les internautes amazighophones quant à l’usage de l’arabe. En tant qu’Algériens qui « l’emportaient sur internet » (Gonzalez-Quijano, 2009), ils réalisaient que ce média est à la fois une tribune sportive, un champ d’honneur patriotique et une zone de guerre identitaire et linguistique. Les internautes kabyles, à l’avant-garde de cette bataille virtuelle, ont en prime et pour la première fois compris que, en ce qui est de la guerre des langues et des identités, l’amazighité est défendue, au moins partiellement, par l’ensemble des Algériennes et des Algériens, ainsi que par tous les Africains du nord.  Tant de fougue récompensée par une si forte solidarité « oblige à s’interroger sur la puissance du référent panarabe » (Id.), au point de faire douter des Egyptiens eux-mêmes de l’idéologie panarabiste »+ (Temlali, 2010). Pourtant, le bénéfice de cette victoire idéologique spontanée ne semble pas profiter au dialogue interdialectal ou aux langues populaires, mais plutôt au dialogue des langues tamazight kabyle – arabe standard. Les voyages de Brahim Tazaghart puis de Dihya Lwiz en Orient illustrent bien ce fait. En effet, incontestablement les premiers à affirmer la présence d’une littérature amazighe dans les capitales du Moyen-Orient, en juin 2010, lors d’un colloque sur les langues à Baghdad pour l’un, et en mai 2014, lors d’une participation au Salon international du livre de Dubai, pour l’autre, ces auteurs semblent préfigurer un dialogue linguistique et littéraire arabo-berbère apaisé, pour peu que ce dialogue puisse être tenu en les deux langues, simultanément. Il y a lieu de reconnaitre que, pour l’heure, Internet révèle par défaut que les critiques littéraires arabophones ne se penchent pas massivement sur les œuvres publiées en tamazight, faisant craindre qu’ils ne passent de la représentation d’une langue arabe sacrée à celle d’une langue amazighe intouchable.

Usagers d’Internet et tamazight : software et hardware

Outre l’information et l’interaction, beaucoup de militants à faible instruction fréquentent l’internet, en puisent ou y contribuent par les genres visuels ou audiovisuels, notamment à travers l’image et la chanson. D’autres, davantage instruits, s’intéressent aussi ou s’appliquent à la numérisation dilettante du patrimoine : poèmes, proverbes, contes, lexique ethnographique et botanique, etc.(21). Des militants plus avertis mais plus rares, tel que l’écrivain amazighophone Amar Mezdad (23) dans sa cyber-revue Ayamun (24), mettent à la disposition du large public et des chercheurs des ouvrages entrés dans le domaine public. Moins visibles sont les articles d’universitaires traitant de disciplines intéressant tamazight, trop dispersés et parfois simplement inaccessibles, échappant ainsi très souvent au public des militants non universitaires et, allant, aux espaces de débat public encore susceptibles de les citer ou de s’en inspirer. Par ailleurs, des spécialistes de domaines techniques mettent en ligne d’intéressants travaux (logiciels, lexiques spécialisés, etc.), parfois disponibles sur des sites importants tels que celui du HCA, mais restent le plus souvent diffus, peu généralisés par les pairs des auteurs et peu connus des spécialistes de tamazight et du grand public. C’est en l’occurrence le cas d’applications développés sous le label Amsed par Tarik Makhmoukh (25).

Si certains des internautes approchés pour les besoins de cet article reconnaissent avoir de multiples besoins de formation (en communication, en politique, en transcription même, etc.), d’autres types de difficultés surgissent quand on aborde le contenu culturel amazigh disponible en ligne. Au cours de nos recherches dans le cadre notre thèse en sociodidactique des contes, et en cherchant à confronter des versions de contes amazighs écrits en français avec des versions orales ou écrites en tamazight, d’importantes questions se sont posées à nous sans qu’il ne soit possible de les prendre en charge. En effet, les auteurs de recueils téléchargeables sur Internet ont dû se satisfaire de conteurs précis, de contages particuliers nécessairement dépendants de contextes précis et de dialectes donnés. Souvent, ces contes sont indisponibles en tamazight et, lorsqu’ils le sont, il n’est plus possible d’y retrouver la phonétique étant donné l’inadéquation des caractères utilisés. Des versions orales de contes amazighs ne sont pas toujours aussi fiables que souhaité. Par exemple, Hamsi Boubekeur transfigure le conte « vava Inouva » au point de ne plus y reconnaitre le conte « Le Chêne de l’ogre »[28] dont il relaie le nom de personnage « Inouva » alors que, en réalité, la fillette dit en s’adressant à son grand-père « vava-inu, v’va » (mon papa, p’pa), le « v’va » étant une contraction de « vava ». Il nous semble qu’une multiplication de numérisations de contes qui s’appuient sur des versions authentiquement traditionnelles et dans autant de dialectes que possibles, consensuellement transcrites afin d’en retrouver la prononciation orale favoriserait à ce sujet la découverte interdialectale de notre patrimoine commun tout en réduisant d’éventuelles déceptions liées à la qualité des versions déjà en ligne ou, plus encore, au sentiment de peu d’originalité lorsqu’on découvre que les contes ont des variantes proches à travers le globe.

Conclusion :

Loin de seulement constituer un enjeu en lui-même, le monde virtuel interpelle le militant et le chercheur de tamazight également, car il fourmille de possibilités mais aussi d’innombrables problématiques qui, désormais, sont le plus souvent inextricablement liées aux questionnements qui les intéressent dans la vie concrète. En s’imposant en tant que facteur et en tant qu’instrument de transformation des normes, valeurs et représentations, des pratiques langagières, culturelles et sociales, il influe de manière impondérable et de multiples façons sur la préservation, la recherche, les méthodes de lutte et les perspectives mêmes en rapport avec ces dernières. S’il constitue un média, interactif et gigantesque, qui parait être susceptible de servir la cause de la modération des différences d’optique entre tendances sociopolitiques, idéologiques et stratégiques, cette acception pourrait n’être qu’une vue de l’esprit au vu de ses capacités à agir sur les psychologies des internautes dans le sens d’attitudes gentrificatrices, aliénatrices, autocentriques et pulsionnelles dont le cas de la Baleine Bleue constitue plus qu’un drame, une allégorie. Le militant de tamazight sur Internet est appelé à favoriser l’émergence d’élites intellectuelles, technologiques et culturelles réellement connectées mais non moins ancrées dans la réalité, évoluant avec art et subtilité dans ce « trans-monde » qui n’est pas promis à la stabilité. Des points de repères constants pourraient servir de principes et constituer la base d’une éthique militante ayant accès aux foules vivantes autant qu’à celles virtuelles. Parmi ces repères, la construction constante d’une interdialectalité agissante, tendant vers la standardisation de la langue, ouverte à la prise en compte des terroirs patrimoniaux respectifs et des problématiques locales particulières ainsi que de leur évolution.

Adresses URL des sites cités :

01. CADC : http ://www.aarach.com/

02. CICB : www.multimania.com/cicbgayet

03. Kabyle.com : www.kabyle.com

04. Tamazgha : www.tamazgha.fr

05. CERAK : http ://www.cerak.net/accueil.htm

06. CSSI-Algerie : https ://fr.groups.yahoo.com/neo/groups/CSSI-Algerie 2 sept. 1998

07. Algeria-Net : https://groups.yahoo.com/neo/groups/algeria-net

08. Projets_Algerie : https ://fr.groups.yahoo.com/neo/groups/projets_algerie

09. Journal officiel de la RADP : https ://www.joradp.dz

10. HCA site officiel : http ://hca-dz.org/

11. CNPLET site officiel : http ://www.cnplet.dz/ ; sur Facebook https ://web.facebook.com/Cnplet-tamazight-135682677143313/

12. Radio nationale chaine II : http ://www.radioalgerie.dz/chaine2/

13. l’APS : http://www.aps.dz/

14. l’APN : http ://www.apn.dz/fr/#

15. Conseil de la Nation : http ://www.majliselouma.dz/index.php/ar/

16. BrahimTazaghart :https://web.facebook.com/brahim.tazaghart

17. Café littéraire de Béjaia : https ://web.facebook.com/pg/Cafe.Litteraire.Bejaia

18.Dihya Lwizhttps ://web.facebook.com/dihya.lwiz

19. Parlons du Printemps noir ! https ://web.facebook.com/groups/Printempsnoir2001/

20. Agraw Tafust n 80 – collectif 20 avril 2018 : https ://web.facebook.com/groups/185092622292149/

21. La Plume Amazigh (Berbère) : «  Ecrire pour ne pas mourir » : https ://web.facebook.com/groups/laplumeamazigh

22. Muses exilées : https ://web.facebook.com/MusesExilees/et, pour les photos seules : https ://www.instagram.com/musesexilees/

23. Amar Mezdadhttps://web.facebook.com/amar.mezdad.5

24. ayamun  Cyber-Revue de littérature berbère  : http ://www.ayamun.com/

25. Tafsut2.0 :https://web.facebook.com/Tafsut-20-950700538304283/

26. Hamsi Boubekeur : https://media-animation.be/HAMSI-Boubeker-928.html; le conte « Aîcha l’Ogre et Baba Inouva » :https://www.youtube.com/watch?v=n3PpC1aDecM

Bibliographie :

ABRIKA Belaid, (2011). « Rôle et formes de représentativité d’une société civile légitime : cas du mouvement citoyen de Kabylie de 2001 ». 27èmes Journées du Développement ATM 2011. La construction des sociétés civiles et le développement : entre innovation, subsidiarité et action politique. Atelier E5 : Émergence et représentativité de la société civile, Président : Thierry MADIES (Université de Fribourg). Fribourg (CH), 8-10 juin 2011. Disponible sur le site de l’Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou à l’URL : http://www.ummto.dz/IMG/pdf/communication_juin_2011_ROLE_ET_FORMES_DE_REPRESENTATIVITE_D_UNE_SOCIETE_CIVILE_LEGITIME_CAS_DU_MOUVEMENT_CITOYEN_DE_KABYLIE_DE_2001.pdf

Amrouche Nassim, (2009). « Les arouch : la tribu dans de la ville ». Colloque Espaces et Sociétés (ESO), Travaux et documents, 2009, Rennes II, http://eso.cnrs.fr/TELECHARGEMENTS/colloques/rennes_11_08/Amrouche_Nassim.pdf

FFS, (1999). Discours de Hocine Aït-Ahmed : salle Harcha, Alger, 4 février 1999. Disponible sur : https://www.algeria-watch.org/farticle/presid/presid2.htm

Gonzalez-QuijanoYves, (2009). « Politisation du ballon » et « ballification de la politique ». Mis en ligne le 22 novembre 2009. URL : https://cpa.hypotheses.org/1441

Hadjerès Sadek (2001). La contribution toujours actuelle de « Idir El-Watani » (1949) au débat national. Communication au Colloque sur “le mouvement national et la revendication amazigh ». Alger. 24-25 décembre 2001. Mise en ligne le 27 septembre 2009. URL : http://www.socialgerie.net/spip.php?article63

Hamadache Tahar (2017). Idées pour un livre sur le Printemps noir. Essai (inachevé). Mis en ligne le 20 avril 2017. Url : https://web.facebook.com/groups/Printempsnoir2001/607801106084589/

Idir El-Watani, (1949). L’Algérie libre vivra : nationalisme, révolutionnisme, démocratie : une boussole – une arme.  Edition « Le Combat Algérien ». Disponible en ligne : http://www.socialgerie.net/spip.php?article74

Lacoste-Dujardin Camille, (2001). « Géographie culturelle et géopolitique en Kabylie La révolte de la jeunesse kabyle pour une Algérie démocratique », Hérodote, 2001/4 (N°103), Géopolitique de la méditerranée, p. 57-91. DOI : 10.3917/her.103.0057. URL :https://www.cairn.info/revue-herodote-2001-4-page-57.htm

Lacoste-Dujardin Camille, (2002). « Grande Kabylie : du danger des traditions montagnardes », Hérodote, 2002/4 (N°107), Géopolitique des montagnes, p. 119-146. DOI : 10.3917/her.107.0119. URL : https://www.cairn.info/revue-herodote-2002-4-page-119.htm.

Salhi Mohand Akli, Aspects du renouveau littéraire en langue amazighe : le cas kabyle en Algérie. In :Ricarda Buenbeck, Maroua El Naggare, Ute Fendler, Mechthild Gilzmer (Hg.). Transformations : Changements et renouveaux dans la littérature et le cinéma au Maghreb depuis 1990. Munich, AVMedition, 2016. Pp.57-68. Disponible sur books.google.com

Temlali Yassine (2010). Egypte-Algérie : le football, révélateur des identités refoulées. Mis en ligne le 19 septembre 2010. URL : http://www.ahewar.org/eng/show.art.asp?aid=1088

Notes :


[1] L’auteur a été lui-même militant du MCB-Commissions nationales puis membre du CASS, et initiateur du CSSA.

[2]Idir El-Watani est un pseudonyme collectif dont le prénom Idir est en tamazight et le nom en arabe. Il signifie « Vivant Le Patriote » et résonne comme le cri « Vive la Patrie ». Ses principaux rédacteurs étaient SadekHadjerès, Mabrouk Belhocine et Yahia Henine, alors tous militants au sein du PPA-MTLD.

[3] Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation, dont le blog était à cette URL : http://satefdz.unblog.fr

[5] Mouvement Culturel Berbère.

[6] Front des Forces Socialistes.

[7] Parti des Travailleurs.

[8] Parti Socialiste des Travailleurs.

[9] Rassemblement pour la Culture et la Démocratie.

[10]Tiré de La Colline oubliée, Roman de Mouloud Mammeri.

[11] Comité Amazigh de la Soummam et du Sahel, né à Akbou autour de Achour Messaoudi, ancien compagnon de Haroun dans les années 1970, figure connue des Commissions nationales du MCB, et de SaidSalhi, actuellement vice-président de l’une des ailes de la LADDH.

[12] Initié par, entre autres, Fatah Chaher, AbderrazakBoussekine dit Bizek et SadekAkrour, tous militants connus des Commissions nationales et du PST, au lendemain de l’assassinat du barde MatoubLounès.

[13]La Coordination des Aarchs, Dairas et Communes de Tizi-Ouzou.

[14] Coordination Inter-Communale de Béjaïa.

[15] Coordination des Comités de Citoyens de la wilaya de Bouira.

[16] Cet article avait été repris dans « Les dossiers sociologiques » du site, Djazaïr 2003, Mars, N°2. URL : http://www.algerie2003.org

[17] Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie, né quelques jours avant la marche des « Aarchs » à Alger, le 14 juin 2001, et rapidement dénoncé par le MCB-Rassemblement national que Ferhat Mhenni avait présidé jusque-là. Voir : http://mcbrn.chez.com/bilan.htm/

[18]Né en 1997 en tant qu’entreprise médiatique puis porté depuis 2002 par une association, AKFI, basée à Lyon, France. Elle est déjà objet de plusieurs recherches scientifiques.

[19]Cercle d’étude et de réflexion sur l’autonomie de la Kabylie, dont l’origine remonte à un appel lancé fin avril 2001, autour de Salem Chaker, Abderrahmane Bouguermouh, Ferkal Mabrouk et d’autres.

[20] Avec la collaboration notable de Salma Boukir, ancienne syndicaliste du SATEF.

[21] Décrite dans la brochure Que Faire ? de Lénine. Voir à ce sujet : http://marxiste.fr/lenine/que.pdf

[22] Nous songeons ici au blog http://www.ffs1963.unblog.fr, lancé en mai 2007.

[23] Haut-Commissariat à l’Amazighité, né des accords signés le 22 avril 1994 entre la Coordination nationale du MCB et le gouvernement, et marquant la fin du boycottage scolaire.

[24] Centre National Pédagogique et Linguistique pour l’Enseignement de Tamazight, sous tutelle du ministère de l’Education Nationale.

[25]Algerie Presse Service, agence créée le 1er Décembre 1961 à Tunis. Son site est lancé le 18 février 1998. Sa version amazighe l’a été le 04 mai 2015.

[26] Assemblée Populaire Nationale, chambre basse du Parlement algérien dont le Conseil de la nation, communément appelé Sénat, institué par la Constitution de 1996, en constitue la chambre haute.

[27]Zennati, l’un des 24 détenus de Tafsut-Imazighen en avril 1980, et Akrour, détenu des événements de mai 1981, sont des figures majeures du MCB-Commissions nationales ; Madjid Amokrane, dit Madjid Amazigh, fut, en 1995, président du MCB-Coordination nationale, en remplacement de Ferhat M’henni, alors en difficulté avec Said Sadi, président du RCD dont il était vice-président.

[28] Taos Amrouche, « Le Chêne de l’ogre », dans Le Grain magique. Paris : La découverte, 1996. Pp.111-113. Disponible sur: http://nadorculture.unblog.fr/2011/06/21/02le-chene-de-logre-2e-partie-et-fin/

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