• Accueil
  • > Tribune de l'émigration algérienne

Archive de la catégorie ‘Tribune de l’émigration algérienne’

Chantez ! Dansez ! L’esprit critique revient dans le pays !

Jeudi 22 décembre 2011

Hey ! On dirait que personne n’a remarqué l’absence de Tewfik HAKEM dans le paysage culturel et médiatique national, pas vrai ? Depuis que j’ai cessé de rencontrer des textes de ce cinéphile, il me semble que je n’ai plus vu d’article de critique littéraire digne de ce nom jusqu’à cette belle sortie de Fayçal Métaoui, signée dans l’édition d’El Watan d’aujourd’hui même, à propos du film « Normal » de Merzak Allouache.

 

Il m’arrive personnellement de bien apprécier les textes de Ahmed Cheniki quand il écrit sur le théâtre algérien, mais il me semble aussi que Cheniki, quelque intérêt puisse-t-il susciter par les études qu’il nous prodigue, n’a encore jamais versé dans la critique proprement dite ! Cette absence de critique a quand-même de quoi inquiéter grave ! On en arrive à perdre le sens premier même de la notion de critique au point de confondre critique et moquerie, critique et dépréciation (de soi, d’autrui et de tout) ; on en arrive à se considérer toutes et tous comme des moins que rien et, j’espère qu’il y aura tout de même un peu de gens pour l’admettre avec moi, c’est quand-même dommage.

 

C’est pour cela que, je pense, si Fayçal Métaoui a vu juste en ce qui concerne ce film, l’oeuvre de Merzak Allouache en est hissée au niveau d’oeuvre artistique à étudier, à éplucher, pourvu qu’elle soit toujours accompagnée d’une considération méthodique de ce texte critique de Fayçal Métaoui, y compris et surtout dans nos campus : ça apprendra à renouer les fils entre art et littérature, entre ces deux et sémiotique, entre toutes ces disciplines et critique artistique, littéraire, philosophique ; ça apprendra à nos profs d’université à virer « criticbord toutes’’ au lieu de rester à chavirer tout le temps dépréciation de tout et de tous ; ça apprendra à nos étudiantes et à nos étudiants à s’exercer à l’analyse de ce qui se fait de mieux et de pire par nos auteur(e)s au lieu de s’exiler peu à peu psychotiquement dans les contextes d’oeuvres lointaines à la fois dans le temps, dans l’espace et de notre underground culturel.

Cette absence de critique est tragiquement ressentie dès qu’on se met à considérer un petit peu note situation éthique, morale, mentale, culturelle et intellectuelle.

 

Il y a quelques temps, nous discutions mon ami Brahim Tazaghart, directeur des éditions Tira de Béjaïa, et moi, des voies et possibilités d’améliorer la qualité à la fois de l’édition en tamazight, de la création d’oeuvres d’esprit en tamazight et du lectorat en tamazight. Sous quelque angle que l’on aborde la chose, on débouche immanquablement sur la nécessité de disposer d’espace de lecture critique animés par des analystes qui soient tout à fait baignés à la fois de tout ce qui peut concerner tamazight et d’un sens critique à la fois captivant et méthodologique, tout en étant plus ou moins normatif, les normes constituant en ce sens l’articulation quasi-mécanique de débat, de controverse, de création entre critiques, en mesure de tirer du « subat 3amiq » les intellectuels que, sous ce vocable, attendons tous : des réactualisateurs de la pensée, des concepteurs de notions d’élite, des scientifiques et des philosophes, des sommités. L’université nous est apparue comme étant la première a devoir se sentir interpellée, avant même les médias et les espaces d’information « alternatifs » tel ce petit point sur lequel je clavicote ces lignes dans l’immensité virtuelle.

 

Mais l’université elle-même semble perdue dans ses petits jeux d’opportunités et de loisirs du moment ; l’on peut même dire que nos vaillant(e)s étudiant(e)s en tamazight passent leur temps à justifier leur choix de filière qu’à s’appuyer sur les traditions militantes des générations universitaires et autorales antérieures (l’anthropologue Mouloud Mammeri, le linguiste Salem Chaker, le physicien Mohamed Haroun, l’immense Taos Amrouche, le mathématicien Hend Sadi et l’autre mathématicien Mohya, les anthropologues Tassadit Yacine-Titouah et Dehbia Abrous, etc.) pour s’illustrer par un vrai travail universitaire et une bonne prise sur la culture nationale, abandonnée par tout le monde, à commencer par les nationalistes et par les paronymes islamistes des hip-hopistes.

En fait, la culture nationale n’a pas seulement besoin des étudiants inscrits dans les instituts de langue et culture amazigh, elle a besoin aussi d’universitaires d’autres filières, notamment linguistiques : en arabe même -et il faut souligner que la première conférence abordant l’expérience de réhabilitation d’une langue nationale, en l’occurrence tamazight, faite en arabe et dans un colloque international organisé et tenu dans un pays arabe, l’Irak en l’occurrence, est à inscrire au palmarès des berbéristes berbérisants représentés en l’occasion par le même Brahim Tazaghart-, en français -en tant que l’une des langues de travail panmaghrébine et en tant que langue vernaculaire eu égard aux générations élevés dans des contextes d’émigration francophone et en tant que langue d’un patrimoine livresque pas du tout négligeable-, et en anglais même, raison entre autres pour laquelle nous soutenons nos deux doctorantes Amira Baga et Amina Agsous en littérature anglaise et néanmoins très branchés sur la culture locale et nationale, stupidement privées de mener à terme leurs études doctorales à l’université Mentouri de Constantine où elles sont pourtant inscrites en tant que brillantes étudiantes en master, que les responsables de l’UMC même reconnaissent ouvertement (voir à ce propos : http://satefdz.unblog.fr/2011/12/13/le-desarroi-de-deux-doctorantes-premiere-reaction-a-chaud-emanant-de-luniversite-de-constantine/).

 

Enfin, Fayçal Métaoui écrit quelque chose que l’on peut lire d’une traite à 3h30 du matin (1) ! Faut dire que Merzak Allouache semble s’y prêter ;) En effet, à force de s’moquer, faut bien finir un jour par être « smooké » -c’est une figure de style somnolescente, mais j’ai pas l’intention de dormir sans :) ) –

C’est de cette façon que ce film ferait bien de se projeter dans nos campus, immédiatement suivi de la lecture de cette critique de Fayçal Métaoui, tout juste avant d’ouvrir les débats : on verra bien s’il y aura beaucoup de profs à y pointer le nez ;)

 

Tahar HAMADACHE

 

(1)   L’art de se moquer du cinéma et de haïr l’autre – Culture – El Watan, at :http://www.elwatan.com/culture/l-art-de-se-moquer-du-cinema-et-de-hair-l-autre-22-12-2011-151995_113.php 

 

 

Fouad Sahraoui, chercheur visiteur au NASA Goddard Space Flight Center résout le mystère du chauffage du vent solaire

Vendredi 31 juillet 2009

 

Planète : Le mystère du chauffage du vent solaire résolu par un Algérien

Durant des décennies, les astrophysiciens sont restés perplexes devant l’origine du chauffage extrême du vent solaire. Mais grâce à l’Algérien Fouad Sahraoui, chercheur visiteur au NASA Goddard Space Flight Center, dont les travaux ont récemment été publiés dans le prestigieux Physical Review Letters, le mystère semble être résolu : la turbulence engendrée par le Soleil.
Le vent solaire est un flux de plasma ionisé qui est éjecté de la haute atmosphère du Soleil à une vitesse moyenne de deux millions km/s. En analysant les données des satellites Cluster (ESA), qui étaient à l’origine lancés en 2000 par un quartet européen dans le but d’étudier la magnétosphère, il s’est trouvé que les quatre vaisseaux ont fait une incursion de trois heures dans l’atmosphère du vent solaire, ce qui leur a permis, grâce aux magnétomètres alternatifs montés à bord, de prendre les mesures des ondes électromagnétiques et des turbulences. « L’énergie turbulente est transférée des grandes échelles (1000 000 km) aux petites échelles électroniques (3 km), démontrant que cette énergie ne se dissipe pas à l’échelle des protons (100 km), mais continue sa cascade jusqu’aux électrons où elle est absorbée par le vent solaire, rendant compte de son chauffage (1 million de degrés), tout comme la couronne solaire », nous explique l’expert de la physique des plasmas. Ce nouveau phénomène (transfert de grandes quantités d’énergie des grandes échelles vers les petites échelles électroniques) pourrait aussi arriver dans d’autres systèmes astrophysiques, des vents stellaires aux trous noirs en passant par les magnétosphères planétaires. Autre application terrestre : les réacteurs de fusions nucléaires, où la turbulence à l’intérieur crée des instabilités qui détruisent le confinement des plasmas de fusion. « Le vent solaire représente un laboratoire naturel pour l’exploration de la physique des plasmas, et nous prévoyons de réaliser d’autres observations pour en savoir davantage », conclut l’enfant fétiche de la vallée de la Soummam.

Par Belkacem Meghzouchène

http://www.elwatan.com/Planete-Le-mystere-du-chauffage-du Edition du 31 juillet 2009

Diplomatie et nouveau code civil indignent les émigré(e)s, selon Algerian Ettraki Club in Europe

Mercredi 29 juillet 2009

 Diplomatie et nouveau code civil indignent les émigré(e)s, selon Algerian Ettraki Club in Europe

Synthèse de : Tahar Hamadache.

Cinq associations algériennes en Europe et le Club Ettaraki algérien en Europe (Algerian Ettraki Club in Europe) saisissent l’occasion de la tenue des assises de l’émigration par le ministère de la solidarité et de l’émigration pour fondre d’une lettre ouverte au président de
la République , algérienne démocratique et populaire.

Dans cette lettre, les signataires (1) soulèvent un nombre appréciable de questions aussi bien éthiques, politiques que juridiques qui risquent de préfigurer une évolution sociologique très hasardeuse et très arbitraire de l’émigration algérienne à travers le monde. Cette évolution prévisible quoique non souhaitable risque même de se voir renforcée de quelque mythe fondateur si l’on en juge par le chiffre, très éloquent, variant entre 59 et 120 départs quotidiens d’algériens, « à la recherche d’une vie heureuse ou d’emploi ».  Les signataires regrettent le fait que les ministres et autres hauts responsables algériens, en déplacement à l’étranger, ne se donnent pas la peine de rencontrer les émigré(e)s, qu’ils soient d’éminents chercheurs ou simples salariés. Pire, en usant d’une certaine pratique de « deux poids, deux mesures » du fait que ces responsables rencontrent tout de même des émigrés privilégiés, les signataires craignent que cela n’entraîne l’émigration à se scinder en une classe d’intouchables et en une autre, bien plus large, d’indésirables..  

Dans la même lancée, ils accusent les organisateurs de l’université d’été de l’émigration d’y avoir invité sélectivement les seuls fidèles aux responsables, fils de nantis résidant à l’étranger et « affiliés au gouvernement de l’ombre qui vous combattent personnellement », disent-ils en s’adressant au président de
la République. Ils regrettent que les marginalisés lors de cette université d’été comptent tout à la fois des savants, des artistes, des entrepreneurs, des hommes d’affaires et des propriétaires de société qui ont acquis notoriété et respect dans leurs pays d’accueils respectifs. Et de rappeler que l’initiative de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika au prix Nobel de la paix, en 2008, initiée par les signataires, a été l’objet de tentatives d’obstruction de la part de certains responsables au point où des signataires de l’initiative s’étaient retrouvés en prison en plein mois de ramadhan ! 
Vraisemblablement très au fait des conditions des algériens émigrés, notamment dans les différents pays d’Europe, les signataires avancent le chiffre de seize mille (16 000) algériens se trouvant dans les prisons européennes, dont les dossiers ne semblent interpeller les consciences des chargés d’affaires consulaires que lorsqu’il s’agit d’un individu bénéficiant de liens de parenté ou d’amitié haut placé. Et de rappeler le cas, suffisamment médiatisé, de Merouane Essadi, originaire de Sour El Ghozlane, emprisonné depuis plus de 5 ans en Ukraine alors que tout plaide en faveur de sa totale innocence. 

A les lire, plusieurs lettres d’invitations auraient été lancées à l’endroit du ministre de la solidarité nationale afin qu’il aille à la rencontre de l’émigration algérienne en Angleterre, totalement marginalisée selon les signataires de la lettre ouverte, à l’exception des copains des fils de ministres qui passent leurs weeks-ends aux frais de l’Etat algérien. 30 000 algériens résidant en Angleterre, 32 000 autres en Allemagne et plus de 17 000 en Italie ressentent cette marginalisation tandis que le ministre de la solidarité, que les signataires n’ont pas du tout l’air de ménager, continue de focaliser toute son attention sur
la France , précisant que cette focalisation constitue la raison principale de leur lettre ouverte, récipient de toute leur tristesse face à ce qui ne pourrait être selon eux que déni méthodique ou ignorance de la part des responsables de ce secteur. 
Sur un autre registre, les signataires soulèvent le problème de l’enregistrement des naissances auprès des consulats algériens à l’étranger, ce en quoi ils n’incriminent pas les services consulaires, ciblant la loi algérienne régissant les affaires personnelles qui, pour ce faire, obligeraient les parents à enregistrer préalablement leur mariage, demandant au président de
la République à faire en sorte que cette disposition, d’origine juridique française, soit allégée dans le cadre du nouveau Code de procédure algérien. 

Et de finir en faisant remarquer que l’émigration algérienne commence à être vue comme un danger dans les pays d’accueil, alors que ses efforts, son intelligence et son adaptabilité aurait contribué à former des sociétés entières, regrettant que la corruption et l’indifférence de certains responsables contribuent incidemment à leur humiliation et à leur dévalorisation continue. Les signataires concluent leur lettre ouverte en émettant leur désir de ne pas être arrêtés aux aéroports d’Algérie, craignant que des consignes en ce sens auraient été déjà données à leur encontre. Pour notre part, nous considérons qu’ils ouvrent un débat qu’il est souhaitable d’élargir à tout algérien vivant à l’étranger, quelle que soit sa condition sociale ou économique, afin que le souci d’Algérie et d’algérianité ne soit raréfiée et réductible à un segment ou à une direction donnée et que les nouvelles circulent, acquerant valeur d’information et constituant données de travail quand elles se confirment. 

Le 29 juillet 2009.

Notes :
(1) La lettre ouverte est signée respectivement par :
Club « Ettaraki » algérien en Europe, bureau de Londres, Zahir SERRAI ;
Association « Rahab », Hamburg (Allemagne), Dr Kamal BEN DEGGA ;
Cercle des penseurs algériens à Ruggia (Italie), Azzouz DERRADJI ;
Cercle des femmes de Kassel (allemagne), Dr Dalal BEN ARFA ;
Fédération scientifique algérienne, Bern (Suisse), Pr Djamila ROUABHI ;
Association « Nour », Namur (Belgique), Cherrad YAHIAOUI.

Pour lire le texte original de la lettre ouverte, en arabe :
 زهير سراي:رسالة من القلب الى رئيس الجمهورية الجزائرية
http://www.alhiwar.net/pages/index.php?pagess=byanat&id=19353