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Archive pour juillet 2020

Documents additifs à Lettre ouverte au Président de la République

Jeudi 23 juillet 2020

Le fichier ici téléchargeable éclaire une période précédente à celle documentée dans la Lettre ouverte au Président de la République. Il s’agit de notes et de documents conçus pour entamer la rentrée 2018-2019 à l’internat du lycée Debbih Cherif d’Akbou.fichier pdf

fichier pdf Récapitulatif de la rentrée 2018-2019

 

MCB (1989). Rapport de synthèse du IIe séminaire (Document intégral)

Vendredi 10 juillet 2020

fichier pdf MCB IIe Séminaire (1989)

Pour avoir participé au titre de représentant de l’association culturelle AMSED, d’Ighil Oumsed (environs d’Akbou, Bejaia), j’atteste de la conformité du contenu de ce document avec le document ronéotypé d’origine. Cependant, il y a lieu de signaler que l’opération de scann, de reconnaissance, de reconstitution et de mise en forme ont entraîné quelques menus changements, dont l’introduction de quelques sous-titres et la table des matières.

Numérisé et mis en forme et diffusé sur Internet en juillet 2020, par Tahar Hamadache.

 

Lettre ouverte au Président de la République (Hamadache Tahar, le 4 juillet 2020)

Samedi 4 juillet 2020

Lettre ouverte au Président de la République

Par le biais de courriels de wilayas, de directions de l’éducation, de ministères et par tous médias et médiateurs.

Monsieur le président de la république,

Je, soussigné Tahar Hamadache, tente, quoique peut-être de manière assez gauche, de faire parvenir à votre connaissance la trame de faits et de délits survenus au niveau du lycée Debbih Cherif (Akbou, Bejaia), avec la caution du directeur de l’éducation et de ses conseillers. Ces faits et délits finissent par réduire le salarié que je suis à la perte totale de ses droits, voire à l’interdiction d’être recruté de nouveau par la fonction publique, après trente-trois (33) ans de bons et loyaux services en tant qu’adjoint de l’éducation puis en tant que superviseur.

Je suis conscient du contexte choisi pour la publication de cette lettre, raison pour laquelle j’ai tant attendu pour porter à votre connaissance l’incurie délinquante dont je suis victime, et qui occasionne de sérieux dégâts quant à la mission de l’école et à l’administration wilayale du secteur de l’éducation. Pour ne pas alourdir ce texte de références, certains documents seront mis en ligne, en arabe et en français, et consultables sur http://unblog.soummam.fr.La version originale de ces documents, portant le cachet des responsables, peuvent m’être demandés par des interlocuteurs dûment identifiés.

J’ai depuis plusieurs années mené une bataille solitaire et micro-localisée pour remettre en place des conditions de travail acceptables au niveau du lycée Debbih Cherif, à Akbou, wilaya de Bejaia, plus précisément encore au niveau de l’internat de cet établissement où je travaille de façon continue depuis l’an 2000. A l’instar des autres lycées de cette ville de la Soummam dont je ne m’occuperai pas ici à la place de l’élite et des responsables locaux, le lycée qui porte le nom du héros Debbih Cherif a été longtemps laissé sans encadrement. Pendant plusieurs années consécutives, depuis bien avant l’arrivée du DE actuellement en poste, ni conseiller d’éducation, ni directeur n’y avaient été nommés. La situation périclitait à vue et je n’ai cessé de la dénoncer par mes modestes moyens, au grand dam des responsables de la DE qui n’appréciaient pas ces accès d’indignation et de ceux qui, au niveau de l’établissement, tireraient de mystérieux avantages d’un tel abandon.

A la rentrée 2018-2019, j’exigeais, arguments à l’appui, d’avoir un conseiller d’éducation (surveillant général) à l’internat et un collègue de travail à mes côtés. Le seul responsable alors affecté à la direction, en l’occurrence le censeur, faisait office de directeur et de conseiller d’éducation à la fois, pour un lycée de près d’un millier d’apprenants, doté d’un internat toujours fonctionnel, d’une demi-pension, d’une résidence d’inspecteurs (situé à l’étage au-dessus des dortoirs des élèves pensionnaires), et souvent centre de journées d’études didactiques, d’examens et de correction. Et le censeur allait partir en formation pour devenir directeur de lycée. La Direction de l’éducation (DE) a,à sa manière,prisles choses en main et une délégation conduite par le DE est venu au lycée, à la fois pour m’écouter et pour préparer le départ, proche, du censeur. Ayant promis d’affecter un autre superviseur d’éducation pour m’épauler et un conseiller d’éducation à l’internat pour me convaincre d’entamer le travail en pension, ils ont, avait-on confié sur conseil d’un ancien enseignant devenu inspecteur de philosophie, désigné un superviseur de l’éducation pour faire office de censeur en attendant de remplacer le censeur partantà la direction, par intérim. Quelques semaines plus tard, un collègue superviseur est en effet arrivé et un conseiller d’éducation, superviseur de l’éducation de son état lui aussi, est nommé conseiller d’éducation (par intérim) à l’internat du lycée.

La situation n’allait pourtant pas s’arranger : peu de temps après l’arrivée du conseiller d’éducation, celui-ci a été agressé, de nuit, dans son bureau même, par un parent d’élèveintérne, à la grande joie de certains pensionnaires. Si l’élève en question a laborieusement fini par être sanctionné, le conseiller a quant à lui subi toutes les pressions possibles, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’établissement, pour abandonner toute poursuite à l’encontre de son agresseur. Cela pouvait suffire à démotiver bien plus coriace que lui qui ne l’était pas assez ; plus d’un conseiller d’éducation a fini par jeter l’éponge pour des raisons bien moins grave. La situation devenait de moins en moins supportable, notamment avec le départ du censeur à sa formation de directeur, à la fin du 1er trimestre.

Le second trimestre, déjà mal parti, est bientôt alourdi par l’atmosphère des événements qui se suivaient depuis le week-end du 22 février 2019. Les pensionnaires avaient fini par se sentir détenir carte blanche pour mener la vie dure au superviseur que je suis, dès lors de jour comme de nuit, et même à l’extérieur de l’établissement. Le second trimestre se terminait enfin, mais sur une effraction et le vol de matériel personnel dont la chambre de service du superviseur a été l’objet. La direction par intérim de l’établissement a nettement refusé de reconnaitre qu’il y eut effraction ; la DE quant à elle, avisée par courrier électronique, me conseillait de recourir au dépôt de plainte auprès des services concernés, comme si la chambre de service n’était pas un bien public et comme s’il ne relevait pas de la responsabilité de la hiérarchie de veiller à sa sécurité. Les portes de la chambre de service (qui en compte deux nécessairement) étant laissées brinquebalantes, une seconde effraction a eu lieu, vers la mi-mai, avec des dégâts dévastateurs sur les affaires du superviseur. Pas la moindre mesure n’a là encore été prise par les responsables hiérarchiques, même après mon entrevue directe, à ma demande, avec le DE, fin mai 2019. Ce sont plutôt d’absurdes ordres de rejoindre et des rétentions sur salaire qui ont eu lieu à mon encontre. A la reprise, le censeur parti en formation est revenu, à présent pleinement directeur. Mais il fallait de nouveau exiger la réunion de conditions de travail, l’affectation d’un conseiller de l’éducation et d’un second superviseur à l’internat, sans cesser d’exiger le règlement des dégâts matériels, moraux et réglementaires occasionnés lors de l’année scolaire écoulée. Laisser les choses en l’état constituait une autorisation de fait octroyée aux malfaiteurs de m’occasionner autant de dégâts qu’il leur est loisible de perpétrer, y compris aux dépens des biens publics relevant du parc du lycée.

Un engagement écrit a été obtenu que les questions soulevées allaientêtre traitées, et le même conseiller à l’éducation par intérim de l’année écoulée sera rappelé. Une protestation écrite a été adressée, par voie hiérarchique, au DE, qui en a accusé réception : quelques semaines plus tard, je suis appelé par la sous-direction du personnel à aller à la rencontre du chef du bureau des superviseurs, « pour affaire me concernant ». Cependant, bien que la réunion ait eu lieu, c’est sans aucune suite. Et rien n’est correctement fait pour rétablir l’ordre réglementaire : les élèves ont bénéficié d’extraordinaires facilités pour être plus incontrôlables que jamais ; ils sont énervés d’une manière ou d’une autre lorsqu’ils donnaient l’impression de se calmer ; le collègue superviseur, affecté l’année d’avant, se trouvait en congé de maladie et aucun responsable, y compris le directeur, ne résidait au sein de l’établissement. Dans le même temps, les pressions sur ma personne ne cessaient pas : cela commençait par une agression physique de la part du directeur par intérim de l’année écoulée, redevenu superviseur, que le directeur et des membres de l’inamovible conseil de gestion ont très rapidement tenté d’étouffer. Puis cela continuait par des questionnaires sans objet, et le traitement par l’ignorance de nos rapports et demandes. Il y avait de quoi penser qu’il y avait chez les responsables, y compris à la DE, comme un détournement de fonction pour nuire aux fonctionnaires, subalternes.

Ce n’était plus vivable. Mais il n’était question ni de recourir à un congé de maladie chez un psychiatre puisque je n’étais pas devenu fou, ni de fuir ce monde devenu infecte par une remise de démission car cela aurait été très simple. L’instabilité politique, qui atteignait son paroxysme, ne favorisait par ailleurs pas de démarches au niveau central. C’est ainsi que, aux tout premiers mois de ma trente-quatrième (34e) année de service, je me suis satisfait de déclencher une grève de trois jours appuyé d’une plate-forme de revendications, transmise par voie électronique à la hiérarchie.

Deux membres de la commission paritaire, partie Superviseurs et partieAdministration, ont été approchés à ce sujet, sans suite. Des syndicats ont été rendus destinataires de correspondances, inutilement. Tout le monde est occupé à tenter de détecter d’éventuelles dividendes du Hirak, et je ne suis pas encore vendrediste à l’heure où j’écris ces lignes. Et personne ne semble s’occuper à distinguer entre administration et personnages infestant cette même administration, et je fais vraisemblablement figure de cas unique, curieux mais incompréhensible pour tous.

S’ensuivit un refus d’être reçu à la DE sous motif que je suis en état d’abandon de poste, sans que la procédure pour ce faire ne soit respectée. Au lieu de satisfaire à mes très légales demandes, il a été confié la surveillance des internes à des personnes tout à fait étrangères à la fonction, et à l’établissement. La décision a, selon des informations rendues publiques par des parents d’élèves, sans doute été prise en concertation entre direction de l’établissement, parents d’élèves et Direction de l’éducation. Puis deux adjoints d’éducation ont été affectés par la DE à l’internat du lycée : ceux-ci n’ont, à ma connaissance, pas résisté plus d’un mois avant d’y renoncer.Ce fût le premier début de preuve que je n’étais pas nécessairement visé en personne et que c’était le lycée qui ne devait pas gagner en stabilité.

Monsieur le Président de la République,

Je ne me suis pas encore enquis de la situation administrative qui m’est faite : je sais, depuis que l’on a refusé de me recevoir à la D.E., qu’ils ne me considèrent plus comme faisant partie du personnel de l’éducation ; je ne perçois plus mon salaire depuis fin 2019. Si l’on recherche à me réduire à ramper devant leur seigneurie, je suis approximativement conscient du changement progressif et profond des paradigmes sociopolitiques et je sais que nous sommes toujours une république, une et indivisible, indivisible ni en seigneurs et en valets, ni en saints et en damnés.

Si l’on cherche à me persuader de recourir à l’entregent, au piston, au ben-aamisme, c’est que l’on espère encore que je m’inscrive dans la logique de l’état du Droit du plus introduit, du plus fort, du plus riche, du « mieux » placé, du plus écouté des cieux, du plus pervers. Il est certes de notoriété publique que les événements de 2019-2020 (et d’avant) mettent en avant les acteurs d’une dynamique formelle du Droit : justiciers, justiciables, gendarmes, avocats, procurateurs, juges, etc., mais il est tout à fait évident, même si peu encore sont enclins à se rendre à l’évidence, qu’il suffit d’une part d’intégrité citoyenne pour tout le monde. Quant à ma part d’intégrité citoyenne, je l’ai toujours en vue et je ne veux pas du tout y renoncer. Je ne cautionnerai pas, quitte à perdre réellement et irréversiblement tous mes droits, de telles tentatives de captage de la loyauté due à l’institution au profit d’indus occupants de postes.

Mais si l’objectif des sieurs qui sont responsables de cette situation est de mâter un « récalcitrant », une grande gueule critique, à me rejeter hors des droits gagnés pourtant de longue carrière, je n’ai aucune raison de m’empresser à prendre acte de mon licenciement et des conséquences qui en découlent. Car être licencié de son travail signifiera dans ces conditions d’abord l’impossibilité d’être recruté de nouveau dans la fonction publique. Après 33 ans de bons et loyaux services, dont 24 ans au sein du même établissement et au même poste, et n’ayant pas pu bénéficier de la retraite après 32 ans de service comme je m’y attendais par les lois en vigueur jusqu’il y a quelques années, on ne peut s’empresser d’endosser une telle issue à la fois outrageusement injuste et indubitablement humiliante. Car la Fonction publique est la manifestation de la République, de l’Etat et de son Administration, s’empresser de prendre acte d’une mise en « abandon de poste » que l’exécutif de wilaya pour l’éducation lui fait endosser serait se mettre précipitamment au ban de la société, de la nation et de l’Etat républicain qui est encore le nôtre. Ce, d’autant plus que, malgré l’attitude coupable des responsables de l’éducation de la wilaya, je continue à l’heure qu’il est d’être encore au service de la même Fonction publique, quasiment à titre gracieux. Oui, je suis encore, à l’heure qu’il est, chargé d’un cours de sémantique lexicale, à titre d’enseignant vacataire, que j’assure de mon mieux malgré la Corona, à l’université Abderrahmane Mira de Bejaia.J’ai ainsi attendu, patiemment, que l’oreille de la République soit plus en mesure d’être à l’écoute des citoyens isolés, pour vous tenir informé d’outrages perpétrés au nom de l’Education et de la Fonction publique.

Monsieur le Président de la République,

J’espère de tout cœur que cette lettre ouverte puisse vous parvenir. De toutes les façons, je ne peux que penser qu’elle le sera. Je ne crie pas à l’injustice car je ne suis pas tellement sûr que ma voix soit porteuse par ces temps de ce que feu Hocine Ait-Ahmed qualifiait d’ « écume des jours », et je suis sans illusion sur la nature des relais possibles. J’ai seulement le sentiment de devoir nommer l’inqualifiable commis par des commis de l’état, dans un secteur censé former des citoyens intègres et loyaux, à un moment où la crédibilité de l’Etat pourrait avoir besoin de la crédibilité et de la loyauté de ses commis à tous les niveaux, à commencer par le lycée Debbih Cherif d’Akbou et par la Direction de l’éducation de Bejaia. Je peux souffrir, n’étant qu’un individu isolé et rechignant aux procédés contraires à l’éthique de l’éducation quoique vraisemblablement en vogue, d’être mis au ban de la fonction publique. Je serai par contre heureux de contribuer à rehausser la confiance citoyenne en ses institutions si, par bonheur, les questions et la souffrance ici soulevées trouvaient par votre arbitrage leur juste aboutissement.

IghilOumsed (daïra d’Akbou), le 4 juillet 2020

Tahar Hamadache

Superviseur de l’éducation en situation d’abandon, auteur en langue et culture amazighe et doctorant en langue française.

 

Notez bien :

Je tiens à la disposition de tout interlocuteur dûment identifié et concerné (y compris des journalistes) les documents authentifiés par les ans concernées, aussi bien les documents ci-dessous insérés que d’autres, au besoin.

 

I. Documents éclairant, traduits en français.

1. Protestation adressée au DE de Bejaia (Tadhalom) en français

Protestation adressée au DE de Bejaia (Tadhalom) en français

2. Préavis de grève de 3 jours (du 27.10.2019)

Préavis de grève de 3 jours (du 27.10.2019)

3. Questionnaire du 1er octobre 2019 et réponse

Questionnaire du 1er octobre 2019 et réponse

4. Remerciement au directeur pour agression subie au lycée
Remerciement au directeur pour agression subie au lycée

 

II. Documents éclairants, en langue arabe

1- تظلّم موجّه لمدير التربية بولاية بجاية

تظلّم موجّه لمدير التربية بولاية بجاية

 

2- إشعار بإضراب لو تائحة مطلبية (27-10-2019)

إشعار بإضراب لو تائحة مطلبية (27-10-2019)

 

3- شكر و اعتبار على اعتداء في حقّي

شكر و اعتبار على اعتداء في حقّي